XXII PRÉFACE
les principes tutélaires de la vie des États. Je laisse là les questions territoriales et les relations extérieures des peuples. Je cherche où en sont, parmi nous, les questions d'ordre intérieur et d'organisation du gouvernement. Je retrouve ici la même confusion, les mêmes complications, les mêmes fluctuations entre des idées et des tentatives incohérentes ou contraires. Au fond et au sommet de la société, la monarchie et la république sont aux prises; la monarchie prévaut dans les événements ; la république fermente dans les esprits. C'est maintenant une pensée généralement acceptée que la société a le droit, non-seulement de voir clair et d'intervenir dans son gouvernement, mais d'y voir assez clair et
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d'y intervenir assez efficacement pour qu'on puisse dire qu'elle se gouverne elle-même.
La monarchie constitutionnelle et la république promettent. Tune et l'autre, d'atteindre à ce but : l'une, par la représentation nationale, l'inviolabilité royale et la responsabilité ministérielle ; l'autre, par le suffrage universel et l'élection périodique des grands pouvoirs publics. Mais ni la monarchie constitutionnelle ni la république n'ont encore réussi, parmi nous, à prendre solidement possession des esprits et des faits, de la confiance publique et de la durée. Après et malgré trentequatre ans de prospérité, de paix et de liberté, la monarchie constitutionnelle est tombée.
Acceptée à son apparition soudaine comme la forme de gouvernement qui, disait-on,