XXIV PRÉFACE
nous divisait le moins, après quelques mois d'une anarchie turbulente et stérile, la république est tombée. A la place de la monarchie constitutionnelle et de la république , un^ autre forme de gouvernement s'est élevée, mêlée de dictature et de république, le gouvernement personnel combiné avec le suffrage universel. L'essai sera-t-il plus heureux?
L'avenir en décidera. En attendant, soyons sincères avec nous-mêmes; c'est dans les dispositions du pays, encore plus que dans les actes de ses gouvernements, que réside la cause de tant d'avortements douloureux :
notre vie révolutionnaire depuis 1789, ses ambitions et ses mécomptes, également immenses, nous ont laissés à la fois très-excités et très-fatigués, pleins d'impatience en même
PREFACB. XXV
temps que d'incertitude ; nous ne savons bien ni ce que nous pensons, ni ce que nous désirons ; nos idées sont compliquées et confuses; nos volontés flottantes et faibles ; noiis^n'avons ni points fixes dans l'esprit, ni but déterminé dans la conduite; nous cédons moUemenl, souvent contre notre propre prévoyance et notre propre gré, aux pouvoirs qui prennent possession de nous; mais bientôt après, nous n'en sommes pas, envers eux, moins exigeants ni plus équitables; dès qu^e nous nous sentons délivrés de nos plus pressantes inquiétudes, nous nous précipitons dans le mécontentement aussi vite qu'au jour du péril nous nous sommes jetés dans la soumission»
Nous redevenons querelleurs et pressés tout en continuant de douter et d'hésiter. Nous