‹ Méditations sur la religion chrétienneChapitre 32 sur 45 · Lectures on Ihe Hisiory of the Jewish Church; Le · texte numérisé non relu

Lectures on Ihe Hisiory of the Jewish Church; Le

J'adhère pleinement au sentiment de M. Arthur Stanley; mais je vais plus loin que lui, et il y a, dans le pathétique récit du sacrifice d'Abraham, autre chose encore que ce qu'il y signale. Cette intervention de Dieu pour arrêter l'acte qu'il a demandé est d'accord avec la doctrine générale de la Bible : elle condamne expressément les sacrifices humains*; mais l'exemple d'Abraham et plusieurs autres prouvent combien ils étaient encore dans les traditions et les mœurs féroces, nonseulement de plusieurs peuples sémitiques, mais des Hébreux eux-mêmes. Dieu ne veut qu'éprouver Abraham, et il arrête l'épreuve dès que Tobéissance d'Abraham à l'ordre divin est bien consta-

çons sur l'histoire de l'Église juive, par Arlhur Stanley (t. I, p. 47-54 ; Londres, 4867).

4 . Lévitique^ ch. xviii, v. 24 ; Deuléronorne, ch. xiii, V. 34 ; Ézéchiel, ch. xx, v. 26. Cette question est traitée et résolue d'une façon concluante dans la Theologische Encyclopœdie de Herzog; art. sur le culte des sacrifices; t. X, p. 624.

tée ; mais Abraham n'hésite pas à exécuter Tordre divin et n'en témoigne aucune surprise ; le sacrifice d'Isaac est préparé et près de s'accomplir comme un événement presque ordinaire. L'homme est là dans sa plus dure et plus aveugle barbarie, en présence du Dieu souverain auquel il croit et veut rester soumis.

Il me serait facile de multiplier ces exemples et de montrer, dans bien d'autres passages de la Bible, ce caractère fondamental de l'histoire biblique, la pensée et la parole de l'homme en contact et en contraste avec la pensée et la parole de Dieu, quoique constamment en présence de la loi et de l'action divine. J'aime mieux chercher de nouvelles preuves à l'appui de ma conviction dans le rapprochement de l'Ancien et du Nouveau Testament, et dans le jour que la révélation chrétienne répand sur la révélation hébraïque par le progrès qu'elle lui fait faire sans la démentir.

Je dis le progrès ; il est immense, infiniment plus grand que l'imagination humaine n'eût pu le concevoir; et en rhême temps le caractère de l'œuvre divine demeure absolument le même. Ce n'est plus, comme dans l'Ancien Testament, le combat orageux, la lutte continue de Dieu et de l'homme dans les événemenls de la terre et dans la vie d'un peuple; Dieu n'intervient plus, dans le Nouveau Testament, pour avertir ou diriger, élever ou abaisser, récompenser ou punir l'homme en ce monde ; il ne décide plus directenkînt de l'issue des batailles et du sort des États. C'est toujours Dieu pourtant. Dieu dans Jésus-Christ, avec toute sa sublimité ; il occupe et remplit seul la scène. Il y apparaît d'abord sous un autre aspect ; humainement parlant, il est la faiblesse même, destiné et décidé à devenir le type de l'abaissement et de la souffrance, la victime volontairement expiatoire du péché et de la chute, de l'homme. Mais au sein de sa misère, il est Dieu, comme il l'était, pour

Ht TUOISIÈME MÉDITATION.

Israël, dans l'éclat de sa puissance; il le sait, il le dit, il le manifeste incessamment par ses actions et ses paroles, tantôt naturelles, tantôt miraculeuses. Et quel changement, quelle extension dans le but et la portée de ses actions et de ses paroles ! Tandis que, dans l'Ancien Testament, la scène se concentre daiis un coin du monde, chez un seul peuple, un petit peuple que Dieu sépare du reste du monde pour le soustraire à la contagion de l'idolâtrie, c'est pour le monde entier, pour tous les peuples, pour les générations futures comme pour les vivantes, pour les gentils comme pour les Juifs, pour les barbares de Malte comme pour les Grecs d'Athènes, que, dans le Nouveau Testament, Dieu se manifeste et parle; c'est sur le genre humain qu'il répand sa lumière et ordonne à ses serviteurs d'étendre son empire.

Il fait autre chose encore et bien plus. Cette lumière divine que Jésus-Christ vient répandre sur

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le monde entier, quoiqu'elle émane toujours de la même source, elle devient bien plus complète et plus pure. Jésus-Christ est le premier à reconnaître que l'ancienne loi, quoiqu'elle vienne de Dieu, porte çà et là la trace des erreurs et des passions de l'homme : « Je ne suis pas venu, ditil, pour abolir la loi, mais pour l'accomplir. » Et comment l'accomplit-il î En écartant les erreurs qu'y avait mêlées, en comblant les lacunes qu'y avait laissées l'imperfection des hommes du temps et du lieu où elle a paru; il dégage l'ancienne loi de tout élément humain et la ramène au seul élément divin, seul pur et parfait. Je supprime toute argumentation, tout commentaire;

je ne veux apporter, en preuve de ce grand fait, que les textes mêmes de l'Ancien et du Nouveau Testament dans quelques-uns de leurs plus essentiels préceptes.

Je lis dans Y Exode : a Œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, bru-

lure pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour meurtrissure*. » Jésus-Christ efface cette loi du talion : « Vous avez entendu qu'il a été dit : « Tu « aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous outragent et vous persécutent ^ »

Le Deutéronome porte : « Quand . quelqu'un aura pris une femme el qu'il se sera marié avec elle, s'il arrive qu'elle ne trouve pas grâce devant les yeux de cet homme-là parce qu'il aura trouvé en elle quelque chose d*infàme, il lui écrira une lettre de divorce, et, la lui ayant mise entre les mains, il la renverra hors de sa maison \ » Je lis dans V Evangile : « Les pharisiens vinrent à Jésus et lui démandèrent pour l'éprouver : Est-il

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