‹ Méditations sur la religion chrétienneChapitre 9 sur 45 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

ration d'États aurait pu s'établir dans la péninsule, tout en l'aflFranchissant de l'étranger . et en donnant satisfaction, sur notre frontière des Alpes, à notre intérêt de sécurité et d'équilibre européen. Dès qu'on y regardera sérieusement, on reconnaîtra que, s'ils étaient réellement dominants et appliqués^ le principe des nationalités et celui des grandes unités politiques jetteraient le monde civilisé dans une confusion et une fermentation qui compromettraient également les libertés intérieures des peuples et la paix entre les États.

Que serait-ce si je sondais les conséquences d'un autre principe dont on essaye également aujourd'hui d'établir l'autorité

souveraine, le droit des populations, ou de

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. telle ou telle partie des populations, à rompre .TÉtat dans lequel elles sont engagées, et à se ranger sous un autre État, ou à se constituer en État nouveau et indépendant? Que deviendraient l'existence, la notion même de la patrie si elle était ainsi livrée aux fluctuations des volontés et des intérêts spéciaux de tels ou tels de ses membres? Il y a, dans la destinée des hommes, générations ou individus, une grande part dont ils ne décident et ne disposent pas eux-mêmes ; on ne choisit pas sa famille, et guère plus sa patrie ; c'est la condition naturelle de l'homme de vivre là où il est né, dans la société à laquelle appartient son berceau. Les circonstances sont infiniment rares qui peuvent permettre de briser les liens que le temps a établis entre

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le sol et rhomme, entre l'État et le citoyen, et de déchirer le sein de la patrie pour s'en séparer absolument et tenter la fondation d'une patrie nouvelle. Nous venons d'assister au tragique spectacle d'une tentative semblable : nous avons vu quelques-uns des États qui forment la nation des États-Unis d'Amérique abjurer cette union et s'ériger en confédération indépendante. Pourquoi?

Pour maintenir dans leur sein l'institution d€' l'esclavage. De quel droit? Du droit souverain, dit-on, de tout peuple ou portion de peuple de changer, selon son gré, son gouvernement. Les États fidèles à l'ancienne confédération américaine ont nié ce principe et combattu cette tentative. Ils ont maintenu l'Union fédérale et aboli Tesclavage. Je suis

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de ceux qui pensent qu'ils ont eu pleinement droit et raison d'agir ainsi. Une circonstance m'avait amené à réfléchir d'avance sur cette question. Bien avant l'explosion de la lutte, l'un des hommes les plus éminents des États- Unis, éminent par le caractère comme par le talent, représentant fidèle des intérêts des États du Sud et apologiste déclaré de l'esclavage des noirs, M. Calhoun m'avait fait l'honneur de m'envoyer tout ce qu'il avait écrit et dit à ce sujet. J'avais été frappé de la sincérité sérieuse de sa pensée et de son langage, mais aussi de la vanité de ses. efforts pour justifier, par des considérations générales et des nécessités historiques, ce fait de l'esclavage qu'il n'eût pas osé peindre dans sa réalité pratique et vivante, comme l'a

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