‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 105 sur 161 · LA CONG£PÏION IMMACULÉ · texte numérisé non relu

LA CONG£PÏION IMMACULÉ

11 n'avait encore créé ni la terre ni les fleuves, ni affermi le inonde sur ses pôles. Quand il préparait les deux, j'étais là. Lorsqu'il environnait les abttnes de leurs bornes et leur prescrivait une loi inviolable ; lorsqu'il aflernaissait Tair au-dessus de la terre, et mettait en équilibre les eaux des fontaines ; lorsqu'il renfermait la mer dans ses limites et imposait une loi aux eaux , afin qu'elles ne passassent point leurs bornes; lorsqu'il posait les fondements de la terre, j'étais avec lui, réglant toutes choses. J'étais chaque jour dans les délices, me jouant sans cesse devant lui, me jouant dans le • monde , et mes délices sont d'être avec les enfants des hommes. Écoutez-moi donc maintenant, mes enfants : heureux ceux qui gardent mes voies I Écoutez mon enseignement y soyez sages et ne le rejetez point. Heureux celui^qui n\'écoute, qui veille tous les jours à l'entrée de ma maison et se lient d ma porte! Cul ai qui m*aara trouvée, trouvera la vie, et il puisera le salut dans le Seigneur.

D£ XA TBÈS-âAlNTJS V1£RÛ£. 601

Quand l'Église parle delà sainte Viei^e, elle lui applique presque toujours des paroles des livres

sapientiaux qui se rapportent à la saj^esse duine, comme si ces paroles étaient une préfiguration de Texistence de Marie et de la sublime mission qu'elle a reçue de mettre au inonde le Fils de Dieu, le Verbe incari^ dans son sein^ ou de manifester par la nature humaine et dans les conditions de l'humanité la divinité en la personne adorable de Jésus-Ghrist. Les saints Pères enseignent que tout ce qui est dit dans T Ancien Testament de la sagesse de Dieu a une double signification. La première se rapporte au Verbe divin, à la seconde personne de la sainte Trinité, qui est la splendeur du Père, le caractère de sa substance [lîêb,^ I, 3) engendré de toute éternité par la connaissance que Dieu a de lui-même et qui constitue son éternelle vie, en . sorte que le Père ne peut élre sans engendrer le Fils et sans lui être uni par le rapport vivant de l'amour ou de TEsprit-Saint. Le Fils, coétemel au Père, puisqu'il est consubstantiel avec lui, possède et exprime toute la nature divine , et rien n'est et ne se fait au sein de la divinité comme dans la création que par lui. C'est pourquoi il est appelé la sagesse incréce, et c'est d'elle qu'il est écrit : Ex ore altissimi prodivi^ primogenUa atUe omnem crealuram ; je suis sortie de la bouche du Très-Haut| et j'ai été engendrée avant toute créa*

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tare {Ecclés.y XXIY) \ et dans le texte de ce jour : le Seigneur m'a possédée aa conunencemeDt de ses voies, j'étais avant qu'il créât aucune chose. J'ai été établie dès l'éternité et dès le principe avant que la terre f&t créée.

Mais il est dit aussi que Dieu a font créé dans sa sagesse avec nombre, poids et rassure, c'est-àdire que, tout ayant été fait par le VerJbe de Dieu et plus ou moins k son image et à sa ressemblanoe suivant le degré des créatures y la Sagesse éterneUe, en créant d'api ès aee idées et ses leîe, a imprimé dans ses produits le type d'elle-même ou son sceau, comme l'esprit de rhomme le met à tout ce qu'il lait. De là dans l'univers une sagesse divine, mais créée, parce qu'elle s'établit et subsiste dans les créatures pour les mettre m oidre^ les gouverner, et les maintenir par son action in*cessante, qu'on appelle la Providence. Elle est le . principe, la source, la mère de tout ce qu'il y a de hien, de vrai et de beau dans la création, soit dans la nature, soit dans riiomiiie. C'est pourquoi il est écrit dans le livre des Proverbes que la sar> gesse était avec le Seigneur, quand il créait et er*

donnait le monde, et qu'elle réglait tout avec lui, se jouant devant lui et se jouant dans le monde, c'est-à-dire lui fournissant le modèle de tout ee

qu'il créait, et subsistant dans les créatures comme

type^ empreinte, ou exemplaire des idées divines.

DE LA TRÈS-SAINTE TimGB. 608

Bt elle ajoute : Mes délices sont d'Atre avec lee

enfants des hommes, parce ([ue, en effet, l'homme seul ici-bas est capable de comprendre les voies de la sagesse par son intelligence, et de la snivre avec conscience et amour par sa liberté. C'est pourquoi lui seul est en Ce monde Timage de BiefQ ; el il ne peut Atre du» l'onlre de 8a> créa» tien, et ainsi dans le bonheur, ou répondre à la haute destination que Dieu lui a donnée, qu en recewt les instruetions de la sagesse, en gardant ses voies, en la reproduisant, autant qu'il est en loi, dans sa conduite par Texercice bien réglé de sa raison et de sa volonté, comme le reste de la création la manifeste sans intelligence et sans liberté.

Maintenant oomment ce» eomsidérations sur la- Sagesse incréée et la saf^esse créée s'appliquentelles à la sainte Vierge ? Oh ! d'une manière admisaUe, et cette allusion mystérieuse est au fond de toutes les paroles de l'Eglise sur la mère de Jésus- Gbrist tirées de TAncien Testament. Quand Dieu a. ci^é le inonde, la Sagesse étemelle ou le Fils^ par qui tout a été fait, s'est imprimée dans toutes les créatures et exprimée par elles, ce qui a produit la sagesse créée, qui maintient les créatures dans Tordre, ou tout subsiste avec nombre, poids et mesure. Mais lorsque Dieu a daigné, pour mettre le oombie à son amour, non. phis sôole*

604 LA CONCBFnOll BSMJiWLÉR

xBmt 66 manifester par aea cravres, médiateinanti mais se révéler personnellement an monde en se

faisant bomiue ; quand il a voulu s'incarner dans le sein de Marie^ le Verbe divin on le Fils de Dieu^ en consentant à devenir le fils de la femme, a imprimé en celle qu'il appelle sa mère son éternrile Sagesse, dont elle est devenne aind le type humain on l'image et' comme une sagesse créée. La création du monde par le Verbe est donc la préfiguration de l'incarnation du Fils de Dieu, et ainsi la sagesse créée, provenant de l'application aux créatures des idées et de la puissance de la Sagesse étemelle, et dans le sein de laquelle tons les êtres ont été faits et subsistent, est le symbole et comme la prophétie de la Vierge sainte, dans le seinde laquelle la Sagesse incréée s'est reproduite. C'est pourquoi Marie, que TÉglise représente, est la mère de toutes les âmes régénérées en Jésus- Christ, on des nouvelles créatures qui renaissent par la vie qu'elle a apportée au monde en lui donnant son Fils , et dans le sein de l'Église qui est rimage et la continuation de sa nuttemité surnaturelle.

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