‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 112 sur 161 · CLV · texte numérisé non relu

CLV

Cher à Dieu et aux hommes, sa mémoire est en bénédiction. Le Seigneur lui a donné une gloire égale à celle des saiots, il Ta rendu grand et redoutable à ses ennemis, et par ses paroles il a apaisé les monstres. Il Ta glorifié devant les rois ; il lui a prescrit ses ordonnances devant son peuple et lui a liait voir sa gloire. Il Ta sanctifié dans la foi et la douceur, et il Ta choisi entre tous les. hommes. Car il Ta écouté, il a entendu sa voix et il Ta fait entrer dans la nuée. li lui a donné ses préceptes en lui parlant £ace à face, et la loi de la vie et de la science.

Ces paroles conviennent parfaitement à saint Joseph, qui a dû être bien agréable à Dieu, pour qu'il loi confiât la mission si importante d'être sur

la terre le protecteur de la sainte Vierge et le père

SAINT JOSËPH.

nourricier de l'Enfant divin, et qui est cher aux hommes par la manière dont il a rempli sa mis* sien, si intimement lUe h la grande œayre de

la Rédemption. Aussi sa mémoire est en bénédiction parmi les peuples, et il participe à leur véné* ration et à leur tendresse pour Marie y déclarée bienheureuse par toutes les nations. (Luc^ I, 48.) Son nom est devenu inséparable de celui de la sainte Vierge, dont l'auréole vii^nale se reflète à perpétuité sur celui qui eu a été le gardien providentiel. Aussi il est entré dans la gloire des saints; il a été élevé au-dessus des rois de la terre, puisqu'il a été chargé de nourrir pendant son enfance et de protéger dans sa jeunesse leroi du ciel, qui, en daignant se faire homme pour nous sauver, s'est confié à sa sollicitude et s'est remis entre ses mains. Dieu loi a montré sa gloire, puisque/ conune on le voit dans l'évangile de ce jour^ le premier des hommes après Marie, il a été initié au mystère de rincamation, et par conséquent k celui de la Rédemption^ dont Tlncarnation est le moyen. Il a donc été élu au milieu de toute chair pour être un instrument spécial de la miséricorde de Dieu, dont il a écouté docilement la parole apportée par un ange, quand, ignorant ce qui s'était passé en Marie et la voyant enceinte, il semblait avoir le droit de se plaindre. Sa bonne foi et sa justice lui ont attiré une révé-

SAINT JOS£PH

lation spéciale^ qui lui a découvert dans un songe ce «foi éuH mvié et ce cp'il avait à faire» l'intro»

àuisant dans la nu»'^e, comme dit ici l'auteur sacr<^, c'est-à-dire Tinitiant au mystère d'amour, d'où devait sortir le salut da genre humain, par la participation aux seci els Je la Famille divine, h laquelle il a eu le bonheur d'être si intimement uni.

EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, I, lS-21-

Marie, mère de Jésus, étant fiancée à Joseph, sans qu'ils eussent été ensemble se trouva grosse, ayant conçu par Topération du Saint* Esprit. Joseph son époux, qui était un homma juste et qui ne voulait pas la déshonorer, résolut de la renvoyer secrètement. Mais, pendant qu'il était dans cette peiK^ée, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit ; Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre Marie votre épouse ; car ce qui est né en elle est du Saint-Espril , et elle enlantera uu liis k qui vous donnerez le nom de Jésus ; car ce sera lui qui sauvera son peuple eu le délivrant de ses péchés.

Nous trouvons ici la confirmation de ce qui est

SAINT JOSEPH

rapporté par saint Lnc sur Ilncamation du Verbe

au jourde rAnnonciation. (Luc, I, 35.) Les mêmes paroles» dites à Marie pour lui annonoer sa maternité divine, sont répétées à pen près k Joseph par un ange pour dissiper ses inquiétudes et lui révéler le grand mystère, à i'acoompUssemeni do* quel il doit concourir, et dont il avait été jusque» là riDstrumeut aveugle et docile. Car, il iaut le «dire, tont parait extraordinaire dans le mariagede Marie et de Jo8e()h , et on y sent partout une conduite providentielle» qui prépare les hommes et les choses à ses fins contre les coutumes et les pié» visions humaines. Marie, en effet, qui avait été présentée et élevée daus le temple dès son enfimce» avait fait vœu de virginité» et néanmoins elle se marie I L'Écriture ni la tradition ne nous disent point comment s'est fait ce mariage. Mais il est dair que» dans l'ordre des desseins de Uê/i sur elle, il était nécessaire , pour qu'elle pût concevoir et enfanter sans déshonneur aux yeux des kommas. Devant deivenir la Mère du fils de IMeu , il fallait qu'au milieu du monde elle fût dans les liens légitimes du mariage* Saint Augustin ajoute cette considération^ que la Mère de Jésus paraissant mariée comme les autres femmes, le démon» qui épiait le moment de Tavénement du Messie pour le tenter et le combattre» fut trompé par les apparences d'un mariage sem-

SAINT JOSEPH

blable aux autres et ne reconnat point le Sauveur

annoncé.

Au premier chapitre de saint Luc, Marie ^ à laquelle Tange annonce qu'elle deviendra mère,

dit : Gomment cela peut-il se faire, puisque je ne connais point d'homme; et en saint Mathieu il est écrit qu'elle devint enceinte sans qu'elle eût habité avec Joseph. (Matth., I, 18.) Ce qui esi confirmé incontestablement par Tétonnement de Joseph en apprenant qu'elle est enceinte • H y a donc là une union toute spii ituelle, qui est Cependant un mariage, ^it un Père de TÉglise, parce qu'il y a eu consentement réciproque] des deux parties à vivre ensemble sous la loi de Dieu; ce qui montre, ajoute-t-il , que, la procréation des enfants n*est point le but unique de IHmion conjugale. Mais pour que ces deux époux aient ainsi vécu ensemble contrairement à Tordre commun, surtout chez les juifs, il faut qu'il y ait eu entre eux un accord secret de vivre sous le même toit dans la continence ; Marie voulant même en se mariant accomplir le VŒU de virginité, par lequel elle s'était consacrée à Lieu dès son entrée au temple, mue déjà par Tinspiration de la grâce qui lui était réservée; et Joseph, homme juste et sans reproches, beaucoup plus âgé qu'elle sans doute, consentant à la prendre avec lui à sa sortie du temr pie et sous le prétexte de l'union conjugale^ pour

SAINT JOSEPH

l'aider à accomplir son vœu, en la protégeant par h puissance maritale donnée par la loi. Choisi par Dieu pour devenir le protecteur terrestre de la sainte FamillOi il avait sans doute le pressentiinent de sa mission, avant d'en avoir reçu la connaissance claire par la parole de l'ange. L'ordre surnaturel a aussi ses instincts snblimeS| par lesquels la Providence prépare dès leur naissance ceux qu'elle a prédestinés à devenir les instruments de ses desseins pour renouveler la face de la terre. H y en à qui agissent toute leur vie par une motion divine dont ils n'ont point le secret. D'autres sont éclairés à mesure qu'ils avancent^ et ainsi joignent à Timpulsion d*en haut l'énergie de leur conscience et de leur volonté.

C'est ce qui est arrivé à saint Joseph par la ré^ vélation qui lui a été faite en songe du mystère de l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie ; et depuis ce temps la connaissance de la mission de la sainte Vierge lui a révélé la sienne, qu'il l'a remplie jusqu'à sa mort avec fidélité et amour. Oh 1 quelle vie que celle de Joseph au milieu de la sainteFamille, uni de cœur àl'épouse du Très-Haut, à la Mère de Dieu , recevant toute sa confiance , la soutenant dans toutes ses peines, la protégeant dans tous ses dangers, et ayant Tinsigne honneur, l'immeuse bonheur de porter dans ses bras,- d'entourer de ses caresses le Fils du Dieu vivant, l'Eu*

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fant Jésus, qui le pénétrait et le reuaplissait des rayons de sa grâce. Joseph initiait aux choses de la terre Gelni qui devait l'initier à celles dn àél. Il l'avait k ses cotés daus ses travaux journaliersy lui enseignant à façonner le bois, afin que Jésus-Christ nous donnftt tous les exemples, même ^ celui de gagner sa vie par le travail de ses mains. Après que r£afant divin eut étonné les docteurs d'Israël par sa science et sa sagesse, il était encim soumis à celui qui passait pour son père et lui ol>éi^^t : et erat subdUus illis. (Luc, II, 5 1 .) Âjàrès le bonheur de «aint. Jean, ie disciple chéri, qui reposait sa tête sur la poitrine de son maiUe et y buvait la vie à sa sonrce^ je ne connais pas de fé<» licité plus grande que celle de Joseph, qui a passé 30 ans ou à peu près ^car ou ne sait point la date précise de sa mort) dans le commerce mlime et familier avec le Fils de Diea et la Vierge Mère. N'était-il pas drjà au ciel par cette iue fiable communication de tous les jours? On loue ordinaire* ment saint Josefdi de son hnmilité, k cause des soins matériels et minutieux qu*il rendait sans cesse à la sainte famille, pourvoyant à tous ses besoins et à tons ses périls. Nous louerons aussi son humilité, mais pour une autre raison, à savoir parce qu'il est resté simple et modeste dans la charge la pins haute qui ait jamais été confiée à un homme. Car s il y a de rhonneur k élever

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les eBiant8 des rois^ les héritiers des trànes de la lirre, qa'esl-ce donc que d*ètre le ttiteiir, l'ineti»

tuteur du Fils de Dieu, du IVIailre du ciel et de la terre, de Théritier du royaume éternel? En vérité, il y avait de quoi exalter rorgueil de rbomme^ si l'Esprit divin n'avait été avec lui.

Adressons-nous donc à saint Joseph, le père ^ nourricier de Jésus-Christ, le protecteur de la sainte Vierge, le pourvoyeur de la sainte Famille dans tous nos besoins matériels^ surtout dans les euBoastaïues qui peur^nt-eervir au développement de notre vie spirituelle et à Ta vanct nient de notre âme. Et si nous avons le bonheur d'être employé comme lui, en quoi que ce soit, à Taccomplissement des desseins de la justice ou de la miséricorde divine, à l'établissement du règne de Dieu en ce monde, imitons la retenue, la prudence, Thumilité, l'obéissance, par lesquelles il se dévoue à l'œuvre de Dieu et à sa gloire, sans en rapporter rien à lui-même, et se r^^ardant comme un instrument incapable en soi et qui ne peut opérer rien de bon que par la main divine.

PRATIQUE

Soignons avec Pamour et la sollicitude de saint Joseph PEnfant Jésus, né dans notre cœur au baptôme, et que l'Église , qui Ta enfanté en nous conune la

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sainte Vierge, nourrit et élève avec la même tendresse. Pourvoyons à tous ses besoins, présenrons-le de tous les dangers, aâo que, croissant aussi en sa* gesse et en grftce, il arrive à la stature de l'homme véritable , et que portant le Christ en nous , nous méritions vraiment le nom glorieux de chrétien.

PRIÈRE

Daignez, Seigneur, nous secourir par les mérites du bienheureux Joseph, époux de votre très-sainte Mère et nous accorder par son intercession ce que notre faiblesse ne peut mériter ; vous qui étant Dieu, vivez et régnez, etc.

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