LA PURIFICATION DE U SAINTE VIERGE
LEÇON TIRSE de HAlÂCHIEy m, 1-4.
Voici que j'eavoie mon ange, et il préparera la voie devant ma face, et aussitôt viendra dans sou temple le Dominateur que vous d;)kerchez, l'ange d'alliance que vous désirez. Le voici qui vient, dit le Seigneur de^ années. .Quà powra seulement penser au jour de son avènement ? qui poucra en soutenir la vne? Car il sera comme le feu qui fond les métaux et comme rherbe dont se servent les foulons. Il s'assoira ^ et épurera l'argent ; il purifiera les enfants de Lévi comme l'or et l'argent qui ont passé an feu, et ils offriront au Seigneur des sacrifices dans la justice. Aknrs le sacrifice de Jnda et àe Jérusalem sera agréable au Seigneur, conmie Font été ceux des siècles passés et des premiers temps.
Enecm imepR^hétie Bcemnjl&d en ce jour par
la piésentation de l'Enfant Jésus au temple. Le Dominateur, qu'Israël attend , entre dans son temple, non pas comme les juifs ehamels Tespéraient^ avec la pompe et la puissance du monde et en conquérant qui vient leur soumettre les nations. H y arrive humblement, sous la forme d'un petit enfaut porté par une pauvre femme, pauvre des biens de la terre , niais riche des dons et des trésors dû ciel. Aussi, comme dit Malachie, personne ne pense au jour de son avènement, personne ne se tient là pour le voir. H passe inaperçu de la foule au milieu des enfants
présentés chaque jour au Sei^aieur. Seul le vieillard SiméoTi, qui l'attendait avec désir, averti par r£sprit-Samt qui le conduit an temple, le reconnaît avec amour, le proclame et l'exalte avec transport. Aujourd'hui encore, quoique le Sauveur habite dans rJËglise depuis plus de dix-hnit siècles, malgré son Évangile qui a changé la face du monde et illuminé les nations, malgré les admira* bles bienfaits de sa morale qui a renouvelé et perfectiçnné la civilisation, TAnge delà nouvelle alliance est trop souvent délaissé dans son tabernacle, oh personne ne s'empresse de le visiter et de Tadorer, sauf quelques âmes pieuses conduites vers lui , comme le vieux Siméon , pour lui offrir l'hommage de leur soumission et de leur reconnaissance. Le prophète annonce ce qu'il vient
Oigitized by
faire. II vient régner sur les ames en les purifiant par le feu de TJij&pxit, et aurtoui aur les fils de Lëvi ou les homnies consacrés aa service des
autels, qu'il épurera comme For et l'argent, afin qu'ils ocrent le véritable sacrifice de la justice. C'est le saint ministère de l'Église, succédant à
celui de la synagogue, qui doit immoler la victime par excellence, et non plus les animaux qui en étaient la figure, sacrifice offert dans la justice que
le sang de Jésus-Christ a acquise k l'humanité. C'est rËglise, qui n'adore plus à Jérusalem , k Samarie, ni sur telle montagne, mais partout oU ce sacrifice peut être offert en esprit et en vérité, parce que ce sont les adorateurs de ce genre que le Père aime. (Jean, lY, 23.) Nous^ chrétiens, qui avons le bonheur d'être unis à Dieu par la nouvelle alliance , et de participer à sa nature et à sa vie par la r^énération de notre àma dans le sang rédempteur, attirons par toutes les forceb de notre désir et de notre prière le feu purificateur du Saint-Esprit, que le Fils de Dieu est venu apporter du ciel à la terre, et qu'il veut faire brûler dans nos cœurs.
SVANGILE S£XON SAINT LUC, U, 22*32.
Lorsque les jours de la purification de Marie
furent accomplis, selon la loi de Moïse ils por-
tèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, comme il est écrit dans la loi : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, et aussi pour donner ce qui devait être offert en sacriflce d'après la loi, deux tourterelles ou deux petits de colombes. Or il y avait alors à Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, noiDiiié SiméoB ^ «ttendtit la ooBB^tetnm d'Israël, et le Saint-Esprit était en lui. 11 avait -été averti par le Saint-Esprit (faCil ne mourrait point sans avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au temple conduit par l'Esprit. £t comme le père et la mère de Jésus l'y portaient, afin d'accomplir pour lui ce qui était ordoiuié par la loi» il le prit lui-même dans ses bras et bénît Dwa eft disant : ttaintroaiit, Seigneur, laissez partir en paix votre serviteur selon votre parole, parce que mes yeux ont vu notre Sauveur, que vous avez préparé devant la face de tous les peuples, comme la lumière qui éclairera les nations et qui fera la gloire de votre peuple Israël.
La premièrô oensidéradon qui s'offire àla lee-* 4ttre de cet évangile, c'est l'exemple de soujttil»
D£ LA SAINTE VmiGE. 631
sion à la loi donné par le Sauveur et par sa mère. £U8 le porte au temple pour le consacrer à I>ieu, eomme le demande la loi de Muiae, oa le racheter par les offrandes indiquées; et elle qui n'avait nul besom d'être puritiée, puisqu'elle u avait été eouîUée d'aneune tache, ni dans la conception par le péché d*origine, ni dans sa conduite par le péché actuel, ni dans reniantemeut de son divin puisqu'elle étah deveone mère sans oeiser d'être vierge , elle vient cependant comme les aiitres femmes remplir les observances imposées par Moïse. Jésns, le Fils de Dien, le maître du ciel et de la terre, a continué pendant toute sa vie terrestre à obéir à la loi dans ses disposi* lions religieiises et civiles, disant qu'il n'était point venu pour la détruire, mais pour Taccomplir et la perfectionner. £t après cela nous ferions des difficultés de noos y senmeitre, neoK ofaé>*> tives créatures de Dieu, qui ne pouvons vivre convenablement et heureusement que par elie,^ en sorte que nous nous dégradons et gâtons notre exis* tence, quand nous violons la loi pour faire notre volonté propre* Notre orgueil nous pousse à la mépriser ou à lâ combattre, ou si nons n*os<ms aller jusque-là, nous tentons tout ce qui est en notre pouvoir et prolitons de toutes les circonstances, tous les prétextes, pour y échapper en Télu^ dsjii, en passant à cùté^ ou lui accorder le moins
qu'il est possible. Nous croyons nous affranchir en en secouant le joug, tandis que, au contraire, lions nous rendons esclaves 4e nos passions et des choses qui les excitent : esclavage dont robnervation de la loi nou3 préserverait; car il A'y a de vraie liberté que pour la volonté qui est dans l'ordre, et Tordre est établi et assuré par la loi.
La loi mosaïque, en ordonnant de consacrer an
Seigneur tout enfant maie premier-né, rendait en cela à Dieu Tbominage qui lui est dû , parce que tout ce qui a vie lui appartient et ainsi doit loi être offert en témoignage de son domaine souverain. Or, l'iiomme fait à Tioiage de sou auteur et doué par lui de si hautes facultés lui appartient plus encore que les autres êtres ; ioaais comme il* est raisonnable et libre y l'offrande de lui-même , pour être complète, doit se faire volontairement et avec conscience, C'est à ce devoir qu'Adam a manqué en /iésobéissant à la parole divine, et c'est pourquoi tout mflle premier-né devait être offert à Dieu comme une restitution à sa naissance, offrande préffgurative de celle de Jésus-Cbrist, qui seul pouvait ramener Thumanité à Dieu, en la lui rendant pleinement par le sacrifice sans bornes de sa personne. Or, le sacrifice se compose de Toblation et de Tinatmolation. L'oblation s'est faite au temple le jour où Jésus y a été présenté par sa
mère. C'est le genre humain tout entier, dont il est le représentant, <Ioi e8t offert en lui et par lui dans la victime se substituant yolontairement an pécheur pour l'expiation et la réparation du péché, et cette première partie du sacrifice seraconb* plëtée par l'immolation de la croix, dont elle est le prodrome, et sans laquelle elle n'aurait point de sens ni de valeur.
Ainsi le sacrifice du Rédempteur commence k sa présentation au temple, qui le consacre au Seigoeur pour rendre à Dieu tout ce qui lui appartient, et réconcilier au prix de son sang l'humanité avec la divinité. Et le sacrifice de la mère, qui souffrira de tdutes les souffrances de son Fils pour le rachat des hommes, s'accomplira en même temps, comme Siméon le lui annonce par ces paroles : Votre cœur sera transpercé comme par un glaive. C'est la compassion de la sainte '^erge, ou les sept douleurs dont elle a été torturée dans son martyre non sanglant au pied de la croix. Toutefois le sacrifice du Sauveur ni celui de Marie ne nous servent de rien, si nous n'y prenons part par notre propre hnmolation, c'est-à-dire en re^ nonçant au monde et à nous-mêmes et en portant avec lui et à sa suite notre croix de chaque jour. (Matth., XIV, 24.) Mais pour nous aussi l'oblation doit précéder le sacrifice, et c'est pourquoi nous devons en ce jour nous offrir à Dieu dans
son temple avec PEafaiït Jésus, pour nous consacrer à son service de toutes nos forces et suivant BOtre position, et emjHojer k sa gloira et à Tavan^ omient de son règne ici-bas tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. Car ceux-là senls participeront à la splendeur et à la félicité de Jésus-Christ qui auront partagé son abaisse* ment et ses douleurs. {Rom., VIII, 17.)
La parole prophétique de Siméon s'élàre audessus de Tesprit exclusif des juifs, qui méprisaient les nations et ne s*inquiétaient nullemept de leur saint, les regardant comme des idolâtres^ et par conséquent comme les ennemis de Dieu et d'Isi*aél, destinés à subir les effets de sa colère et leur joug. C'était l'interprétation littérale des re* commandations divines touchant les rapports du peuple choisi avec les gentils. Mais ici Siméon parle par r£sprit de Bien comme Isaie et comme Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande dajrté; cens qni habitaient dans les régione de l'ombre de la mort ont vu 'la lumière se lever sur eux. Le soleil levant nous a visités du haut des cienx ; il vient éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans les ombres de la mort. » El en d'autres endroits de la sainte Ecriture Dieu dit : Celui qui n'était pas mon peuple le deviendra^ et celui qui Tétait deviendra infidèle et ingrat. C'est
l'accomplissement de la promesse faite à Abraham, que toutes les nations de la terre seront bénies dans sa race. Jésus a été, em «ffet, la lumière des nations en les tirant de Terreur, du mensonge et de la dépravation par l'Évangile des vérités éternelles, principes de la vraie science et de la mo* raie la plus sublime que Pliomme puisse concevoir et pratiquer. Il est auasi la gloire d'Israël^ puisqu'a en est sorti et qa'û y a pris ses apôtres et ses pi'QuuQTS disciples^ londement^ de son Êfidise.
FBATIQUS.
Offrons-nous en ce jour à Dieu avec TEnfant Jésus en esprit et en vérité, c'est-à-dire pour participer à son sacrilice et à celai de Marie, par le lenoncement à nous-mêmes et le portement volontaire de notre CBoix. A cette condition sadeBifiat en est u vrai diaci* pie de Jésos-Cbrist,
PRIÉRB.
Seigneur Jésos, qui vous offires à vQitft'ï^^pe iSler*
nel, comme la victime seule capable de nbxxs pnrîSèr, je m'offre à vous, si imiarfait que je sois, mais avec tout Tabandon d'une victime. Immolez-moi vousmême par la mortifîcation qu'il vous plaira de m'imposer, consumez les imperfections de mon âme par le feu de votre charité, afin que je mérite un jour de • vomB être présenté av«c un ocnirpnr dans le temple de votre gloire. Aiusi soit-iL
&AINI JOS£PH.
LEÇON TIRBfi DU LIVRE DE L'ECCLÉSIASTIQUE ,