L'ANNONCIATION
pleine de grâce : le Seigneur est avec vous, ¥005 êtes bénie entre toutes les femmes. Elle fut troublée eu entendant ces paroles, et elle se demandait ce que c'était que cette salutation. L'ange lui dit : Ne craignez point, Marie; car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand» il sera appelé le fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trftne de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Alors Marie dit à l'ange : Comment cela se ferat-il, puisque je ne connais point d'homme? L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit descendra en vous, et la vertu du Très-Haut \ ous couvrira de son ombre. C'est pourquoi Celui qui naîtra de vous sera saint et sera appelé le Fils de Dieu. Et voilà que votre cousine Élisabetb a ellemême conçu un fils dans sa vieillesse, et celle qu*on appelait stérile est maintenant dans son sixième mois, parce qu'il n'y a rien d'impossible à Dieu. Marie dit alors : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole.
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Le mystère qui s'accomplit en ce jour est la sabstanoe èa eltinstiairisine, le principe de notre
rédemption, le fondement de notre espérance. Dieu y cacbe sa majesté souveraiAe sous k U?ré6. de la servitude. Un Dieu s'abaissant jusqu'à deve-* nir le* fils d'une femme ; une femme élevée jusqu'à ^re la mère de Dieu; le Verbe fait homme sans cesser d'être Dieu ; lUarie qui devient mère sans cesser d'être vierge; tels sont les faits incompréhensibles à la raison que l'Église proclame en ce jour comme des Târités, et qu'elle propose à notre foi , à notre vénération , à notre adoration. La Trinité sainte a dit : Refaisons l'homme à notre iinage, qu'il a laissée s'effacer en lui, et chacune des trois personnes coopère à cette restauration. Le Père envoie le Fils revêtir la nature * . humaine, le Fils unit son consentement à la volonté du Père, et le Saint-Esprit opère ce prodige d'amour. L'ange Gabriel est chargé de Tannoncer à la terre, à une jeune Vierge , de la race de David, mais épouse d'un artisan, élue pour être la réparatrice du genre humain et la mère de son Dieu. Le Verbe, daignant s'abaisser jusqu'à se faire chair dans le sein d'une femme, a choisi pour mère la plus digne, celle qui s'approchait le plus de l'infinie perfection, dont elle allait devenir le tabernacle. Par un privilège spécial, elle a été conçue sans péché, et jamais le péché n'a
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souillé son cœur ni ses lèvres. Enfermée dès Tâge le plus tendre dans le temple, elle y a fait le vcbq d'une virginité perpétuelle, elle y a grandi dans la pureté à l'ombre da sanctuaire. Sa virginité du corpe et de Tàme est le principe de sa maternité miraculeuse, et sou humilité la cause de son incompréhensible élévation.
Cependant le consentement de Marie était une condition nécessaire à la régénération du genre humain. L'ambassadeur de Dieu le lui demande f car, comme la faute yolontaire de notre première
mère avait causé notre chute, la volonté libre de la seconde sera 1 instrument de notre réhabilitation. Le monde sera sauvé, parce que le Verbe l'aura voulu et que Marie y aura consenti, et coinuient ne consentirait-elle pas au dessein de Tamour divin, elle qui était déjà pleine de grâces, unie au Seigneur, et bénie entre toutes les femmes? Néanmoins elle est troublée en entendant la parole de range, et avaat d'acquiescer par sa foi, elle cherche dans son esprit à s'expliquer ce qui lui arrive. Alors l'ange lui révèle le mystère qui va B*aeeompIir en elle, rincarnalion du Fils du Très* Haut dans son sein vir^nnal, l'union h} postalique de la divinité et de l'humanité en la personne de Jésus. Donc Marie est véritablement et propre* ment la mère de Dieu. Par sa f^énération éler*
Belle le Christ é(ait le Fil& de Dieu; par sa gêné-
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ration dans le temps il devient le Fils de Marie. Marie a le dcoit de loi dire comme le Père
céleste : vous êtes mon Fils, que j'ai engendré aujourd'hui. Aucan esprit n'a de pensée ^ aucune langue n'a de terme pour comprendre et exprimer ces deux générations : Generationem ejus quis marrabU? (Isaie, XXXIII, S.)
Toutefois, il reste encore à Marie une inquië* tude.Elle a fait vœu de virginité et elle veut avant tout y rester iidèle : ce qu'elle fait entendre en disant qu'elle ne connaît point d'homme. L'ange se hâte de la rassurer en lui annonçant que Celui dont elle sera la mère aura Dieu pour Père, et qu'ainsi en acquérant aux yeux de toutes' les nations la gloire de la maternité divine, elle conservera devant les anges le mérite de sa virginité, et que le prix de son inaltérable pureté sera de devenir plus pure encore par son enfantement surnaturel. Prodige unique, dit saint Augustin^ et qui ne s'est opéré qu'en Marie, qui a eu le privilège insigne d'unir en elle la fleur de la vierge avec la fécondité de la mère!
Alors Marie acquiesce à ce qui lui est annoncé par la parole la plus humble qui doit être la devise de toute âme chrétiennOi destinée aussi à devenir k sa manière Tépouse du Très-Haut. C'est au moment où elle est proclamée la mère de son Dieu^ qu'elle se dit humblement sa servante. Ce