‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 116 sur 161 · S L'ANNONCIATION · texte numérisé non relu

S L'ANNONCIATION

consentement libre, qui lui est demandé, elle le prononce comme nn acte d'obéissance, et sa réponse si soumise est pleine de vertu. Elle consomme le mystère de l'Incarnation dime, accom* plit les prophéties et rend à la nature humaine déchue .plus qu'elle n^avait perdu par son péché. Marie emploie pour concourir à régénérer le monde la même expression dont Dieu s*est servi pour le créer. Mais le mot fiai a dans son humble bouche un effet plus admirable encore. Principe de notre existence, il le devient de notre rédemp** lion. Il n'avait opéré dans l'origine que sur les créatures; en ce moment il agit sur Dieu lui* même, qu*il fait descendre du ciel dans les en* trailles de la Vierge, où la divinité s'unit à Thumanité pour régénérer le monde.

PRATIQUE

Toutes les fois que la volonté de Dieu nous est déclarée, et quoi qu'elle demande et qu'il nous en eoùtei

disons du fond du cœur comme Marie et avec tout Tabandon de notre volonté : Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon sa parole!

PRIÈRE

Mon DieUf qui avez voulu que votre Verbe prit un corps dans le sein de la bienhenrense vierge Harie,

DE LA SAnrrfi vierge. 653

au moment où Fange lui annonça ce mystère, accordes à nos prières, que, en honorant celle que nous

croyons être véritablement la mère de Dieu, nous soyons aidés près de vous par son iûterces&ioQ* Par notre Seigneur Jésus-Christ, etc.

«4 Jula.

LEÇON TIRÉE mSAÏE, XLIX, 1-3 et 5-7.

lies, écoutez, et vous, peuples éloignés, prêtez roreille. Le Seigneur m'a appelé dès le sein de ma mère; il s'est souvenu de mon nom, lorsque j'étais encore dans ses entrailles. Il a rendu ma bouche CQmme un glaive aigu; il m'a protégé de l'ombre de sa main; il m'a mis en réserve comme une flèche choisie. U m'a caché dans son carquois et il m'a dit : Vous êtes mon serviteur Israël et je me glorifierai en vous. Et maintenant le Seigneur me dit, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour être son serviteur : Je vous ai établi pour être la lumière des nations et le salut que j'envoie jusqu aux extrémités de la terre. Les rois vous verront et les princes se lèveront devant vous et adoreront à cause du Seigneur qui est fidèle et du saint d'Iraël qui vous a choisi.

Ces paroles dlsitïe s'appliquent directement à saint Jean-Baptiste. Le Seigneur Ta appelé dès le sein de sa mère ; car il a été formé par une conception merveilleuse; son père et samère, d'après la réponse de Zacharie à l'auge, n étant plus en état d'avoir des enfants* La même chose est arrivée pour Isaac, l'enfant de la promesse , dont la naissance fut aussi annoncée par un ange, La pieuse Anne, qui était stérile , conçut Samson à peu près de la même manière, et la naissance du prophète Élie fut marquée du même signe. Mais Jeam eut par-dessus tous les autres le privilège d'avoir été rempli du Saint-Esprit avant d'être mé, quand la sainte Vierge visita sa mère. L'Église 'Célèbre le jour de sa naissance ou sa nativité^ par» ce qu'il était déjà sanctifié en venant au monde. Le Seigneur a préparé sa parole comme un glaive aigu, qui percera les cœurs endurcis des juifs par Fannonce du Messie, qui peut seul les sauver de la colère céleste. C'est une flèche choisie qui ira directement frfpper le but. Il servira de ilam-* beau aux nations et sa lumière s^étendra jusqu'aux extrémités de la terre, parce qu'en effet tous, juifs et gentilS; viendront entendre sa prédication dans le désert et lui demanderont ce qu'ils doivent faire pour être sauvés.

656 NATIVITÉ BË SAINT J£AN-fiAPTIST£«

jeVANGILE SELON SàlMT LUC, I,

Le temps des couches d'Ëiisabeth arriva et elle enfanta un fils. Ses voisins et ses parents, ayant appris que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde sur elle, Ten félicitaient. Et étant venue le huitième jour pour circoncire Tenfant, ils voulaient le nommer Zacliarie du nom de son père. Mais la mère leur dit : Non, il s*appellera Jean, Ils lui répondirent : Il n'y a personne dans votre famille qui porte ce nom. Ils demandèrent alors par signes au père de l'en* fant comment il voulait qu'on le nomm&t. Il demanda des tablettes et écrivit : Jean est son nom : ce qui les remplit tous d'étonnement. Au même instant sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia, et il parlait en bénissant Dieu. Tous leurs voisins furent saisis de crainte, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toute la région des montagnes de la Judée. Tous ceux qui en entendirent parler en conservaient le souvenfar dans leur cœur, disant : Que pensez* vous que sera cet enfant? car la main du Seigneur est avec lui. £t Zacbarie, son père, fut rempli du

Saint-Esprit, et il prophétisa en disant : Béai soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a

visilé et racheté son peuple.

L'Egliae solenniae la Nativité de saint Jean,

bien qu'uidinairemeûL elle place la ftle des saints au jour de leur mort et quand ils sont allés au del* II n'y a que Notre -Seigneur et la sainte Vierge

doDt le jour de naissauce soit célébré ; ce qui met déjà Jean-Baptiste hors ligne parmi les saints, suivant la parole de Jésus-Christ, Jean est plus

qu'un pru}jhète, el il n'y a personne au-dessus de lui parmi les eniants des hommes. Il est plus qu'un prophète; car il a eu le bonheur de voir Celui dont il annonçait la venue; il lui a parlé, Ta baptisé, et il a entendu la voix du ciel qui le proclamait le Fils de Dieu. Aussi saint Jean a une position unique, celle de prcciu.cur du ]\Iessie, appelé à lui préparer sa voie, la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur et rendez droits ses sentiers. (Is., XL, 3.) Il a annoncé TAgneau de Dieu, qui porte les péchés du monde, et il a eu l'honneur de l'aider à commencer sa divine mission en répandant sur sa lête l'eau du Jourdain. Il lui envoie ses disciples, leur déclarant qu'un plus grand que lui est arrivé , dont il n'est pas digue de dénouer la chaussure. Il vit dans

le désert de la manière la plus mortifiée, mangeant

du miel sauvage et des sauterelles, couvert d'une tnnique de poil de chameau^ et une ceinture de enir an tour des reins. II est tont entier à son ministère, qui est d'annoncer à tous le royaume de Dieu qui s'approche et les moyens de lobtenir^ H enseigae à tous la vérilé, la justice, pour les disposer à recevoir la parole du cielj à tous il reproche leurs fautes, au peuple, aux princes, aux rois, à Hërode qui vivait dans Tadultère et dans Tinceste. Aussi, il fut martyr de son zMe, et le ressentiment de la femme dont il voulait séparer le roi, saisit avec empressement la première oocasion de se délivrer de ce censeur importun au milieu de lorgie d'un festin, et quand ce roi ivie était enchanté de la danse d'Hérodiade.

PRATIQUE

Considérons avec respect cette belle figure de saint Jean-Baptiste, et sa vie consacrée tout entière à la prédication de la vérité et de la justice, afin d^ pui* ser du courage et de la forée pour devenir non plus les précurs urs mais les défenseurs de Jésus Christ au milieu des erreurs, des mensonges, des blasphèmes et des iniquités du monde où nous vivons, soutenant loyalement sa doctrine et sa cause par la confession de notre foi et en dépit des moquerieS| des mépris, des calomnies et des persécutions des ennemis de rÉglise.

PRIÊRB, *

Mon IMeu, qui avez renâti ce jour TénArable par la

naissance ac bairiL Jtaii-ljapUblc, faites que votre peuple boit rciupii d'un zèle céleste, et que vos fidèles marchent avec ardeur dans la voie du salut éternol| par Motre-âeigaeuri etc.

90 Juin.

L£ÇON TIR£E DES ÀGT£S DES APOTRES, XII, Ml.

£n ce temps-Iày le roi Hérode se mit à persécuter r£glîse. Il lit mourir par le glaive Jac« ques, fr^ère de Jean, et voyant que cela était agréable aux juifs» il jQt aussi arrêter Pierre. G*é(ait alors les jours des azymes. Il le mit en prison et il le donna à garder à quatre escouades deiiuatre soldats chacune, voulant le faire exécuter publiquement après la féte de.Pâques, Pierre était donc gardé en prison, el TÉglise adressait sans cesse des prières à Dieu pour lui. Or, la nuit même du jour où ilérode devait le faire mourir, Pierre dormait entre deux soldats, lié par deux chaînes, et des gardes étaient postés devant la porte de la prison. Tout à coup le lieu fut rempli de lumière et un ange du Seigneur apparut, et poussant Pierre, il le réveilla et lui dit : Levez-vous promptement. Au même instant les chaînes tombèrent de ses

mains. Mettez votre ceinture, lui dit l'ange, et chaussez-vous, il le fit^ et Tange lyouta ; Habillez vous et suivez- moi. Pierre sortit et le suivait sans savoir si ce qui était fait par Tange était une réalité ou un songe. Quand ils eurent passé le premier et le second corps de garde, ils arrivèrent à la porte de fer qui conduit a la ville ; elle s'ouvrit d*elle-méaie devant eux. Us sortirent et allèrent jusqu'au bout de la l ue, et range le quitta. Alors Pierre étant revenu à lui dit : Je vois maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, çt m'a délivré de la main d'Ué* rode et de Tatteate du ^.euple juif.

Ce passage des Écritures saintes nous oilre un nouvel exemple de l'efficacité de la prière publique^ où beaucoup d'âmes se confondent dans un même vœu, dans une supplication commune exprimée par la manifestation d'une même foi. Ici encore, et plus qu'ailleurs, l'union fait la force, et quand plusieurs volontés s'associent pour demander quelque chose à Dieu au nom de Jésus-Ghrist| leur réunion même, qui s'opère dansFEspril-Saint^ donne une telle puissance d'attraction à leur désir, qu'elle obtiennent presque toujours l'objet de leur prière. Du reste, le Seigneur nous Ta dit : Qnand

deux ou plusieurs d'eatre vous sont assemblés en mon nonii je sais au milieu d'euju««. et ailleurs : Tout ce que vous demaiideres en mou nom vous sera accordé. Remarquons seulemenl que la promesse n'a été faite qu'aux âmes vraiment unies dans Tesprit de Jésus-Ghrist, donc animées d'une foi commune et demandant uniqueiueut par l'impulsion de leur foi ce qui n'est contraire ni à la vcOrtu, ni k la justice de Dieu. Or, il est dit ici que l'Eglise adressait sans cesse des prières au ciel pour la délivrance de sonchef^ de celui que Jésus- •Ghrist avait établi la pierre fondamentale de la maison de Dieu et sur lequel reposaient les promesses divines. Sa prière était donc inspirée par rSsprit-Saint qui est en elle, et elle demandait<ce •qui était conforme à la parole et à la volonté divines. Aussi fut- elle exaucée, comme nous le voyons dans le récit des Actes des apfttres.

L'Église catholique se trouve encore aujourd'lrai dans une situation semblable, bien qùe sous une autre forme. Un roi de la terro entoure le pat»* moine de saint Pierre de ses soldats; fl garde k vue le chef de l Église pour Texécuter moralement -devant le peuple, dès qu*il le pourra, c*est-à-dire pour rendre nulle ou détruire sa souveraineté temporelle, condition indispensable de son indépendance spirituelle. La révolte excitée tout autour du Suint-Siége par les mtîiiées ei les violences de

Tesprit révolutionnaire frémit aux portes de Rome, dans Rome mme^ et eu vérité les choses en sont yenaes an point, qn^U semble qne Pierre, encore

ceUe fuis, uo puisse être sauvé que par un miracle. Or, nous voyons coxmnent les miracles s'ob« . tiennent , par la prière multipliée et pereévérante.

Priuiis duuc, nous tous catholiques, enfants fi de les de rÉglise; demandons instamment à Dieu par . notre Seigneur Jésus-Christ la délivrance de een vicaire ^sur la tenu, demandons -la avec Tardeur de notre foi commune, dont l'énergie augmentée par son unité fera une douce violence au cieL Puis attendons avec confiance et patience jusqu'au dernier moment; car nous voyons ici que Dieu n a envoyé son ange libérateur que la nuit du jour ou Pierre devait être exéôuté. Le secours du ciel peut arriver à la dernière heure.

Si nous considérons ce fait au sens spirîtuel| outre le miracle réel et sensible qui s'y produit, on peut ^encore y voir le symbole de la délimnce d'une ftme captivée par le péché qui va la conduire à la mort, et gardée en attendant par ses passions et par les mauvais esprits qui les ezdtem, jusqu'à ce qu'elle périsse devant le peuple ou au grand scandale du monde où eUe vit* Cependant 1 Église intercède pour elle, soit par la prière génésale en faveur de tous les pécheurs, soit par des asi^uciaiions spéciales à cette

fin, soit par les supplications secrèteit d'une mère^ d'une sœur, d'une épouse, d'une fille, de bonnes âmes attachées à la malheureuse âme en p^erdition, et qui ne cessent de demander sa conversion et son salut. Alors, pendant qu'elle dort dans sa prison sous la garde de ses mauvaises pensées» qui ne la quittent pas même pendant le sommeil, un an^e . la réveille doucement, son bon ange sans doute, qui lui dit au fond du cœur : Lève-toi prompte* ment, comme le fils prodigue se mit à dire dans 1 excès de sa misère : Surgam et ibo ad patrem meutriy je me lèverai et j'irai vers mon père* C'est le moment critique entre la grâce prévenante et la volonté captive du mal. Si elle réagit tout aussitôt à la motion qui lui est imprimée à ce que la grâce lui propose, alors elle est débarra^e soudainement de ses chaînes et elle se redresse, se lève et se met en mouvement sons la conduite de range libérateur, même au milieu de Tétonnement, de l'étourdissement de ce qu elle éprouve, et croyant rêver. U lui est dit de prendre sa eeiii* ture, c'est-à-dire de serrer ses reins par la justice en ne cédant plus aux illusions de la concupiscence qui en sortent; de mettre sa chaussure pour marcher solidement, sûrement dans sa voie nouvelle et de prendre ses vêtements, le vêtement que l'Église donne aux chrétiens régénérés, la robe de Tinnocence baptismale, la robe neuve que

le père donne à Tenfanl prodigue repentant, ou

l'aube lavée dans la piscine de la pénilence. Si le pécheur accomplit fidèlement tout ce qui lui est dit par son bon ange et mardie avec docilité sous sa conduite, il traverse avec lui sans danger les postes des gardes qui le tenaient captif, et il arrive enfin sain et sauf à la porte de fer de la prison, qui s'ouvrant spontanément devant lui, malgré les verrous dont elle est chargée, le rend k la liberté des enfants de Bieu. Alors seulement se sentant échappé aux liens du mal et réconcilié avec rÉglise, respirant Tair du ciel qui la vivifie, et qui le rend à la conscience de lui-même, il reconnaît qu'il est vraiment libre; que ce n'est ni un rêve ni une illusion, mais une grâce du Seigneur, qui lui a envoyé son ange pour le délivrer du joug du démon et de la mort éternelle.

ÉVANGILE SELON SAINT MAI iHlEU, XYI, 13-19.

Jésus étant venu aux environs de Césarée

demanda à ses disciples : Que disent les hommes qu'est le Fils de Thomnae! Us lui répon* dirent : les uns disent que c'est Jean-Bapliste, les autres Ëlie; d'autres Jérémie ou Tun des prophètes. Et vous, leur dit Jésus, (jui dites-vous que je suis? Simon-Pierre prenant la parole

«66 8AINT PIERRE.

lui répondit : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu

vivant. Jésus reprit : Vous êtes heureux, Simon fils de Jona ; car ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je vous dis que vous êtes Pierre, et que sur cette pierre je bAtirai mon Église, et les portes de Tenfer M prévaudront point contre elle. Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux. Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi au ciel^ et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans les cieux*

Plusieurs points importants de la docUrine catholique sont posés nettenwat par cet évangile,

1® La divinité de Jésus-Christ est alfirmée hautement par saint Pierre qui répond sans ambages k la question de son maître, que dites-vous que je suis? Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui-mtme, quand il est interpellé à ce su^et, parle aussi catégoriquemmt. II se déclare Dieu et le Fils de Dieu : Eyo sum principium qui el vubis ioquar; moi qui vous parle je sois le principe. (Jean VIII, 25.) Philippe, qui voit le FÙs voit le Père. (Jean, XIV, 9.) Mon Père et moi nous sommes un. (Jéan^ 50.) Au grand prêtre qui.

SAOnr FIERBB. M7

i'aâjursBt de dédarer œ qu'il est et de m point

les tenir en suspens, lui demande : Êtes-vous le Fils de Dieut II répond ; Je le suie. (Luc, XXU, 70.) Puis il ajoute: Vous verrez bientôt le File de rilomme venir sur les nuées dans la gloire du Père, et le grand prêtre s'écrie qu'il a blasphémé en se faisant Dieu. En cent endnnts divers le Sai»» veur paile à ses disciples de Dieu son Père. Je retourne à mon Père; comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie. Je vous remercie, A mon Père, d'avoir révélé ces choses aux petits et aux ignorants , etc. .

2* Que la science des vérités étemelles ne s'aequiert point par les moyens naturels de connaître, k savoir la perception des sens et les opérations de la raison , complètement insuffisants en cette matière; et c'est pourquoi ceux (jui no veulent admettre que ce qui est saisissable ou démontrable par cette voie de la chair et du sang, comme dit l'Evangile, n'arrivant point à cunnailre le surnaturel qui les dépasse et dont ils n'ont pas le sens, le révoquent en doute s'ils sont prudents, on le nient hardiment s'ils sont passionnés. La foi est Tadhésioa de lesprit et de la volonté au témoignage de la parole divine, annonçant k TlMMnme ce qu'il ne peut ni sentir ni voir, comme tout témoignage. Mais quoique préparée par des motifs de crédibilité, elle ne nidt cependant et ne 8*affer-

mit dans le cœnr que par une grâce spéciale qui le

touche, réclaire, etrentraîne. Humaine par l'acte de raison et de liberté qu'elle implique, elle est divine par son principe et par son objet* Aussi le Seigneur dit à Pierre, que Dieu seul lui a révélé sa divinité* £t cela est vrai de deux manièreS| extérieurement par la parole divine qui Ta annoncée, intérieurement par la grâce qui porte à y croire ; car, comme il a dit ailleurS| personne ne connatl le Père, si ce n'est le Fils et ceux auxquels il a voulu le manifester. La science de la religion et des dogmes sur lesquels elle repose est donc due uniquement à la révélation, et la raison humaine, incapable de percevoir en elle-même les vérités révélées^ peut cependant et même doit, si cela est nécessaire, démontrer la possibilité, la né« cessité morale et enfin la n'alilé du la révélation.

3® Que Pierre ou le vicaire de Jésus-Christ en ee monde, le souverain pontife, est le fondement de l'Église, la piene fondamentale sur laquelle elle est bàiie. C'est même à cette fin que le Sau- Yeur donne à Simon, fils de Jean, un nom nou« veau qui exprime ce qu'il va devenir par son élection. Tu 66 PetiiiSy et super hanc pelram xdi/icabo ecdesiam meam. (Matth., XVI, 18.) C'est la devise du temple de Saint-Pierre à Rome inscrite autour de sa coupole. £t, conmie pour montrer l'efficacité de la foi, il semble par la circonstance oh cette

BAWT PIBRRB. 669

parole est 4ite, que Simon ne devienne Pierre on le fondement de TÉglisé , qu'à cause de la spoo*

tanéiîé de sa profession de foi , et parce que le premier il a confessé la divinité de Jésus- Ghrifli, Car Jésus loi réplique tout aussitôt : Ta dis que je suis le Fils de Dieu, et moi je te dis que lu es Pierre, etc., etc. Comme s'il voulait dire : En ce moment même et en raison de ta foi si vive en ma divinitf^, je te fais le chef de mon Eglise. D'où il suit qu'on est plus avancé dans TÉglise de Dieu, et qu'on coopère davantage à sa solidité et à sa gloire à mesure qu'on a plus de foi en Celui qui la fondée, et qu'on le conlesse avec, plus de courage devant es hommes.

4* L'immortalité de l'Église, son indéfectibilité! Les portes de Tenfer ne prévaudront point contre elle, c'est-à-dire que tous les efforts de Tenfer et du inonde, qui s'attaqueront a elle jusqu'à la fin des temps, ne pourront ia détruire ni physiquement ni moralement, ni dans son corps ni dans son esprit, parce que sa doclrine restera toujours pure . et incorruptible au milieu des hérésies, que son autorité sera inébranlable et une en face des

schismes, que sa juridiction s'exercera avec une indépendance souveraine en dépit des révoltes, des persécutions, et des usurpations de sa double puissance. Aussi il en va à la nouvelle Rome comme à l'ancienne; elle a la conscience intime, la

coavictiou ferme que l'empire du monde lui a été donné, et elle ne le met jamais en question, quoi

qu'il ai rive, même quand elle semble h deux doigts de sa ruine, comme on pourrait le croire aujourd'hui. Il 7 a seulement cette différence , que le règne de la Rome moderne s'étend sur les âmes, et que la portion de puissance temporelle qui lui est dérelue n'est que la condition de l'indépen* danee de son pouvoir spirituel.

5"* Le don (les clefs est le signe de la principauté de Pierre. C'est la .puissance de punir ou de ré* compenser, qui est la sanction nécessaire de Tautorité. Ces clefs sont les clefs du ciel remises entre les mains de saint Pierre : ce qui lui donna le pouvoir de le fermer et de Couvrir, en raison de la mission que Jésus-Christ lui a donné de gou?emer son Eglise» et de la fin dernière de ce gouvernement, qui est d'unir les âmes k Dieu ou de les en séparer, d'introduire au ciel ou d'en exdure. Le vicaire de Jésus-Christ, et avec lui l'Église, a la puissance de délier sur la terre et pour le ciel, c'est-à-dire d'absoudre du péché mortel qui en ferme l'entrée, et ainsi de détruire les obstacles qui empêchent les clirétieus de faire leur salut. Mais aussi les péchés qu'il ne remet point •nbsistent ; les liens qu'il ne rompt pas garrottent

Pâme qui i-este esclave du mal et dans la mort, puisqu'elle est séparée par le péché de Celui qui

SJLINT PIERRE. 871

est la vie. Au souverain pontife et à l'Église dont il est le chef s'applique donc ce que le Sauveur dit de lui-même : J'ouvre eL personne ne ferme j je ferme et personne n'ouvre. {Apoc., III, 7.)

Disams doue aussi du plus profond de notre cœur avec Pierre : Seigneur J^sus, vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, et le Seigneur nous répondra intérieurement : Et toi, qui as foi en moi et qui confesses ma divinité, tu es une pierre vivante dans mon Église, qui contribuera à la consolider. Par ton adhésion à la puissance donnée à Pierre, tu particijjes h l'immutabilité du fondement; ta foi sera inébranlable comme la sienne, et tu éprouveras le bienfait de la puis* sance des clefs, qui t'ouvrira Taccès au trône de Dieu, en te délivrant pour toujours des liens du péché qui en éloigné.

FRATIQtJE.

En toute circonstance et quoi que nous fassions^ soyons toii jours prêts à confesser la divinité de Jésus- Christ, la puissance qu'il a donnéf^ à son vicaire sur la terre, et l'immutabilité de son Église bâtie sur le fondement de Pierre , qui est ici-bas la colonne de la vérité et le dépositaire de la doctrine divine et de tous les moyens du saluL. •

PRIÈRE

0 Dieu , qui en confiant à saint Pierre votre apôtre les clefs du royaume des cieux, luiavez donné la puissance de lier et de délier , faites que par son intercesmon nous soyons délivrés des liens de nos péchés.

Vous qui vivez et régnez, etc.

Mlalik

UIM PAUL

fiPITRB (inx Gtlalat, I, 11-30).

Je vous déclare donc, mes frères, que rËvaagile que je tous ai prédié n'a rien de rbomme, parce que je ne Tai reçu ni appris d'aucun homme, mais parla réTélation de Jésos-Christ. Car vous avez entendu dire de quelle manière j'ai vécu autrefois dans le judaïsme, avec quel acharnement je persécutais TÉglise de Dieu et la ravageais, me signalant dans le judaïsme audessus de beaucoup de ma nation et de mon âge, et ayant un zèle démesuré pour les traditions de mes pères. Mais lorsqu'il a plu à Celui qui m'a choisi dès le sein de ma mère, et m'a . appelé par sa grâce, de me révéler son Fils, afin que je le prêchasse parmi les nations, je l'ai fait aussitôt sans prendre conseil de la chair et du sang; et je ne suis point retourné à Jérasalem rets ceux qui étaient apôtres avant

SAINT PAUL

moi ; mais je suis allé en Arabie» et puis je sais revenu à Damas. Seulement après trois années je suii venu à Jérusalem pour voir Pierre, et je demeurai quinze jours auprès de lui. Mais je ne vis aucun des autres apôtres, sinon Jacques, frère du Seigneur* Je prends Dieu à témoin que je ne mens point en tout ce que je vous écris.

Le nom de saint Pand est davem inséparable

de celui dé saînl PiciTe; ou les confond dans la même solennité et dans la même invocation.

Tous les deux ont contribué à établir la chaire de vérité dans la capitale du monde romain, qui est devenue la capitale du monde chrétien ou de la catholicité, par leur prédication et par Teffosion de leur STng". Leur doctrine est la même, bien qu'ils r&ient appri&e d'une manière différente et en des circonstances divmea. Pierre Ta reçue de Jésus vivant encore sur la terre, et ensuite du Saint-Esprit qu'il a envoyé k ses apùtres. Paul^ qui n'avait point connu le Seigneur pendant sa

vie, l'a vu et entendu après sa mort, (jn:iii<l, renversé sur la route de Damas et aveuglé dans les yeux du corps , il a été illuminé dans son esprit par la lumière du ciel, qui lui a dévoilé les vérités éternelles ei tout ce qui est nécessaire aa salut des

SAINT PAUU 675 .

honimes. C'est pourquoi Paul affirme que FÉvaii* gile qu'il prêche n*a rien d'humain, d'abord parce

qu'il ne Ta reçu d'aucun homme par renseignement, mais directement de Jésu&-Ghrist ; puis, parce qu'ayant été jusqu'au moment de sa conversion persécuteur acharné de l'Eglise de Dieu, il n*y a eu en lui aucune préparation fauauûne à l'apostolat. * Dieu seul, qui l'avait marqué dès le sein de. sa mère, Ta changé tout d'un coup par sa grâce; et lui, répondant aussitôt à Tappel d'en haut, n'a pris conseil ni de la chair ni du sang, et sans être influencé par des considérations mondaines d'intérêt, de gloire ou de plaisir, il s'est livré spontanément et tout entier à TEsprit qui l'avait conquis et auquel il avait une telle foi, qu'il n'a pas senti le besoin de retourner à Jérusalem pour voir et entendre ceux qui étaient apôlres avant lui. Ce fut seulement trois ans après qu'il alla conférer avec Pierre ; et quatorxe ans plus tard il revint à Jérusalem poussé par une. révélation, afin de comparer l'Évangile qu'il prêchait aux gentils avec celui annoncé aux circoncis par les autres apôtres.

C'est ici qu'on retrouve le lien de l'unité, malgré cette indépendance primitive de l'apostolat de saint Paul. Dieu seul l'a instruit sans doute, el 'lui a donne sa mission. Mais après quelques années il va trouver saint Pierre et reste quin^

SAINT PAUL

jours avec lui, et plus lard il retourne dans la. ville sainta auprès des anciens, leur exposant sa doctrine, afin, dit-il, de ne point perdre le fniit de ce que j'avais déjà fait ou devais faire encore dans mon ministère, c'est-à-dire afin de s'assurer qu'il n'avait pas prêché en vain. Ces paroles montrent clairement que Paul reconnaissait la suprématie de Pierre, et Tautorité de TÊglise à laquelle fl va soumettre son enseignement. Suivons donc Texemple de Paul; et pour être de bons catholiques ou des fidèles ministres de la parole de Jésus-Christ y si nous sommes appelés à cet honneur, rapportons au jugement de Pierre et de riSglise tous nos sentiments et nos discours, en ce qui concerne les choses du ciel et le salut des âmes, et eussions-nous des révélations célestes comme lapôtre des gentils, fussions-nous ravis eonune lui an troisième ciel pour y entendue des paroles ineffables, allons toujours auprès de Pierre pour en conférer avec lui, et exposons tout à rÉg^ise pour ne point risquer d'en perdre le fruit et d'avoir travaillé en vain. Telle est la ligne tracée au fidèle disciple de Jésus-Christ; et s'il la suit invariablement et consciencieusement, il a l assurauce de ne point s'écarter de la doctrine du Sauveur en restant uni à son %lise, qui est la colonne de la vérité et le seul moyen de rétablir l uniié parmi les hommes.

SAINT PAUL

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