L'ASSOMPTION
comme les rosiers de Jéricho. Je suis comme un bel olivier dans la campagne/ et comme un plalane planté sur une place au bord des eaux. J'ai répandu une senteur de parfiim comme la cannelle et le baume aromatique, une odeur de suavité comme celle de la myrrhe choisie.
Ces paroles de la Sagesse divine s'appliquent à la sainte Vierge qui en est le type , et la préfigurent parfaitement. Le Créateur de l'univers a parlé aussi à Marie par Tange Gabriel et lui a fait connaître sa volonté, et dès que Marie y eut acquiescé par l*hamble expression de sonoonsentement| Celui qui Ta créce a reposé dans son tabernacle; il Ta couverte de son ombre^ et par l'opération du Saint-Esprit, sans perdre sa vii^nité, elle a conçu rHorame-Dieu dans ses chastes entrailles. Elle a été affermie dans Sion ou dans la nouvelle Jérusalem, dans la cité céleste qui est VÉglise ; et, en effet, comme nous l'avons déjà montré, TEglise, la mère viei^e de tous les cbrétienSi vierge par sa doctrine toujours incorruptible et inaltérée comme sa morale, mère parce qu*elle enfante les ftmes à la vie. éternelle par le baptême, est dans les siècles le représentant de la Vierge sainte, comme celle-ci est le type de la Sagesse divine. £lle a si bien trouvé son repos dans TÉgUse qu'elle en est
devenne inséparable, et toutes les grâces y sont demandées et distribuées parTiiitercession de Marie, qui y subsiste et y subsistera pleine de grâce jus* qû*}^ k consommation des temps. C'est ainsi qn^elle
a établi sa demeure dans l'assemblée des saints.
Jésns dit une fois à l'un de ses apôtres qui youilait voir le Père : Philippe, celui qui voit le Fils voit le Père. (Jean, XIV, 9.) On peut dire aussi en considérant l'humanité de Jésus-Christ unie à sa divinité : Celui qui voit le Fils voit la Mère , et, en effet, le culte de Marie est toujours mêlé dans rÉglise au culte du Sauveur. Elle a toujours un autel non loin de celui du Dieu fait homme, et comme on va au Père par le Fils, on va aussi au Fils par la Mère. C*est ce qui donne à la dévoiion de la sainte Vierge quelque chose Je si luucliaui et de si efficace.
Quelques versets plus bas, après s^étre dépeinte elle-même par les images les plus gracieuses^ par les comparaisons les plus brillantes qui conviennent toutes à la Vierge sainte, la Sagesse, s'élevant au-dessus des métaphores et des analogies, énonce nettement et sans figure ce qui la caractérise surtout : « je suis la Mère du pur amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de ta vérité ; en moi est toute l'espérance de la vie et de la vertu. » Quelles paroles conviennent