‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 15 sur 161 · ËVANGILE SELON SAINT LUC, II · texte numérisé non relu

ËVANGILE SELON SAINT LUC, II

Le huitième jour, auquel Tenfant devailèlre circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, le même nom que Tange lui avait donné avant qu'il eût été conçu.

La féte de la Circoncision de Notre-Seigneni

coïncide avec le premier janvier ou le premier jour de Tan , comme on Tappelle, G est le commencement de Tannée civile , tandis que Tannée ecclésiastique commence avec TAvent, qui ouvre le monde nouveau en préparant la venue du Sauveur* Les païens avaient coutume de célébrer le premier jour de Tannée par des réjouissances qui entraînaient des désordres , et de là est venu ce qu'on appelle encore aujourd'hui les itrennes, qui ne doivent plus être entre les chrétiens que des présents d'amitié ou des dons de charité. £n plusieurs pays, les étrennes se donnent, surtout aux

1. L'épître de cette fôte étant dans le Bomain la même qu'à la messe de miuuit, nous renvoyons à la Méditation de la page 37.

LA GIRCOKGISION,

enfantS; la veille de Noël, et c'est Tenfant Jésus qui les apporte ea venant au monde : coutume aimable et en même temps pleine de sens, puisque les dons les plus excellents sont descendus du ciel avec le Yerhe incarné^ et c'est ou grand bonheur pour Fenfant d*étre pénétré de cette vérité dès l'âge le plus tendre par le spectacle offert à seis yeux en ce jour solennel, et par les impressions à la fois joyeuses et pieuses qu'il en ressent k cause du mystère qu'on lui annonce et des présents qn il reçoit.

Puisque cette fête tombe au premier jour de l'année, profitons du loisir qu'elle nous procure et des moments de prière qu'elle demande pour revenir sur l'année qui vient de finir et considérer celle qui commence. Faisons ime revne «ommdre de la première en ce qui concerne le bien et le mal accomplis j le mal pour le désavouer de nouyeau et prenère la ferme résolution de l'éviter à l'avenir ; le bien, pour en rendre grâce à Dieu et y puiser des motifs d'encouragement. Établissons, ponr ainsi dire, le bilan de notre ftme, la situatioflL de nos affaires spirituelles, pour constater si nous sonunes en perte on en gain dans notre commerce avec le tki. Notre ûdblesse et notre impni* dence nous entraînent k commettre |)resque toujours les mêmes fautes, que mm afiDasons à chaque confession avec la bonne volonté de les

LA GlRGONaSlON.

éviter h Tavenir, mais sans faire dés efforts sérieux pour nous eu corriger. G*est pourquoi il est bon d'en faire une revue générale an moins une fois par an^ au commencement de Tannée ou dans une retraite, pour nous exciter, par la vue de nos mauvaises habitudes et de leurs tristes suites, h. sortir de l'ornière où notre âme se traiue » pour renouveler en nous la vie chrétienne et la pousser en avant.

PR^TIQUS.

Opérons courageusement en nous la cîrconciséen de Tesprit et du cœur, sans laquelle la vie surnaturelle ne peut s'établir ni subsister dans notre âme. Si «haqoe année nous parvemons à retrancher un défaut M un vicei fious ^urrions ei^rer de deveûr jfm^ faits <»>Rime notre Père céleste, ainsi que Notre-Sei* gneur nous y invite. Ce serait la meilleure manière de recommencer Tannée, et le plus beau présent que nous nous fgrions à nous-même.. Ge serait aussi le jplus bel bommage à offrir à Dieu.

PRIÈRE

Mon Dieu, qui par la wiginité féconde de Marie avez accerdé au genre humain les grâces du salut

éternel, faites, nous vous en prions, que nous sentions intercéder pour nous celle par laquelle nous avons reçu Tauleur de la vie, notre Seigneur Jésus- Ghrist, etc.

L£ÇOK TIRÊË DU PKOPH£XK ]SAÏ£| LX, 1-6.

Lève-toi, Jérusalem, reçois la lumière, parce que ta lumière est venue, çtla gloire du Seigneur s'est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre et une nuit sombre enveloppera les peuples. Mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire brillera dans tes murs. Les nations marcheront dans ta lumière et les rois dans la splendeur qui se lèvera sur toi. Lève les yeux et regarde : tous ceux qui sont rassemblés ici viennent pour toi : tes fils viendront de loin, et tes filles se lèveront à tes côtés. Alors tu te verras dans Taffluence; ton cœur admirera, se dilatera, quand la multitude de la mer se tournera vers toi, et que la force des nations t'arrivera. Tu seras inondée par une foule ^de chameaux , par les dromadaires de Madian et d'Épha. Tous viendront de Saba t'apporter de For et de Tencens, et chanter les louanges du Seigneur.

Les paroles d'Isaie sont pleinement accomplies en ce jour, où Celui qui est la lumière étemelle a été mapifesté aux nations par les Magjss représentant la gentilité, comme les bergers représentaient dans la nuit* de Noël et à la crèche de Bethléem le peuple de Dieu. Le prophète dit à Jérusalem : La lumière t'est venue , la gloire du Seigneur s'est levée sur toi, parce qu'en effet depuis le commencement du monde la parole divine a éclairé Israël, et voicî que cette divine parole ou le Verbe-Dieu, après l'avoir instruit en divers temps et de différentes manières par les patriarches, par Moïse et par les prophètes, vient lui parler elle-même directement en la personne du Fils de Dieu fait homme , de Jésus-Christ. Gomme dans l'ancien temps tous ceux qui n'avaient point reçu cette lumière du ciel restaient dans les ténèbres et dans la nuit, en ce qui concerne la destinée de l'homme et son avenir, ces grandes vérités qui dépassent ce monde ne pouvaient être pleinement manifestées que par la science révélée; ainsi aujourd'hui encore après diz-huit siècles de christianisme les esprits qui ne veulent pas la recevoir ou qui la repoussent, tombent dans la mcme obscurité, dans la même incertitude, et recommencent les mêmes erreurs. Les chrétiens infidèles, ou qui ont perdu la foi, sont sous ce rapport dans le même état intellectuel et moral que les

piieHiS qui ne l'avaient pas, avec cette circonstance ag^vute et teirrilale qm'âs ooli mépmé le da I^eu et abusé des grâces reçues.

Mais Fâme éclairée par les rayons de la fûîj, ijU lamioée par réekt du. Verbe }ouit déjà par ïm grâce des prémices de la gloire divine, et elle voit dans cette lumière, aMant que cela est pos* sible icl-baSy ks mystères de la terre* et du eiri. Tout ce que le prophète annonce ici à Jérusalem de soQ empire sur les Bâtions,. <|ui viendcoat lui appcMTter leurs hommages et leure présents des extrémités de la terre^ s'est réalisé dans l'ÊgUse ca^oUquie,^ o& la lumière étenneUe- a posé son. foyer terrestre pour illuminer le m^de entier par l'enseignement et la propagation de rJÊvangile* C'est le phare brillant qui éclaire la majche du. monde et attire toutes les nations dans le port du salut. G*est le bercail du bon Pasteur, où il rassemblera jusqu'à la fin des siècles les brebis dis» persées de tous les côtés ou en d'aatres bergeries, pour qu'elles ne fassent plus qu'un seul troupeau et n'aient plus qu'un pastour. C'est enfin la Jérusalem céleste , décrite avec tant d'éclat dans l'Apocalypse, èém^ la Jérusalem terrestre n'a été qur'uBe préfiguration, comme l'Église niâitante d'aujourd'hui, si magnifique qu elle soit par son: universalité, son autorité, sa sainteté et rinfaiUi** hilké de son enseignement, n'en est encore qu'une

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LE aom m l'épiphani£. T9

ébauche ou un reflet. C'est encore, dans le sens le plu8 restreint, toute âme chrédeime qui plait à

Dieu par sa foi et où il fait ses délices d'habiter ; et nous pouvons lui dire aussi, avec le prophète : Lève-toi 9 ftme fidèle, véritable fille de Sion, la bien-aimée de Tépoux céleste, sa Jérusalem . chérie ; lève-toi et sois illuminée, car ta lumière est venue, et. la gloire d» Dieu s'est lev4e sur toi!

fiVANGÎIiE SELON SAINT MATTHIEU, II, 1-12.

Jésus étant né à Bethléem de Juda au temps du roi Hérode, voici que des Mages vinrent

d'Orient à Jérusalem, demandant : « Ou est le roi des juifs qui vient de naitre? car nous avons vu son étoile en orient, et nous sommes venus Fadorer. » Ge que le roi Hérode ayant entendu, il fui troublé et toute la ville de Jérusalem avec lui. Assemblant tous les pvinces des prêtres et les scribes du peuple, il. s'enquit d'eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : « dans fietbléem de Juda ; car il a été ainsi écrit par le prophète :. a Et toi, Befnléem^ terre de Juda, « tu n'es pas la moindre entre les principales « villes de. Juda, car de toi sortira le chef qui

« conduira mon peuple d'Israël. » Alors Uérode ayant appelé les Mages en secret, les interrogea avec soin sur le temps où l'étoile leur était apparue ; et les envoyant à Bethléem il leur dit : « Allez et informez-vous exactement de cet enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé , faites-lemoi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer. » Après avoir entendu le roi, lesMages partirent, et voilà que Tétoile qu'ils avaient vue en orient allait devant eux, jusqu'à ce que, étant arrivée sur le lieu où était Tenfant, elle s'y arrêta. A la vue de Tétoile ils eurent une grande joie, et entrant dans la maison, ils trouvèrent reniant avec Marie sa mère, et se prosternant ils l'adorèrent, puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de Tor, de Tencens et de la myrrhe. £t ayant reçu en songe l'avertissement de ne point revenir vers Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin.

Il y a deux explications sur la valeur symbolique des présents offerts par les Mages à TËnfant divin dans la crèche. La plus ordinaire est celle qui rapporte l'offrande de l'or à la royauté de

Jësus-Ghrist, celle de Tencens à sa divinité, celle de

la myrrhe à son humanité mortelle. Mais le pape saint Grrégoire en donne une autre {HomU. X, in Evang,) qui semble aussi plausible que la première, et est tout aussi édifiante. L'or, dit-il, désigne la sagesse, aUestarUe Salomone çui ait : Thésaurus desidcrabilis requiescil in ore sapientiSj un trésor précieux repose dans la bouche du sage. (Prov., XXI, SO.) En efifet, les Mages sont les sages de rOrient, qui, au nom de la gentilité, viennent mettre aux pieds de Jésus la science et la sagesse du monde. Ainsi devons-nous faire à leur exemple par la soumission de notre raison à la foi, en subordonnant toute notre science à la parole étemelle, k TÉglise qui Tannonce, et cela non par découragement et une sorte de dépit, de mauvaise grâce, comme ceux qui ne se résignent à croire que parce qu'ils ne peuvent pas savoir; mais avec un amour humble et sincère, comme on offre un don précieux. Et quoi de plus précieux que notre intelligence! quel plus beau sacrifice que celui de notre esprit propre 1

L'encens , qui brûle devant Dieu , exprime la vertu de la prière, suivant le témoignage du psalmiste, qui dit : Dirigatur oratio mea sicut ûicen^ sfum in eonspectu tuOj que ma prière monte comme Tencens en votre présence. {Psalm. GXL, 2.) La prière est Tencens le plus agréable à Dieu, et il

S& ' LS JÛUB m L'ÊPIPHANIË. .

esX écrit dans l'Apocalypse que les anges reçoivent dans des encensoirs d*or les prières des mortels

qui montent vers le ciel, et les présentent au trône Sien. Plus la prière est profonde, dit Bossnet^. plus elle monte haut, et les anges l'aident à monter en leniportant sur leurs ailes, et suppléent par leur ferveur à notre molksse et à notre* dis-* traction. L'encens, ou la prière de noire âme' qui s'exhale davant Dieu avec ^our, lui offre notre bonne volonté par l'expression ardente de notre désir de l'unir entièrement à la sienne.

La myrrhe exprime la mortification de la chair* C'est pourquoi la sainte Église dit de ses ouvriers, qui travaillent pour Dieu jusqu'à la mort : « Mes mains ont distillé la myrrhe... • Per myrrham f>ero ca/mis nostrs^ mortifwatio designatur. Unde sancta Ecclesia de su is operariis ad mortempro Dm ceitUmtiim dmt : Manus mex distillaverunt myr*rham. » C'est Toffrande de notre vie mortelle et de tout ce qui s'y rapporte, soit de notre existence même piur le martyre, s'il faut confesser à ce prix, notre foi en Jésus-Christ ; soit des privations àsupporter dans le corps pour affranchir l'âma du joug de la chair : privations des jouissances phys^* ques par Tabstinence, le jeûna et autres mortifi.-* cations, privatiena dfi nos biens ou d'une padK tio de notre fortune par Taumône et les bonnes œuvres.

PRATIQUE

Allons donc avec les Mages au berceau du Sauveur, lui offrant aussi l'or, l'encens et la myrrhe, c'està-dire notre esprit propre afin qu'il soit remplacé par l'esprit divin, notre propre volonté pour qn*e11e

s'identifie avec la sienne, notre existence toutentière, en sorte que, suivant la parole de saint Paul, ce ne soit plus nous qui vivions, mais Jésos-Chr^ en nous.

0 Dieu, qui en ce jour avez fait connaître et adorer votre nis unique aux gentils, en leur donnant nue nouvelle étoile pour guide^ accord«2-notis par votre bonté que, vons connaissant déjà par la foi, nous arrivions à contempler votre gloire ineffable. Par Jébus- Ghrist, etc.

- LE PREMIER DIHAKGHË APRÈS L'ÉPIPmiE.

fiPITRE (aux Rom. , XII, !-&}. .

Je vous conjure donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hoslie vivante, sainte, agréable à ses yeux, pour lui rendre un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais réformez-vous par le renouvellement de vos sentiments, afin que vous reconnaissiez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Je vous exhorte donc, vous tous, par la grâce qui m'a été donnée, de ne point chercher à savoir plus qu'il ne faut, mais avec sobriété, et chacun selon la mesure de la foi que Dieu lui a départie. Car, comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction, de même en Jésus-Christ nous sommes beaucoup qui ne formons qu'un seul corps, tous étant réciproquement memj)res les uns des autres.

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