PREMIER DBCANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE
On offre son corps k Dieu comme une hostie
vivante^ sainte et agréable, de deux manières : d'abord en le réduisant en servitude (1 Cor.f IX, 27) comme il convient à sa nature, puisque, être sans raison , il ne peut que servir d'instrument à Téire intelligent et libre auquel il est uni. Il n'est donc dans Tordre de sa création, que s'il obéit k toutes les directions de Tâme, comme Tâme à son tour doit se conformer en toutes choses à la volonlé divine, et n'exercer ses facultés que pour la reconnaître et l'accomplir. En second lieu, comme par le péché Tordre providentiel a été bouleversé dans Texistence humaine, ce qui a exalté le corps et ses appétits au-dessus de Tàme qu'il tend à dominer, le chrétien ou la créature nouvelle, réformée ou restaurée, comme dit saint Paul (jRom., XII, 2), dans une nouvelle manière de sentir, doit faire violence au corps et à sa concupiscence, le maintenant sans cesse en bride par la privation, ou amortissant la fougue et Tardeur de ses appétits par la mortification. L'Apôtre nous exhorte ici à gouverner notre corps de ces deux façons, et alors le culte que nous rendons à Dieu sera digne d'un être raisonnable; c'est-à-dire que notre religion, dans ses croyances comme dans ses pratiques, ne sera plus matérielle, sensuelle, dominée par l'imagination et les passions, comme celle des païens et des idolâtres , esclaves