SVANGILB SELON SAINT LUC, II
Lorsque Jésus eut douze ans, ses parents allèrent à Jérusalem selon la coutume de la fête de Pâques. Puis, quand les jours de la solennité furent passés, tandis qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus demeura à Jérusalem sans qu'ils s'en aperçussent. Pensant qu'il était avec quelqu'un de leur compagnie, ils marchèrent pendant un jour et ils le cherchaient parmi leurs parents et leurs connaissances ; et ne le trouvant point, ils retournèrent à Jérusalem pour ry chercher. Or il arriva que trois jours après, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l'entendaient étaientdans Tad* miratioa de sa sagesse et de ses réponses. En le voyant, ils furent saisis d'étonnement, et sa mère lui dit : « Mon Fils, pourquoi en avezvous agi ainsi avec nous? Voici que nous vous cherchions, votre père et moi, dans la plus grande peine. » Il leur répondit : < Pourquoi me cherchiez- vous ? JNe saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé aux choses qui regardent
le service de mon Pèreî » Mais ils ne comprirent point ce qii*ii leur dit; et il s'en alla avec
eux à Nazareth, et il leur était soumis. Or, sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur; et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grftce devant Dieu et devant les hommes.
C'est à râge de douze ans que Jésus commença & enseigner; et ses premiers disciples, ou du
moins ceux qui entendirent les premiers sa parole, furent les docteurs de la loi, qu'il écouta d'abord^ conmie il convenait à son enfance, et qu'il interro* • gea ensuite, en faisant lui-même à ses questions ' des réponses dont la sagesse les remplit d'étonne* ment. C'est le premier »gne de sa mission divine, qui est d'instruire, de guérir et de sauver les ' hommes, pour les réconciher avec le ciel et les ra^ mmer à son Père/Anssi, tout entier à cette fonction sacrée, pour laquelle il s'est fait homme et est descendu sur la terre, Jésus, le Verbe incarné, laisse partir ses parents, nous apprenant déjà, par ce détachement des liens du sang et de Paffection naturelle, que nous devons aimer Dieu par-dessus tout, et ainsi tout quitter, s'il le faut, pour son service. Sa réponse à sa mère confirme cette vérité : « Ne saviez-vous , lui dit-il, que je dois avant tout m'occuper des a&ires de mon Père, c^est-à-
dire das choses da ciel, doat je suie descdodii pour y iaire remonter rhomine dédmT b II déclare doue nettement ici sa divine mission, et comment il doit raccomplir, en travaillant avant tout à procurer le salut des hommes et la gloire de Dieu, sans se laisser arrêter par les affections et les intérêts de la terre. Il enseigne par 1& à tous les chrétiens, en<» fiants ou adultes, comment ils doivent se comporter vis-à-vis de leurs parents et au milieu de la fainille, quand il s'agit du service de Dieu, et il a dit pliifi tard « Gehri qui aime son pènre, sa mère, m femme, sa sœur, etc., plus que moi n'est pas •digne de moi. » (Matth., 37.) C'est pourquoi, quand Dieu appelto une âme en lui inspirant le désir de se donner à lui par les vœux de religion, • afin de Télever à la vie pûfaite, cette àn», comme Jésus enfant dans le temple, doit préférer la parole divine et les vérités éternelles qu'elle enseigne ans jeîss et même aux deveirsde la fEoniUe. £Ue doit aussi rester dans le temple pour y entendre la voix du Fils de Dieu, même quand les siens la cheroheraieni avec inquiétude et la regarderaient comme perdue. Ce qui arrive presque toujours aux parents naturels, même kceux qui ont de la foi, quand leurs enfants veulent les quitter pour Dieu, afin de vivre de h vie des anges dans le sacerdoce ou dans Tétat religieux.
Cependant le service radnsif de Dion et Tappal
àkViikaoXf waqwA oa doit répoadm sons peme de mÊÊUfmt m Youtkm^ mtome cette sépanidon
d'avec les parents, et, sanf quelque?? cas particuexoDère des devoirs qae lafàaùlle imposa, efaffétira diiît répondre alors m soUicitatiiHis de la famille et du monde comme autrefois les apôtres aux. magistrats, qui leur défendaient de parler désormais au nom de Jésus : c Non {Act,y XLI, 20), nous ne pouvons pas. » Jugez vousmêmes s'il ne vau( pas mieux obéir à Dieu qu'aux Jiommes. Mm de là là nature reprend ses droits, s'ils ne sont plus primés par des droits supérieurs, et l'enfant, en tout ce qui ne va point contre la Tolonté de Dieu et seslois^ doit obéir à ses parents. C'est pourquoi il est dit que Jésus retrouvé au milieu des docteurs descendit avec Marie et Joseph^ et retourna à Nazareth , où il leur était soumis. Ici c'est le Fils de l'Homme, le Dieu fait homme et acceptant les conditions de Thumanité avec sa natore, qui se plie aux obligations de là famille et donne k tous l'exemple de robéissauce filiale; tandis que tout à l'heure c'était le Fils de Dieu, la seconde personne de la sainte Trinité, le Verbe divin, qui, rayonnant à travers la forme humaine, répandait la lumière éternelle par ses discours. Aussi est-il écrit qu'il croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Ce qui veut dire quQ la sagesse divine qui était en lui.
({u'il était lui-même^ se maniléstait graduellement par sa parole et par ses actes, à mesure qu'il grandissait et opérait dans le inonde : en sorte que la grâce, dont il était rempli par son union consubstantielle avec son Père, se répandait chaque jour plus abondamment sur les hommes pour les éclairer, les purifier, les délivrer du mal et les rappro« cher de Dîeu.
PRATIQUE
M'oublions pas le soin de notre vie éteroelle au ndlieu des obligations et des soioa de notre existence temporelle dans la famille et dans la société. Les affaires de notre Père céleste et de notre salut sont les plus^ importantes, et doivent passer avant tout; car à quoi nous servirait tout le reste, si nous perdions notre âme.
• PRIÈRE
Nous vous supplions, Seigneur, de recevoir avec bonté les vœux et les demandes de votre peuple, afin quil connaisse ce qu'il doit faire pour vous plaire, el qu'il mettre en pratique ce qu^il aura connu. Par etc.
ÊPITRE (aux Rom., ZII, 6-16).
Comme nous avons regu des dons différents suivant la grâce qui nous a été donnée, que * celui qui a reçu le don de prophétie en use selon la règle de la foi ; que celui qui est appelé au ministère administre ; que celui qui a reçu le don d'enseigner enseigne, d'exhorter exhorte. Que celui qui fait Taumône la fasse avec simplicité; que celui qui est à la téte des autres soit plein de sollicitude; que celui qui fait les œuvres de miséricorde s'en acquitte avec joie. Que votre charité soit sans feinte. Haïssez le mal et attachez-vous au bien, vous chérissant Tun l'autre par une charité fraternelle, vous prévenant mutuellement par des témoignages d'honneur. Que votre zèle ne se relâche point; servez le Seigneur avec ferveur. Soyez joyeux par Tespérance, patients dans les tribulations, persévérants dans la prière, prenant part aux nécessités des saints , pratiquant Thospitalité.
Bénissez ceux qui vous persécutent. Bénissez et ne maudissez point. Réjouissez- vous avec ceux qui se réjouissent et pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez tous un dans un même esprit. N'aspirez point à ce qui est élevé, mais consentez aux choses les plus humbles. Ne soyez point sages a vos. propres yeux.
L'Apôtre nous rappelle ici les devoirs principaux de la vie chrétienne. Il y en a . qui sont propres à thacon oa individuels : ce sont les devoirs d'éttit, déterminés d'un cùlé par une vocation spéciale ou un appel de Dieu à remplir telle fonction, k iaite telle chose en raison de l'aptitods ou des taints qu'il nous a donnés, imposés de l'autre côté par la situation que nous avons acceptée ou que nous nous sommes faite , en sorte que notre responsabilité y est engagée, et que la justice ainsi que noire intérêt bien entendu veulent que nous y £Miions droit. lies autres defoifs éminMi mMÎtê sont généraux ou communs à tous les chrétiens dans toutes les positions de la vie. C'est d'^lMmi la fidélité à servir Dieu avec ferveur, sans paresse d'esprit ou négligence, avec la haine du mal qui loi est contraire, et l'attachement au bien, ou ce qui est conforme à la loi. C'est ensuite la sympathie pour le prochain, se réjoinssfflDit ou pleuiant
APRÈS L*ËPIPHANI£.
a?ee lui, ne lui rendant point le mal poor le mal,
cherchant à le soulager dans ses nécessités on dans ses peines, le prévenant par des témoignages d'honneur et l'aimant d'une charité fraternelle qui ne maudit point, mais Lénit au conlraire ceuiL qui persécutent ^ ce qui est un conseil de per* fection. C'est enfin cé qu'on appelle les devoirs envers soi-même, ou le gouvernement iniérieur de notre personne : à savoir, le zèle à faire ce qui est convenahie, Tespérance qui ne se laisse point abattre par les difficultés ou les obstacles, la patience dans les tribulations, la persévérance dans la prière, la modération dans les sentiments et les désirs, racceptalion des choses les plus humbles et la^défiance de sa propre sagesse,
EVANGILE SSLON SAINT JËÂN, II, Ml.
Trois jours après, il se fit des noces à Gana en Galilée, et la Mère de Jésus y était. Jésus flit aussi invité avec ses disciples* Et le vin venant à manquer, la Mère de Jésus lui dit : « Us n'ont plus de vin. * Jé»islui répondit : « Femme, qu*est-ce que cela fait à vous et à moi! Jdoa heure n'est pas encore venue. » Sa Mère dit aux serviteurs : « faites tout ce qu'il vous dira. * Or, il y avait là six grandes urnes de
96 D£UXIÈM£ DIMANCHE
pierre, pour servir aux purifications eu usage chez les juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : « Emplissez les urnes d'eau; » et ils les emplirent jusqu'en haut. Alors il leur dit : « Puisez maintenant et portezen au maître d'hôtel. a> Et ils lui en portèrent. Quand celui-ci eut goûté de cette eau changée en vin, ne sachant d'où venait ce vin (les serviteurs qui avaient puisé Teau le savaient bien), il appela l'époux et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin, et le moindre après qu'on a beaucoup bu ; mais vous, vous avez gardé le bon jusqu'à cette heure. » Ce fut le premier des miracles de Jésus, qu'il lit à Cana en Galilée, et par là il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
Saint Augustin {tract. 9 in Joan.) remarque
que Jésus, eu assistant aux noces de Cana, confirme par sa présence la légitimité du mariage, qu'il a élevé ensuite à la dignité de sacrement, en y attachant des grâces spéciales pour en accomplir les devoirs, en supporter les charges, en éviter les dangers. Son premier miracle, qu*il opéra en celte circonstance à la prière de sa mère, nous moutre la sollicitude si indulgente de Marie pour
^ APRÈIS L'i^PIPHANlE. 97
ceux qui manquent, et de Fautre ea douce influence sur le cœur de son divin Fis. Si elle a intercédé pour les gens de Gana^ même sans qu'ils raient demandé et pour un si faible besoin, que ne devons-nous pas espérer de sa maternelle intervention pour nos ceuvres et nos nécessités de. tous les jours, nous qui avons le bonheur d'être ses enfants, puisque le baptême nous Ta donnée pour mère spirituelle en nouB rendant les frères de Jésus-Christ? Avec quelle confiance ne devonsnous pas invoquer dans nos peines celle qui prend si charitablement l'initiative de la supplication en faveur des hommes, même pour leur procurer, comme à Cana, un surcroît de joie. La preuve de la puissance de son influence maternelle est dans la réponse du Sauveur et dans ce qui la suit. Il semble dire que la circonstance ne vaut pas un miracle, • et qu'il importe peu à elle et à lui que les gens de la noce aient du vin ou n'en n'aient plus. Ce qui est le sens le plus naturel de cette parole qui a tant tourmenté les commentateurs : Mulier quid mihi et HH est? Fenune, qu'est-ce que cela fait à vous et à moi? » Il ajoute que son heure n'est pas encore venue, c'est-à*dir6 qu'il n'est pas. encore temps, à cause des circonstances et des hommes, de manifester sa divinité par des miracles. Et cependant Marie, sans se décourager^ sûre de son amour pour elle, dit avec confiance aux serviteurs :
d8 l^UXIÈME DIMANCHE
« Faites tout ce qu'il vous dira. » Et son fils fait M eflet-ce qu'ellp désire, et uniquement, on n'en peut douter, pour lui être agréable, puisqu'il lui avait donné les raisons de ne pas le faire. Dans la même contiance la sainte Vierge nous dit donc . «assifliiMms, enprésencede son dim fils: «Faites tout ce qu'il vous dira, » certaine qu'elle est que si nous accomplissons exactement la parole de Jésus* Cilirist et tottt ce qu'il neus commande (m nottt conseille, notre fidélité excitera sa puissance, qui opérera aussi des miracles en notre faveur et répandra ses grâces tsar nous et les ndCres. Enfin qui ne serait frappé du rapport admirable de ce premier miracle de Jésus^ qui change l'eau en vin po«r nourrir physiquement les Itommes, stvee son
dernier miracle, qui change le pain en son corps et le vin en son sang pour les soutenir spirituelle- , meat {wr le Térilable aliment de rétemefle vie. La mtme puissance éclate des deux côtés; car il y a dans l'un et Tautre miracle mutation de substance oa transsabslantîetîon, et celui-^là seul qui a créé la substance par sa parole peut aussi en changer la nature. Or^ assurément c'est une plus grande «ivre de foimer une substance de rien
que de faire qu'une substance déjà formée en dévieane une autre, et il n'est pas raisonnable de nier la tamssabstantiation dans Tencharistie ,
quand on admet sans difficulté la création ex nihilo
comme principe des êtres spirituels et matériels du monde»
PRATIQUE
Adressons-nous avec confiance à la sainte Vierge pour obtenir par son intercessioa ce qui nams est né« . cessaire, utile, ou même agréable ; car elle a une immense influ^iMse d'amour sur le coeur de son divin fils. Toutefois n'espérons être exaucés par la bonté de la mère etpar Ja puissance du fils, que si nous sommes bien décidas à faire, quoiqu^il nous en coù^j toaX ce qu'il n^us dixa*
0 mon aimable Jésus, puissé-je en vous reconnaissant pour mon sauveur et mon Dieu vous aimer tous les jours davantage, afin que votre amour, apsès avoir été ici-bas ma seule joie véritable , me &8se jouir éternellement de vous dans le ciel.