HTMNB DES PREMIÈRES VÊPRES
« Jésus, doux souvenir, vraie joie du cœur, sa présence est plus douce que le miel et toutes les douceurs.
a U n'y a point de chant plus suave, de parole plus agréable, de pensée plus douce que le nom de Jésus, le Fils de Dieu.
« Jésus, l'espérance des repentis, si affable à ceux qui vous prient , si bon à ceux qui vous cherchent, àh I qu'êtes-vous donc pour ceux qui vous trouvenîl^
« La langue ne peut dire ni l'écriture exprimer ce que c'est qu'aimer Jésus 1 II faut réprouver pour le croire.
« Soyez, ô Jésus, notre joie, vous qui devez être notre récompense, et que notre gloire soit en vous dans tous les siècles. »
Digiiizuu Uy
IMâlËMË DIMAl^GHË APKÈS LÉPiPUANIE*
£PITRE (aux Rom. , XIX, 16-21).
Soyez unis dans les mêmes sentiments. Ne recherchez point ce qui est élevé, mais accommodez-vous de ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. Ne rendez à personne le mal pour le bien. Ayez soin de faire le bien non-seulement devant Dieu, mais aussi devant tous les hommes. Vivez en paix, si cela se peut et autant qu'il est en vous, avec tout le monde. Ne vous vengez point vous-mêmes, mes chers frères, mais laissez la place à la colère divine, car il est écrit : C'est à moi qu'appartient la vengeance, et je Texécuteral, dit le Seigneur (Deul., XXXII, 35). Au contraire, si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger; s'il a soif» donnez-lui à boire; car en agissant de la sorte, vous amasserez des charbons ardents sur sa téte. Ne vous laissez point vaincre par le mal, mais tâchez de vaincre le mal par le bien.
L'Apôtre indique ici les caractères princ ipauxe oj^osés qui distinguent Tesprit de Dieu et l'esprit du monde, le vrai chrétien et le mo&dain. Gel«i-ef est plein de lui-même, et lorsqu'il s'en défend avec les apparences de la modestie^ au fond, il se croit plus sage ou plus capable que tous ceux qui renlouient. Celui-là, au contraire, ne se compare & personne, ou s'estime inférieur à tous d'une manière ou de Tautre, se regardant comme rien on peu de chose devant Dieu : ce qui constitue Thu^ milité. L'homme du monde ne veut souffrir au« eune injustice ou ce qu'il prend pour tel, et le meil'leur, s'efforçant de rendre le bien pour le bien, se croit aussi en droit de rendre le mal pour le mal ; car c'est la stricte équité, la loi du talion, expression de la loi naturelle, œil pour œil, dent pour dent. Aussi est-il ardent à la vengeance quand il ae croit lésé ou insulté , et il ne veut en laisser le soin ni à la société ni à Dieu. De là le duel et les Fesseatiments de lamille, qui se propagent k travers les générations. Le chrétien animé par la parole et rexeuiple de son divin maître, est toujours prêt à pardonner les offenses, comme il désire que Ken lui pardonne les siennes. Plur la force, que la grâce inspire à sa volonté, il domine la colère et l'orgueil blessé, et le comble de sa vertu est d'imiter Jésus-Christ en fiEdsant du iMen à ceux qui lui font du mal, en priant pour ceux
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qui le haïssent ou le persécutent. Il ne cherche point à se venger lui-même, et remet sa cause confimce entre les mains de Dieu, Le mon* dain, quand il fait du bien, ce qui lui arrive quelquefois, veut que les hommes en soient témoins on it sachent, ftfiîi qu'U en ait le mérite, la gloire on le profit. Il ne le fait point devant Dieu ou en vue de Dieu, et c'est pourquoi sa bienfaisance n'est point de la ekarM. D'un antre côté, l'Évangile rc- ■dommande aussi au disciple Je Jésus-Christ de ne point accomplir le bien seulement devant Dieu^ nuds «assi éefvaût -les hommes , pour les édifier
et les animer par l'exemple . La lumière ne doit pas être mise sous le boisseau^ mais sur un chandelier, ponr tin'elle éefaôre au loin. Ce qni nous apprend encore que dans sa conduite il ne faut pomt se confîer uniquement en ses bonnes in« tentions que Dieu voit, mais qui, n'étant point reconnues par les hommes, peuvent les scandaliser par les apparences du mal. L'homme de Dieu ^âierebe ««mi la paix en teut et partout , tâchant d'apaiser, de rapprocher, d'accorder, d'unir, ce qui n'est pas facile au milieu du mal et de ses partisans. C'estpourquoi l'Apôtre ajoute, si cela se peut et autant qu'il est en vous. L'iiomme du monde, au contraire, est toujours prêt à entrer en guerre, à batailler dans Tintérôt de sa fortune, de sa vanité ou de son plaisir. H regarde comme eu-
nemi tout ce qui Tempéche de se satisfaire ou veut partager sa jouissance, en sorte que la société est une arène, où les passions et les amonrfr>propre8 sont toujours aux prises et l'état social un état de guerre. Enfin , le mondain se décourage vite dans sa lutte contre le mal , s'il est obligé de l'entre* prendre on de Paccepter, et il se résigne facilement à pactiser avec lui et à en prendre sa part, quand il ne peut rempècher de prévaloir. Le cbrétien ne faillit point dans ce combat qui se renouvelle chaque jour; il travaille sans cesse à vaincre le mal par le bien au prix de ses souffrancei* à Texemple de son mattre , qui a brisé la puissance de Satan par la vertu de la croix, et dont la passion a fait le triomphe. Sa victoire sera donc aussi dans la pa-« tience, et il absorbera en lui l'iniquité et ses effets pour la détruire.