DE NOTR£ SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
Nous lisons dans saint Chrysostome : « Le Christ^ en mosAêXki au ciel, a o£fert au Père les prémices de notre nature, laquelle ne s'est arrêtée dans son élévation qu'au trône de Dieu, ne pouvant monter plus haut. » Et saint Léon, dans son sermon sur TAscension: « (Tétait vraiment une grande et ineffable cause de joie que, en présence de la multitude des saints, la nature humaine montât au« doBSus do la dignité de tontes les créatures célestes, dépassant les ordres des anges, élevée au-dessus des archanges, et ne devant trouver de terme aux sublimités de son avancement que le trftne même du Père éternel, associée sur ce trône à la gloire de Celui dont elle partageait la nature dims le Ris. »
Or , par le baptême tous les chrétiens sont devenus les membres de cette humanité glorieuse dont Jésus-Christ est le chef, et, comme dit un Père de TÉglise, là où a passé la tête, les membres doivent suivre. H y a donc quelque chose qui nous attire on haut, suivant la parole du Sauveur qui peut être aussi interprétée en ce sens: « Quand j'aurai été élevé au-dessus de la terre, j'attirerai tout à moi. » (Jean, XII, 32.) C'est pourquoi le chrétien, qui a la conscience de sa foi et de sa vocation, sent le besoin d'une ascension continue, d'un avancement incessant vers un idéal de perfection, en un mot d'un progrès indéfini, et l'Évan-
gfle, qui doit le mener à sa fin dernière, est émi-*
nemment la doctrine du perfectionoement et du progrès véritable; car elle le rend plus éclairé, meilleur et par là pins heureux. Quelle science a plus illuminé le monde que l'Évangile? Il lui a révélé les vérités éternelles qui dépassent la compréhension delà raison. humaine. Il a fait passer l'esprit humain des ténèbres de la terre à Tadmirâhle lumière du ciel, qu'il nous pousse sans cesse à chercher, en nous disant : < Vous êtes les enfants de la lumière, vous êtes la lumière du monde. » (1 Thsss.^ ô.) Rejetez donc les œuvres de ténèbres (Aom., Xm, 12), et, pour prix de nos efforts, il nous propose la vision pleine et bienheureuse de la vérité, la contemplation de Celui qui est la lumière même. < Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. » (Matth., V, 8.)
Mais la science n'est qu'un moyen pour avancer dans le bien. Jésus-Christ ne nous éclaire par sa parole que pour nous rendre meilleurs, et c'est la perfectiun même de Dieu qu'il propose h notre bonne volonté. « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Matth., V, 48.) Et en faisant d'abord lui-même ce qu'il enseignait, il nous en a donné à la fois le précepte et l'exemple.
Tel est le but et la voie du progrès véritable et par conséquent du vrai bonheur. Car l'homme ne