DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
peut être heureux que s'il marche daus sa voie et vers sa destination. Le point de départ de ce progrès est la foi en la parole de Dieu proposée par rÉglise; son terme est l'union avec Dieu par Jésus-Christ et en Jésus-Christ avec tous nos frères^ et dans cette union commencée ici-bas par la grâce et qui sera consommée au ciel dans la gloire, la participation à la perfection et à la félicité de la nature divine. Entré ces deux points extrêmes eti le chemin de l'existence actuelle, que Jésus nous a frayé par sa vie sur la terre, et où il marche devant nous, nous engageant par sa parole et son exemple à le suivre, à cumbattre et à souffrir avec lui du berceau à la tombe, de la crèche au Golgotha, pour y monrir avec lui, mais aussi pour ressusciter et remonter au ciel comme lui.
ÉVANGILE SELON SàlNT MàRC, XYI^ 14-30.
Jésus apparut aux onze apôtres, pendant qu'ils étaient à table , et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru à ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : Allez dans tout l'univers, prêchez l'évangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé; .
niais celui qui ne croira point sera condamné. Toici les miraclesi qui accompagoeroat ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons; ils parleront de nouveUes langues ; ils manieront les serpents et s'fls boivent quelque breuvage mortel y il ne leur fera point de mal. Ils Imposeront les mains sur les malades et ils seront guéris. Après leur avoir amn parlé, le Seigneur Jésus s'éleva au ciel où il est assis à la droite de Dieu. Pour eux, ils allèrent prêciier ea tout lieu , avec la coopération du Seigneur, qui confirmait leur parole par des Jiuracles.
« Par toute créature, dit la pape saint Grégoire
dans son liomL'lie viDgt-neuVième sur cet évangile, il faut entendre tous les hommes, et non pas les êtres qui n'ont pas de sentiment ni les animaux sans raison. L'homme, en effet, a de commun avec les minéraux Téire, avec les végétaux la vie, avec les anâmauK la sensation, l'inteUigence avec les anges. Si donc il a quelque chose de commun avec toutes les créatures, on peut en un certain sens l'appeler la créature universelle, et ainsi ?f>angile prêché àTlioniLLie seul est prêché en s» personne à tous les êtres.
DE NOTEIE aEBaODIl JÏSUS-GHRIST. 3aS
«tCMoiqiii croira et qnism baptisé Masanvil
Oni, dit le saint docteur, s'il soutient sa foi par ses œuvres 1 Car la vraie foi est celle qui ne con^ tredit point par les actes ee qu'elle affirme par des paroles. C'est pourquoi saint Paul dit des fans cf Géants, qu'ik ment Dieu par leurs actions tout en le eonlessaat de bûuche, et saint Jean : a Celui qui alfirme connaître Dieu, et qui ne « ^arde point ses commandements, est un mea^ « teicr. » (r Jean, II, 4.)
La foi donne le pouvoir de faire des mirades, mais elle peut exister sans cette puissmeë. Les nûf aeles ont été nécessaires dans les commencements de l'Eglise, pour en affermir les fondements en augmentant la multitude des croyants y comme quand on plante un jeune arbre il faut l'arroser souvent, jusqu'à ce qu'il ait pris racine en terre, et alors Tarrosement devient iu'» utile. D'ailleurs il y a plusieurs sortes de miracles, et rÉglise fait tous les jours spirituellement ce •qu'elle faisait physiquement par les premiers dis-> ciples. Les prêtres chassent encore les esprits malins par les exorcismes, et aussi par Taction de la parole de Dieu sur les fimes, qu'ils empêchent de succomber à la tentation. Les fidèles, qui abandonnent l'esprit et le langage du monde, pour parler la langue de r%lise, répandre sa parole et famer Jésus-Christ leur rédempteur, ne par-
lent- ils point aussi des langues nouvelles? Ceux qui par leurs pieuses exhortaticms ôtent la malice des
cœurs, n'est-ce pas des serpents qu'ils manient, sans en être blessés, et s'ils entendent de mauvais conseils sans les suivre , n'est-ce pas des poisons
qu'ils boivent et qui do leur font aucun mal? Toutes les fois qu'on voit son prochain s'affaiblir dans le bien , et que par des avis salutaires et de bons exemples on soutient et fortifie la vie morale qui défaille, on impose les uxaius sur des malades pour les guérir. L'Église opère chaque jour toutes ces choses d'une manière surnaturelle et ainsi miraculeuse par la main de ses ministres au moyen des sacrements» £lle fait de nouvelles créa* turcs par le baptême, elle les nourrit du pain des anges ; elle les remplit des dons du Samt-Esprit; elle les guérit, quand elles sont malades; elle les ressuscite, quand elles sont mortes; elle fait entendre les sourds, voir les aveugles^ marcher les boiteux et les paralytiques 1 £t ces miracles sont d'autant plus grands, qu'ils sout spirituels, et que ce ne sont plus des corps mais des âmes qui en profitent.
Saint Grégoire dans cette morne homélie distingue Tascension de Jésus -Christ de celles d'Henoch et d'Élie. U y a, dit--il , deux sortes de deux, le ciel aérien ou athmosphérique et le ciel élhéré. Le premier est tout près de la terre et
DE NQTAË*SEI6N£UR JÉSUS-CHRIST. 3â^5
c^est pourquoi on dit Us oiseux du del^ parée qu'ils volent dans Tatmosphère. C'est dans ce eiel
qu'JÉlie a été enlevé, pour être conduit promptement dans une région secrète de la terre, ob il devait vivre avec un grand repos de corps et d'esprit, jusqu'à ce qu'il revienne à la fin du monde pour payer sa dette à la mort. U a donc tardé de mourir, mais il n'a pas éehappé à la mort.
Le Rédempteur, au contraire, na pas seulement fait recpler la mort, il Ta vaincue, il Ta détruite en ressuscitant , et il a manifesté par son ascension la gloire de sa résurrection. Il faut remarquer en outre qu'Éiie a été enlevé dans un char, pour montrer que celti qui notait qu\in homme avait besoin d'un secours étranger. Ce secours lui a été donné, par les anges, parce que n'étant qu'un homme, il ne pouvait par lui-même s'élever dans l'atmosphère , retenu à terre par la pesanteur et l'infirmité de sa nature. Mais le Rédempteur n'a eu besoin ni du char ni des anges, parce que Celui qui a tout fait , était élevé audessus de toutes choses par sa propre vertu.
Comme Joseph , vendu par ses frères, a été le symbole de la vente du Sauveur, ainsi la translation d'Hénoch et l'enlèvement d'Élie au ciel aérien ont préfiguré l'ascension de Jésus- Christ. • Us en sont les prophètes et les témoins, l'un avant la loi , Tautre sous la loi , jusqu'à oe que vienne