‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 66 sur 161 · LA F£T£ DU TRÈS-SAINT SAGR£M£NT · texte numérisé non relu

LA F£T£ DU TRÈS-SAINT SAGR£M£NT

avec l'abnégation de soi jusqu'au sacrifice de sa vie. C'est powqaoi tontes ces ?ertiis, dont l'ombre

on le reflet peut se retronvef ailleurs, ne brillent de leur véritable éclat que dans TÉglise catholique. Car ceux qui nient la présence réelle dans le

saint sacrement du Dieu fait homme, séparés par leur incroyance de la source de la vie divine, comme la branché rompue cesse de participer à la

séve du tronc, n'ont plus où puiser la force surnatureUe pour les pratiquer.

PRATIQUE

Allons au banquet céleste le plus souvent qu^il nous sera possible ; car là se trouve la véritable nourriture» qui donne k T&me Téternelle vie.

PRIÈRE

0 Dieu, qui nom ayes laissé dans un sacrement

admirable la mémoire de votre passion, accordes-

nous de révérer tellement les mystères sacrés de votre corps et de votre sang", que nous ressentions sans cesse dans nos âmes le fruit de la Rédemption que TOUS avez accomplie, vous qui étant Dieu, vivez et régnez, etc.

LB fi£UXlËMË DIMANCHE ÂPAÈS U PENIÏSCÛIË

DAKS L'OCTÀYE B0 BAINT 8AGRB1I8KT.

fiPlTRE (1 Jean, m, 13-18).

Me vous étonnez pas^ mes frères, si le inonde TOUS hait. Nous, nous reconnaissons à notre amour pour nos frères^ que nous sommes passés de la mort à la yie. Celui qui n'aime point demeure dans la mort; Tout homme qui hait son frère est homicide, et vous savez que nul homicide n'a la vie éternelle en lui. €e qui nous a fait reconnaître rameur de Dieu, c'est qu'il a donné sa vie pour nous. Et nous aussi nous devons donner noire vie pour nos frères. Gomment un homme qui possède les biens de ce monde et qui, voyant sou frère dans le besoin, lui ferme son cœur, aurait-il en lui l'amour de Dieu ? Mes petits enfants, n'aimons point de bouche ni en paroles, mais en oeime et en vérité.

L'Apotre fait ressortir ici là dÈférence essentielle

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de la vie mondaine et de la vie chrétienne ; c'eet la

différence de la haine à Tamour. Le monde hait tout ce qui le gêne ou le contrarie, tout ce qui l'empêche d'arriver à ses fins, on le blâme dans ses vices. Or, le chrétien le gêne singulièrement en refusant de participer à ses injustices, en les com* battant par sa droiture, en les condamnant par son exemple. Il ne doit donc pas être iuirpris que le monde le haïsse, et ce serait un malheur pour lui d'avoir son affection ; car, suivant la parole.de Jé* sus-Christ (Jean, XV, 19;, il n'aime que ce qui lui ressemble. Il faut donc s'attendre à son animadversion, quand on ne vent plus suivre ses maximes ni se conduire par son esprit; et s'en plaindre ou s'en étonner, c'est une preuve qu'on n'en est pas encore détaché, an moins par le cœur, et qn'on voudrait servir les deux maîtres à la fois. Le vrai chrétien, au contraire, ne hait personne, pas même son ennemi ou ceux qui lui font du mal. Quand il n'a point de sympathie pour eux, ce qui est instinctif et ne dépend point de sa volonté, il s'intéresse à leur véritable bien^ il est prêt à tout faire pour le salut de leur âme. Là est vraiment la charité, qui consiste à ai^r notre frère comme Dieu nous aime tous, c'e8t-à*dire avec prévenance, sans motif d intérêt, et uniquement pour le bien de celui qui en est l'objet. Le véritable amour, ou la charité, se reconnaît donc an sacrifice; et il acquiert sa plé*

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nitude ou sa perfection par le dévouement de soimême aux autres, ou par l'in^molation du moi, à l'exemple de Jésus-Ghrist, qui s'est fait volontairement victime pour expier les péchés des hommes. G est pourquoi, si nous voulons devenir parfaits, comme le Père céleste est parfait, comme Jésus- Christ est parfait, nous devons donner notre vie pour nos frères, comme le Père a donné son Fils imiqae pour noas saaver, comme le Fils a donné sa vie pour nous racheter. Que si nous n'avous point l'occasion ou la force de pratiquer la charité k ee point, si notre vie ne nous est pas demandée pour le bien des autres, ce à quoi, en effet, tous ne sont pas appelés ici-bas, au moins, dit TApôtre, donnons de nos biens, de tout ce qui nous appartient, et le plus que nous pouvons, pour secourir nos frères dans le besoin. L'amour que nous avons pour eux, et sans lequel nous ne pouvons être sauvés, puisque celui qui n'aime point est dans la mort, se mesure à ce que nous abandonnons pour les aider ; et ainsi nous serons d'au* tant plus vivants de la vie divine, que nous participerons davantage à la charité de Jésus-Christ, dont l'immolation pour les hommes a été sans Hmites. Youlez-voiis connaître si vous aimez réellement vos frères, dit saint Jérôme, si vous avez cette charité chrétienne qui nous est tant recomr maudée ? Voyez si vous êtes disposé à exposer votre

vie pour leur salut, comme Jésus a donné la sienne peur noHS nMîheter. Voyez au moins, ajoateransnoi», si TOUS êtes capable de sacrifier une partie de votre fortune, de votre temps, de vos peines au soolagenieiit des autres, ou à leur procurer ce qui leur est vraiment utile ; car il n'y a personne qui ne puisse faire quelque sacrifice à cet égard. Ceuxlà sont donc coupables qui ne donnent pas même aux pauvres une partie de leur superflu, et ils sont très-malheureux au milieu de leur bonlieur du inonde; car ils sont dans la mort s'ils n'aiment point leurs frères , et ils n'aiment point Dieu, puisqu'ils n'aiment point les hommes. Ne participant pas à la charité ni au sacrifice du SauveuTy ils n'auront point de part non plus aux bienfaits de la Rédemption. Dieu les abandonnera comme ils ont délaissé leurs frères , et ils resteront dans la mort, parce qu'ils n'ont pas voulu passer de la mort à la vie par Tamour.

£YANGILE SELON SÂIKT LUC, XIY, 16-24.

Jésus étant à table chez l'un des principaux pharisiens dit : Un homme prépara un grand repas y auquel il invita beaucoup de monde, et, k l'heure marquée, il envoya son serviteur avertir les invités de venir ^ parce que tout était

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prêt. Mais tous se mirent à s'excuser. Le premier lui du : J'ai acheté nne campagne, et il faut qae j'aille la voir> je vous prie de m'e^a^cuser. Le second dit : ytà acheté cinq patres de bœufs, et je m'en vais les essayer^ je vous prie de m'ex« ' cuser. Un autre dit : Je viens de me marier, et ainsi je ne pui» y aller. Le senriteijr étant re* venu rapporta ces paroles à son maître. Alors le père de famille irrité dit à son serviteur : Allez sur-le-champ sur les places et dans les rues de la ville, et amenez ici les pauvres, les inUrmes^ les aveugles et les boiteux. Seigneur^ dit le serviteur, ce que vous avez ordonné est fait, et il y a encore de la place. Alors le maître lui dit : Allez dans les chemins et le long des haies, et forcez les gens d'entrer, afm que ma maison se remplisse ; car je vous déclare qu'aucun de ceux que j'avais invités qe prendra part à mon festin*

Le repas préparé à grands frais pour plusieurs invités est le banquet sacré où est servi aux convives te pain descendu du ciel, la véritable nonrri*»

ture qui procure la vie éternelle k ceux qui la

mangent. Les premiers invités étaient les enfants

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d'Israël ou le peuple choisi qui avait été formé . et conservé par Dieu au moyen de tant de merveilles, parce que du sein de cette nation devait sortir le Messie, le libérateur, Celui qui devait racheter le genre humain au prix de son sang. ,(7est pourquoi quand tout a été prêt pour opérer le salut du monde, après toutes les prophéties, qui étaient des invitations répétées à prendre part à l'œuvre diviue, le maître du ciel ou le Père de famille a envoyé ses serviteurs, c'est-à-dire ses apôtres pour appeler les convives au festin préparé^ et annoncé depuis le commencement du monde. Jésus a dit, en efl'et, qu'il était venu d'abord pour les enfants dlsraêl, et les apôtçes ne se sont tour-* nés vers les nations que parce que les jnî^s ont refusé de les écouter et repoussé la grâce de leur appel. Pourquoi? parce que, aveuglés par le sens charnel et les yeux de l'âme couverts d'un voile, ils n'ont reconnu ni Thote divin ui ses serviteurs. Ils aimèrent mieux cultiver leurs terres , soigner leurs animaux et s'établir d'une manière quel- . conque dans le monde, que de quitter tout cela pour le banquet céleste où ils étaient conviés. D'ailleurs, n'estimant les choses que par Tapparence, ils méprisèrent Thumilité et la faiblesse extérieure de Jésus, qui ne fut à leurs yeux que le fils d'un ouvrier, remarquable sans doute par sa parole et par ses œuvres, mais ne répondant

APRÈS lA P£NTfiGOT£;, 377

nuUeinent à Tidée qu'ils s'étaient fonoëe dû Mefr* sie, qui devait être un grand roi, capable de les délivrer du joug des nations et de les rendre par ses conquêtes les maîtres du monde. Ils ne voulurent donc point suivre le Fils de Dieu fait homme, et bien qu'appelés k plusieurs reprises par ses envoyésy ils dédaignèrent son festin.

Mais cette parabole peut aussi s'appliquer aux chréliens, parmi lesquels un si grand nombre négligent le pain du ciel qui leur est ofiert pour celui de la terre ou les joies qu'elle peut donner. Combien y a-t-il de chrétieDs fidèles s'approchant fréquemment du banquet sacré , et qu'est-ce que ce nombre auprès de la multitude qui s'en tient éloignée en le méprisant? Et pourquoi cette négligence ou ce dédain? Hélas l comme chez les juifs^ c'est la prédominance du sens charnel qui en est la cause j c'est Tesprit du monde qui empêche de répondre à Tappel de Dieu. On n'a pas le temps de s'occuper des choses du ciel, tant on est absorbé par celles de la terre. Ce sont aussi des champs qu'on vient d'acheter, des chevaux de luxe ou des animaux de trait à essayer; c'est un mariage à négocier ou à conclure, un .établissement quelconque à former, des affaires à soigner, de l'argent à gagner, des plaisirs de toute sorte k se procurer. Bref, comme 1 indique l'évangile de ce jour, ce sont surtout ceux qui possèdent quelque chose et

qu'on appelle les heureux du «ècle, qui refusent rinvitation du maitre du ciel, justement parce que^ es raison de leur richesse et des affaires qu'elle

entraîne, fls n'ont ni le goût ni le loisir de s'occuper de celles du ciel. Aussi le maitre, indigné de leur refus , enroie ehereher pour les remplacer les pauvres, les infirmes, et tous Ic.^ nialheureux de la terre. II en remplit sa maison et leur fait servir son festin avec toute son abondance, comme autrefois les grâces de l'Évangile ont été pour les gentils au défaut des juifs dédaigneux et ingrats. C'est pourquoi le Sauveur a dit : Beati pauperet (Matth., V, 3), heureux les pauvres, en ce sens surtout que leur âme , n'étant point fascinée et possédée par les trésors de la terre, peut s'ouvrir plus facilement à la vertu de la parole c('Ieste et concevoir le désir des biens étemels. sont aussi exposés à moins de tentations, et, souffrant ici-baspar la privation des joies de ce inonde, s'ils savent porter patiemment cette souffrance, acceptant leur triste fortune avec résignation et sans murmure , ils méritent d'en être dédommagés ailleurs par la justice divine, tandis que les riches ont leur paradis ici-bas. Pauperes evangelizantur (Luc, YII, 22), la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, ç'a été un des signes de Tavénement du Messie, ainsi que la guérison des aveugles, des sourds, de» muets, des boiteux, des paralytiques, de tous ceux^

en un mot, qui sont appelés dans Fëvangile de ce jour à s'asseoir au banquet sacré, à l'exclusion des premieis invités^ qui oui préféré les biess de la

tene à ceux du ciel.

PRATIQUE

Si nous voulons être vraiment charitables, ne nous tenons pas à des paroles gracieuses, h des protestations obligeantes, à des offres de service, ce qui est l'ordinaire de la politesse du monde; mais aimons en ceiM^fe et en vérité^ c'est-à-dire ouvrons notre bourse, éktfgieeoiis noire table , prôtons noe bras, nos fortes, notre esprit, notre cœur pour aider ceux qui en ont besoin.

PBliRE.

Faites; Seigneur, que nous ressentions toujours une crainte respectueuse et un amour ardent pour votre saint nom, puisque votre providence n'abandonne jamais ceux que vous avez établis dans votre amour; par mtre Seigneur Jésus-Christ, etc.

U FETE DU BAGRÉ-GŒDE DE JÉSUS

l.E VENDREDI APRÈS l'OGTAVE DU SAINT SACREMENT.

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