V« DIMANCHE APRÈS LA P£NT£GOT
«oyez» point troublés ; mais ayez soia de sano
tiûer dans vos cœurs le Seigneur Jésus-Christ
L'Apôtre nous indique le moyen le plus efficace d'exercer la charité et de conserver la paix du
cœur, ce qui tourne à la fois au Lit a des autres et au notre, c'est de nous attacher à ne point rendre le mal pour le mal, outrage pour outrage , à ne point maudire ceux qui nous maudissent; mais au contraire à les bénir et à leur faire du bien, autant qu'il dépend de nous* Cette vertu, qui est propre au christianisme , ne peut être comprise et pratiquée qu'au moyen de la grâce de Jésus- Christ, qui, élevant l'homme au-dessus de lui-même par la force surnaturelle qu'elle lui communique, le rend capable noiv-seulement de retenir rinstiiict de la défense naturelle et le ressentiment spontané de Tinjure, mais d*arrêter encore le sen- • timent de la justice, qui tend k infliger au mal le ch&tixBent mérité et en proportion du tort qu'il a causé. La loi du talion est l'expression de la stricte équité, ceil pour c^l, dent pour dent, sarig pour sang. C'est pourquoi saint Paul dit que la loi de justice ne peut pas sauver et ne mené rien à la perfection, (^e6., Vil, 19.) Car si Dieu dans sa colère bien légitime l'avait appliquée à Thumanité coupable après sa chute, elle jjérissait à jamais sans p^voir retrouver par elle-même la vie perdue»
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Aussi la miséricorde Ta emporté sur la justice (Osée, yi, 6.)> bien que la justice ait été accomplie par rimmolation de la victime divine, qui s'est voloutairexueut substituée en uotre pkce et a souffert pour BOUS. Mais son immense amour pour les hommes, sa charité a porté le Fils de Dieu à se dépouiller pour ainsi dire de sa gloire en revêtant la nature et la forme de l'homme; à vivra parmi noua pour nous instruire et nous guérir, et enfin à y mourir sur la croix pour nous racheter. Il nous a donc rendu le bien pour le mal, puisque nous avions été rebelles et ingrats, et qu'au lieu de nous puuir^ comme nous Tavions mérité^ ou seulement de nous abandonner aux suites fatales du péché originel, ce qui était conforme à l'équité, il s'est chargé do la faute et de son expiation, et a absorbé le mal dans son divin sacrifice comme TApôtre renseigne par ces paroles : « Vous devez vaincre le mal dans le bien. > {Rom.^ XII, 21.) C'est, en effet, la seule manière de le détruire avec tontes ses conséquences. Le chrétien doit donc faire comme son maître; il doit à son exemple absorber le mal dans le bien^ et, pour cela, non-seulement ne jamais se laisser aller à commettre le mal en paroles ou en actes, mais encore supporter pa* tiemment ceux qui lui en font, même injustement; car alors il est heureux de souffrir pour la justice en union avec Jésus-Ghrist. Alors, en effet, s*il n'a
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APRÈS LA PENTECOTE. 4Û9
point mérité ce qu'il sonlTre, si ses tribolatioiis ne sont point un châtiment légitime de ses fautes^ c'est yéritablement poar le J^ien et le bien seul qu'il les subit, c'est^Hlire pour Dieu, qui est le bien parfait^ le souverain bien, et pour le salut du prodiain auquel il se dévoue ou s'immole suivant ses forces, comme Ja victime qui a porté les péchés du monde.