‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 98 sur 161 · ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXII · texte numérisé non relu

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXII

Les pharisiens, s'étant retirés, tinrent conseil pour surprendre Jésus dans ses discours. Ils lui

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envoyèreirt donc leurs disciples avec des hérodiens, qui lui dirent : Maître, nous savons que vous êtes vrai dans vos paroles et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité , sans avoir égard à qui que ce soit, parce que vous ne faites point aeception des personnes. Diles^ nous donc ce qu'il vous setnble : est-il permis on non de payer le tribut à César? Mais Jésus, connaissant leur malice, leur répondit : Hypocrites, pourquoi me tentez-vous? montrez-moi la pièce d* argent qu'on donne pour le tribut. Ils lui présentèrent un denier. De qni est cette image et cette inscription? leur demanda Jésus. De César, lui dirent«ils ; et il leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Cet évangile nous montre comment l'esprit du manda s'est opposé dans tons les temps à la doctriue de Jésus Christ, cherchant à la dénaturer par de fausses interprétations, ou à la mettre en contradiction soit avec elle-même, soit avec le pouvoir établi pour la rendre ridicule ou compromettante, et faire passer ceux qui la pratiquent pour des imbéciles ou des rebeUes. N'est-ce pas ce que nous voyons encore de nos jours dans le

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Hioiide! On oe peraécote plus les fidMes à force

ouverte ; les maximes du siècle, qui affichent la tolérance, s'y opposent, et ropinioji publique en serait révoltée. Mais on les entonre de pièges, et on tâche de les surprendre dans leurs discours. On calomnie leur foi, comme si elle les rendait injustes envers fat société, les empêchant d'accomplir leurs devoirs de citoyens, ou leur ôtant la capacité de le £aire. Vaines accusations, détruites dès rorigine par cette parole du Seigneur : Ren* dez h César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient àrDieuI Le chrétien peut donc remplir à la fois ses devoirs envers le monde et envers Dieu. Il le peut, il le doit, et même, comme chrétien, il le fera mieux qu'un autre. ' Gétar représente ici la pmssance étaMie dam le monde où nous vivons, monde à la fois naturel et social, au sein duquel s'opère notre dévelop* pement physique, intellectuel et moral. Nous y recevons donc, en y vivant, les bienfaits de la nature et de la société, ou autrement par le Mi même de notre existence sociale, nous appartenons à une famille qui nous élève, à un État qui BOUS protège, et aîmî no» avons dee éifcirs à remplir avec Tune et Tautre. Nous venons de dire que le chrétien s'en acquittera mieux que personne. En effet, à ses yeux, les devoirs de famille, prescrits par la loi naturelle, sont encore sanctîoE-

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nés par k loi révélée. Fils, il voit dans seB pueali

les représentants de Dieu lui-même. Kpoux, le mariage est pour lui un sacrement qui le lie d'un lieji indissoluble, et dont la fin est de fonder une &• mille soumise à Dieu. Père, il voit dans ses enfants un dépôt divin et dans son autorité une dé* légation d'en haat. Citoyen, il rend géoéreiisemettl à la société ce qu'il en reçoit. Il sait que l'ordre et Téquité sont les conditions nécessaires du bonheur social y et il contribue de tontes ses forces à les maintenir par son obéissance aux lois et au pouvoir. Il accomplit consciencieusement les ionotions qui loi sont confiées; il exerce boonétement la profession qu'il a embrassée, et il salisiail largement aux charges et aux exigences publiques. C'est ainsi qu'il paye le tribut à César et loi rend ce qui lui est dû.

Cependant il s'inquiète encore plus de rendre à Dim ce qui est à Bien, s'attadiant^arant tout à hri restituer ce qui vient de lui, à sauver son âme immortelle, image et ressemblance de son auteur, qui a été créée pour le connaître, Taimer et le ser* vir, et qui ainsi ne peut rendre à Dieu ce qui lui appartient que par son intention persévérante d'eiBployer tonte son existence à réaliser sa volonté. Ce qui distingue surtout le chrétien des autres hommes, c'est qu'il sait qu'il a une antçe destination que la vie terrestrOi laquelle n'est pour lui

VINGT-DEUXIÈME DDiANCHE

qu'un moyen de parvenir à un monde supérieur,

au ciel, où il a la promesse d'être uni k Dieu pour toujours et de vivre de son éternelle vie. G est pourquoi au-dessus de la famille naturelle, formée par les liens du sang, il y a pour lui une famille spirituelle, unie par les liens de la grâce. Au-des* sus de la société civile ou temporelle il y a pour lui une cité céleste, qui est sa vraie patrie. Il peut donner à sa patrie terrestre, dans une certaine mesure, les forces de son corps, les facultés de son esprit et sa bonne volonté. Il ne donne son âme qu à Dieu, parce qu'elle vient de lui seul et n'appartient qu'à loi. De là en lui un amour immense comme son objet, Tamour divin ou la charitéy qui purifie ^ règle et transQgure ses autfes affections, en même temps qu'il développe par le dévouement et le sacrifice toute sa puissance de vouloir et d'aimer. Tel est le tribut que Dieu réclame de ses enfants, le trésor qu'ils doivent lui offrir en hommage ; et comme la pièce d'argent qu'on paye à César pour s'acquitter avec lui porte sa figure et son inscription , ainsi la substance précieuse de notre âme que nous présentons à Dieu en tribut, doit être marquée da son image, reproduire son nom sacré et resplendir de sa ressemblance.

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