‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 99 sur 161 · APUKS LA P£NT£COT · texte numérisé non relu

APUKS LA P£NT£COT

PRATIQUA

Aimons les autres pour eux-mêmes, pDurleur véritable bien, et non pour nous et la jouissance que nous pouvons en retirer. Ce sera aimer le prochain comme Dieu aons aime, comme Jésus-Ghrist bous a aimés, jusqu'à donner sa vie pour nous. En rendant à Dieu ce qui lui appartient par raccomplissenitnt des devoirs de. la religion, n'oublions pas nos autres devoirs envers la famille, envers l'État, envers nos semblables , afin d'observer intégralement la justice ou de rendre k chacun ce qui hii est dû.

Mon Dieu, notre refuge et notre force, écoutes les humbles prières de TOtre Église, vous Fauteur de

sa piété, et faites que nous obtenions efficacement ce que nous demandons avec foi^ par Notre-Selgneur, etc.

APRÈS LA PElXTEGaiS.

ÊPITKE (aux Phiiippiens, lU, 17-21; lY, 1-3).

Soyez mes imitateurs et suivez ceux qui marchent selon le modèle que vous avez vu en nous. Car il y en a beaucoup dont jo vous ai parlé et dont je vous parle encore avec larmes qui se conduisent en ennemis de la croix de Jésus-Christ, et dont la fin sera la damnation; qui se font un dieu de leur ventre, qui mettent leur gloire dans leur propre honte, et qui n'ont de goût que pour les choses de la terre. Quant à nous, nous vivons déjà dans le ciel. C'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ, qui transformera l'état abject de notre corps et le rendra semblable à son corps glorieux par l'opération de cette puissance qui peut lui assujettir toutes choses. C'est pourquoi, mes Frères très-chers et très-désirés, ma joie et ma couronne» demeurez toiyours

XXlir DIMANCHE APRÈS LA P£NTBGOT£. S71

dans le Seigneur, mes bien-aimés. Je prie Évodie et je conjure Syntiche de s'unir dans les mêmes sentiments en liotre-Seigneur.. Je vous prie aussi, fidùles compagnons de mes travaux, d'assister celles qui ont travaillé avec moi dans rËvangile, avec Clément et les auires qui m'ont aidé dans mon ministère, dont les noms sont écrits dans le livre de vie.

L'épHne de ce jour nous dépeint la gloire et le

bonheur du viai chrétien en ce monde, où il vit déjà de la vie du ciel, tandis que les ennemis de Jésns-Cihrist n'ont de goût que pour les choses de la terre, mettent leur gloire dans ce qui fait leur confusion, et auront pour fin la damnation. Il vit . déjà de la vie du ciel , même au milieu de cettb sphère ténébreuse, par sa foi qui le détache de la terre, par son eqpérance qui l'élève vers Dieu, par aoB cmonr qui l'y nnit.

Éclairé par la lumière de la foi, l'homme entrevoit un monde nouveau, surnaturel, divin. Alors il est partagé dans son désir, et pendant que son corps le tire vers la terre, son âme s'élance vers

cieL Db là une lutte en lui entre la vie des sens dont la matièi^ est Tobjet, et la vie de l'esprit dont Dieu est la fin. Si la foi remporte^ Tàme commence à vivre dans le ciel plus que sur la

terre* £lle a besoin de recueillement, de silence, de retraite. Elle ne se plaît plus au milieu du monde et s'y sent comme étrangère ; elle aime la prière, par laquelle elle entre en commerce avec Dieù, avec les anges, avec les saints. Elle entend et médite avec joie la parole divine qui devient sa nourriture habituelle; car Thomme ne vit pas seulement de pain. (Matth., IV, 4.) Elle est pressée de se purifier, de s'amender, d'expier pour effacer en elle les souillures- du monde, et se rendre plus capable de communiquer avec le del, dont elle respire déjà l'air vivifiant.

Son espérance la porte an ciel avec sa foi. £Ue . est comme enlevée à la terre par son désir ardent de posséder le bien ineffable que la foi lui révèle et que la parole de Jésus-Christ lui a promis. Or, le cœur est posé dans l'objet qu'il aime et espère. Là où est^ votre trésor, là est votre cœur. (Mattli., VI, 21.) L'homme charnel est dominé par Tappétit des choses de la chair; il met tout son bonheur et aussi son espérance dans les joies qu'elles procurent. L'homme spirituel n'aspire qu'aux choses de l'esprit, et il jette son cœur, son amour, tout son espoir dans les biens éternels.

Enfin Tàme vit déjà dans le ciel par la charité, c'est-à-dire par l'amour qui Punit à Dieu, objet et fin dernière de son désir; car elle est faite pour aimer, et ce besoin le plus profond de son être ne

APRÈS LÂ PENTECOTE. 573 peut être satisfait que par la possession da bien

le plus excellent, de celui qui est la source de tous les autres. Une fois qu'elle a connu Dieu ou le Bien souverain par sa foi, quand le rayon de la lumière éternelle Ta percée, illuminée, vivifiée, elle réagit vers le foyer divin de toute la puissance de sa volonté. Elle n'aime pins vraiment que lui, ou au moins elle Taime par-dessus tout et n'aime plus qu'en lui, et bien qu'elle soit en* core sujette aux faiblesses de rhumanité, dépendante jusqu'à un certain point de la chair et de ses ténèbres, cependant elle est, elle vit avec Dieu par le fonds de son être , conversatio nostra i/n cœlis est. (Philip., III, 20.) Toutes les autres affections lui paraissent insipides ou pénibles, si elles ne sont relevées, sanctifiées, sumatnralisées par l'amour divin. C'est pourquoi le Seigneur a dit : Celui qui aime son père, sa mère, son frère, sa sœur, sa femme, etc. , plus que moi, n'est pas digne de moi. (Matlh., X, 37.) Saint Paul écrit au Corinthiens ces pçu^oles d'Isaïe (Is., LXIY, 4) : Ce que Dieu prépare à ceux qui l'aimeiit, c'est ce que l'œil n'a point vu, ce que Toreille n*a point entendu, ce qui n'était jamais venu à l'esprit de Thomme. (I Car., II, 9.) Gomme Dieu, le créateur de tous les êtres et la source de tous les biens, est par sa nature infinie au-dessus de tout ce qu'il a fait et plus excellent que tout ce qu'il a créé , ainsi

57(1 VINGT-TBOISIÈMA DIMANCHE

Id bien-élre» la joie que notre âme pent retirer de son commerce le plus intime , le plus doux arec

les créatures même les meilleures, n'approchent point des délices de Tamoar divin ou de runion avec Dieu.

Ainsi rhomme est ramené par la religion au eiel dont il est déehu, à la vie divine qu'il a perdue par sa faute. Il peut déjà ici-bas recommencer à idvre dans le ciel par la foi, Tespérance et la charité. PrioQS dono, afin que la grâce produise ou augmente en nous ces vertus excellentes, qui donnent à Tàme des ailes pour le ciel. Demandons que notre foi s'accroisse, que notre espérance aoit fortifiée, notre cliarilé perfectiuuuée , afin que notre cœur, détaché de la terre et affranchi de ses liens, s'élève sans obslade vers Dieu el lui reele constamment uiîi.

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