I. POINT
VjonsidÉrez , que Nofre-Seigneur voulant laisser après lui des personnes qui pussent continuer l'image de sa vie sur la terre, et travailler à louvrage de la Rédemption qu'il étoit venu commencer ici-bas, il choisit pour cela les Apôtres qui avoient été témoins de ses actions Tespace de trois ans , auxquels il communiqua le même pouvoir qu^il avoit reçu de son Père , et une abon- «lance de grâces proportionnées à leurs mimistères.
Vous ne doutez pas du pouvoir que vous
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avez reçu en votre ordination, et de la grâce qui Ta accompragné, si vous n^ avez pas mis d^obstacle. Mais quel avantage en avez-voiis tiré ? en quoi vous êtes-vous rendu semblable à Notre-Seigneur? Tous les Apôtres étoient si conformes à leur Maître , qu^on pouvoit dire en les voyant : Ainsi marchoit, ainsi agissoit, ainsi prioit, ainsi soufTroit le Maître qu'ils adorent. Pourroit-on ,dire quelque chose de semblable en parlant de vous? quel exemple donnez-vous au peuple ? quel règlement faites-vous paroître dans votre vie? en un mot, quelle imitation des vertus de Jésus-Christ voit-on en vous?
Sicut misit me Pater, et ego mitto yos. Joan. 20. ai.-
Considérez , que pour former les Apôtres à cette imitation, quoique Notre-Seigneur, malgré son exemple , leur eût donné beaucoup de préceptes pendant sa vie , il semble les avoir tous réunis en deux, qui nous ^ont aujourd'hui marqués dans TEvangile. Le premier, c'est Pamonr du prochain. Hœc mando vohis ^ ut diligatis iiwicem. Joan. i5. 17. Le second,, c'est la souffrance, et le mépris du inonde. Si mundus vos odit, scitote , quia me priorem vohis odio hahuit,,, si me per^secuti sunty et vos persequentur, Ibid. 18. et 2©.
3o6 MEDITATIONS
Par le premier, il les oblige d'avoir de Lons sentiments de leur prochain, de supporter et d'excuser ses défauts, et d'avoir compassion de ses misères corporelles et spirituelles. Par le second , d'endurer pour lui tout ce que la rage des Tyrans peut jamais inventer, et de ne point faire de cas de tout ce qui est au monde. Ce fut avec ce mépris, que S. Simon et S. Jude se rendirent si admirables^ et que Tun d'eux refusa les présents que le Roi de Babylone lui offrit après 1 avoir converti à la Foi. Ce fut par le principe de cette charité , que le même ne voulut pas permettre que ses plus grands ennemis et persécuteurs fussent mis à mort, comme le Roi l'avoit commandé, désirant plutôt leur conversion que leur perte. Ce fut enfin à la faveur de toutes ces vertus, que ces deux grands Apôtres, après avoir fait un fruit merveil^ leux, et engendré à Jésus-Christ une multitude innombrable d'enfants dans un pays très-vaste et étendu , parmi des nations barbares , ont fini leur vie par un glorieux martyre.
Cùm innumeraLiles filios Jesu-Christo peperisscnt , fidemque in vastissimis illis regionibus et efferatis gentibus disséminassent , dortriuâ et miraculis , ac denique glohoso raartyiio simul sanctissiuium Jesu- Christi nomea illustrarunt. Lect. 4* ''* Brci>, Rum.
CHRÉTIENNES. ZoJ