‹ Méditations sur les principales vérités chrétiennes et ecclésiastiquesChapitre 196 sur 282 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

V^iONSiDÉREz, que Dieu nous invite à cette pratique de dévotion, par une infinité de miracles qu^il a opérés par les saintes Reliques de ses serviteurs. Nous le voyons aux sépulcres des Martyrs, et des Saints Confesseurs. Lesquels sépulcres sont, comme disent les Conciles, des fontaines salutaires

que Jésus-Christ nous a laissées, d'où découlent toutes sortes de soulagements sur les infirmes; ils guérissent les maladies de ceux qui les vont \isiter, rendent la vue aux aveugles, dissipent les tristesses malignes, et les tentations, parla vertu de Jésus-Clii'ist qui demeure en eux. Nous le voyons en la Translation des Reliques d'un Saint Etienne, premier Martyr; au tombeau de Saint Nicolas, après sa Translation de Myrre en Lycie à Gacie, duquel on voit découler celte huile précieuse, dont nous éprouvons la vertu dans toutes sortes d'infirmités, si nous en usons avec foi. De sorte que nous ne pouvons douter que Dieu, selon sa parole, n'honore les cendres et les ossements de ses serviteurs, qui ont été les membres vivants de son Fils, et les temples animés de son Saint Esprit. C'est par ce même principe qu'il députe ses Anges mêmes pour ensevelir le corps d'une Sainte Catherine, et qu'il fait •connoître les saints corps par des lumières miraculeuses, afin qn ils ne demeurent pas dans l'obscurité d'une sépulture commune ou indécente, et que nous apprenions à les vénérer pour le bien de nos corps et de nos âmes.

O Dieu de bonté , si vous nous faites tant de biens dans la considération des petits honneurs que nous rendons à ces Rehques

inaDÎmées, quelles grâces préparPz-vous à ceux qui se rendront imitateurs de ces grandes âmes?

2.° Le culte des saintes Reliques a été en usage dans l'antiquité, confirmé par les ordonnances des Conciles, et par la pratique des plus saints personnages des derniers siècles. L'exemple du grand Saint Charles est remarquaLle en ce point, on peut le \oir dans Pliistoire de sa vie,

3.^ Les Saints qui sont dans la gloire , désirent justement cet honneur, puisqu'ils sont au ciel les Protecteurs des vivants. Nous le voyons dans Texemple du grand Saint Denis , Apôtre de notre France ; d'un Saint Sébastien , d'un Saint Maurice , etc , qui demandent une sépulture honorable; le premier à Dagohert, le second à Lucine,le troisième à Avite , etc.

Enfin, c'est un excellent moyen pour être secouru de leurs intercessions : car étant dans l^état d'une charité consommée, ils récompensent abondamment les petits services que nous leur rendons , en vénérant leurs Reliques par des Translations magnifiques; ils excitent par leurs prières notre dévotion , présentent nos prières à Dieu, et nous convient à vouloir être comme eux des holocaustes vivants devant la face de Dieu.

Adorez Dieu qui est si admirable dans ses

CHRÉTIENNES. ZQj

Saints, confondez-vous aux pieds de sa Majesté, et apprenez à vous sanctifier. Malheureux celui , qui après tant d'exemples de piété, n^l de sentiment que pour la vanité.

Corpora ipsorum in pace sepulta sunt. Eccli. 44*

Si tune opcm ferre poterat umLra corporis , qiiant(S magis nunc plénitude virtutis j si tune supplicantibus proderat aura qu.rdara pertransetmtis , quantô roagiS gratia nunc permanentis. Apud s. Aii^> scrm. 29. de Sanrt. nunc in .-ipp. 2o3.

Ad sacrum cujus tumulum fréquenter, etc. Hymn. Eccl.

Prctiosa in conspectu Domiui mors Sanctorum ejus. j)snl. Il 5. i5.

Custodit Dorainus orania ossa eorum ; unum ex his non conteretur. psal. 35. '21.

Honorera us beatos Martyres , Principes Fidei , Intercessores raundi , Praecones regni , Cohgpiredes Dei. S, Amhr. serm. o/5. de SS. Nnzario et Celso.

Sawotorum memoria est ad virtutem via , et sanctificationis stimulus, s. Anton, in ejus vita,

IL POINT

Considérez comhien Dieu et les Saints sont déshonorés par les grands abus qui se voient de nos jours à Toccasion des saintes Reliques, et qui tarissent ces sources de bénédictions. Ces abus sont de les tenir en des lieux indécents, non fermés à clef, ou de les laisser à la garde des personnes séculières, ou en une maison particulière sans la permission de l'Evêque ; de les exposer avant

qu^ellês soient reconnues et approuvées de l'Ordinaire ; de les laisser exposées continuellement sans marques d'honneur et de respect; de les mettre sur l'Autel, lorsque le Saint Sacrement est exposé; de les laisser sans lampes ou cierges ardents; de les faire porter par des Laïques revêtus d'auLes ou de chappes , sur-tout aux Processions publiques , contre l'ordre de l'Eglise , qui ^e^xt qu elles soient exposées par un Prêtre ou par un Diacre, revêtu de surplis et d\Hole, et portées en procession par les Evêques mêmes, ou à leur défaut par les principaux du Clergé, revêtus de dalmatiques ou de cliappes; d'exposer les saintes Reliques pour le lucre, et convertir les aumônes des Fidèles en dé- Lauclies ou autres usages profanes , par une avarice sordide, au lieu de les employer à l'embellissement des Eglises ou des Chasses des Saints; de porter des Reliques aux malades, sans nécessité et sans permission de l'Ordinaire ; d'en faire l^office public sans la permission de lEvêque. Lisez le premier Concile de Milan tenu sous Saint Charles, an l565. part. 1. tit. 9. des SS, Relîij. veiier. Examinez votre conduite sur ce point , et jugez de la droiture de vos intentions , et de la solidité de votre piété à l'égard des saintes Reliques; et pour

Juste quod justumest, persequeris. Deut, 16. 20. Non ululatus , nou planctus , ut iutcr saeculi homines (ieri solet , sed Psalmofum linguis divei'sis examina concrepabant , translataquc Episcoporum manibus , et ccrviccm feretro subjicientibus , cùm alii Pontifices lampadcs ccreosquc prapferrent , alii choros psalleutiinn ducerent , in média Ecclesia speluncae Salvatoris est posita. s. Hier» de s. PauLa. ep. 27. ad Eust,

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