‹ Méditations sur les principales vérités chrétiennes et ecclésiastiquesChapitre 197 sur 282 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

Considérez quels sont les fruits que vous devez retirer de tout ce qui vient d'être dit. Le premier est d'entier aujourd'hui dans une singulière estime , et dans des sentiments tout particuliers de vénération pour les saintes Reliques , lorsqu'elles sont reconnues et duement approuvées; en sorte que cela vous donne sujet de mettre une grande confiance dans les intercessions des Saints dont vous avez les Relk[ues près de vous. Le second est de prendre une forte résolution , nonseulement de ne contribuer à aucun des aLus que l'on a marqués , ou des autres qui pourroient s'introduire; mais encore de solliciter les supérieurs à retrancher ces pratiques indécentes ou superstitieuses; usant pour cela de tous les moyens possibles par un véritable zèle de la gloire de Dieu, et de l'honneur qui est dit à ses Saints. Le troisième est d'instruire les peuples de la manière de vénérer les Saintes Reliques , pour empêcher les profanations et dévotions iudiscrettes.

Car ils honorent souvent les Reliques des Saints, plus que les Saints mêmes, Vient ils ne se mettent pas en peine d^imîter les vertus ; et leur culte est seulement extérieur et ordinairement désordonné, vu qu'ils quittent facilement les obligations d'assister à leurs Paroisses les jours de Fêtes et de Dimanches, pour aller en pèlerinage visiter les Reliques des Saints, sans permission de leurs Pasteurs, et sans préparation de cœur; ayant plutôt en vue quelque bénédiction temporelle ou quelque guérison corporelle , que le salut de leurs âmes.

Le quatrième et dernier fruit , est de se rendre saintement ambitieux dans la vue de ces honneurs, que Dieu même rend à ses serviteurs. Qui ne se pique point de vouloir être grand ami de Dieu , par la ^délité à ses grâces, et la persévérance à chercher uniquement sa gloire, ne mérite pas de porter le nom de Chrétien, beaucoup moins celui d'Ecclésiastique, vu qu^il est indubitable que notre co?ur ne pouvant être sans quelque désir de l'honneur, si nous ne soupirons après les véritables, qui sont la récompense de la vertu , nous serons sans doute esclaves de la vanité du monde, qui conduit par une fumée d'honneur passager à un opprobre éternel. O Dieu, quelle infamie 1 et quel aveuglement! Ou veut être honoré avec les

Saints en l'autre vie ,* et on veut vivre comme les mondains. Les Prêtres de Jésus- Christ, les Anges visibles, n'ont des pensées que pour la terre , ne savent discerner le précieux d'avec le vil, cherchent l'iionneuu de ce monde, et font des choses saintes , les instruments de leur avarice. N'est-ce pas chose digne d'étonnement et de compassion tout ensemble? Que si les autres aiment leur désordre , ne les imitez pas ; portez vos désirs vers le ciel, et que la vue des saintes Reliques vous serve d'un puissant motif, pour accroître et allumer en vous l'esprit du. jnartyre , le mépris du monde, et l'ardent amour de Jésus-Christ. C'est en cela que consiste la générosité Chrétienne, qui glorifie Dieu si hautement, et mérite d'entendre ces paroles :

QiiicunK/ue glorijicaçerit me y glorificabo pum, 1. Reg. 2. 3o.

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