III. POINT
Considérez quels sont les fruits que vous devez retirer de tout ce qui vient d'être dit. Le premier est d'entier aujourd'hui dans une singulière estime , et dans des sentiments tout particuliers de vénération pour les saintes Reliques , lorsqu'elles sont reconnues et duement approuvées; en sorte que cela vous donne sujet de mettre une grande confiance dans les intercessions des Saints dont vous avez les Relk[ues près de vous. Le second est de prendre une forte résolution , nonseulement de ne contribuer à aucun des aLus que l'on a marqués , ou des autres qui pourroient s'introduire; mais encore de solliciter les supérieurs à retrancher ces pratiques indécentes ou superstitieuses; usant pour cela de tous les moyens possibles par un véritable zèle de la gloire de Dieu, et de l'honneur qui est dit à ses Saints. Le troisième est d'instruire les peuples de la manière de vénérer les Saintes Reliques , pour empêcher les profanations et dévotions iudiscrettes.
Car ils honorent souvent les Reliques des Saints, plus que les Saints mêmes, Vient ils ne se mettent pas en peine d^imîter les vertus ; et leur culte est seulement extérieur et ordinairement désordonné, vu qu'ils quittent facilement les obligations d'assister à leurs Paroisses les jours de Fêtes et de Dimanches, pour aller en pèlerinage visiter les Reliques des Saints, sans permission de leurs Pasteurs, et sans préparation de cœur; ayant plutôt en vue quelque bénédiction temporelle ou quelque guérison corporelle , que le salut de leurs âmes.
Le quatrième et dernier fruit , est de se rendre saintement ambitieux dans la vue de ces honneurs, que Dieu même rend à ses serviteurs. Qui ne se pique point de vouloir être grand ami de Dieu , par la ^délité à ses grâces, et la persévérance à chercher uniquement sa gloire, ne mérite pas de porter le nom de Chrétien, beaucoup moins celui d'Ecclésiastique, vu qu^il est indubitable que notre co?ur ne pouvant être sans quelque désir de l'honneur, si nous ne soupirons après les véritables, qui sont la récompense de la vertu , nous serons sans doute esclaves de la vanité du monde, qui conduit par une fumée d'honneur passager à un opprobre éternel. O Dieu, quelle infamie 1 et quel aveuglement! Ou veut être honoré avec les
Saints en l'autre vie ,* et on veut vivre comme les mondains. Les Prêtres de Jésus- Christ, les Anges visibles, n'ont des pensées que pour la terre , ne savent discerner le précieux d'avec le vil, cherchent l'iionneuu de ce monde, et font des choses saintes , les instruments de leur avarice. N'est-ce pas chose digne d'étonnement et de compassion tout ensemble? Que si les autres aiment leur désordre , ne les imitez pas ; portez vos désirs vers le ciel, et que la vue des saintes Reliques vous serve d'un puissant motif, pour accroître et allumer en vous l'esprit du. jnartyre , le mépris du monde, et l'ardent amour de Jésus-Christ. C'est en cela que consiste la générosité Chrétienne, qui glorifie Dieu si hautement, et mérite d'entendre ces paroles :
QiiicunK/ue glorijicaçerit me y glorificabo pum, 1. Reg. 2. 3o.