III. POINT
Considérez que la vocation de Dieu n^est autre chose qu'un acte de sa divine Providence , lequel fait connoître aux hommes par de certaines marques , le choix que Dieu a fait d'eux pour le servir en telle ou telle condition. Car encore qu'il veuille être servi par tous les hommes, il ne veut pas néanmoins que ce soit dans la même condition , ni ]iar les mêmes exercices : et ainsi quand il les met au monde, il fait connoître à chacun , s'il s'en rend digne , le genre de vie où il veut l'employer; attachant à cet état, et non à d'autres , certains moyens propres et nécessaires pour y faire leur salut.
Pusillum et magnum ipse fecit, et sequaliter cura est illi de omnibus, Sap, 6. 8.
CHRÉTIENNE Se 4^5
Dlvcs et paupci- obviaverunt sibi ; utriusque operato* est Doniiniis. P/uw 22. 2.
Unusjjuisquc proprium doniim habet ex Dco i alius quidem sic , alius verô sic. 1. Cor. 7. 7.
Si totuin corpus oculus ; ubi auditus l Si totum auditus ; ubi odoratus • JXunc auteai posuit Deus meiul>ra, unumquodque eorum in corpoie, sicut volait. 1. Cor. 12. 17. et 18.
m. POINT.
Concluez cle-là , comhien de personnes sont en danger de leur salut, puisqu'il y -en a tant qui n'ont jamais pensé à consulter Dieu, lorsqu'il a fallu entrer dans la condition où ils sont, et qui s'y sont portés par passion, par ambition, par avarice, et enfin par toute antre voie que celle que Dieu demandoit d'eux. Car comme il est nécessaire , pour bien s'acquitter de ses obligations, en quelque état qu^on soit, d'avoir des secours de Dieu et des grâces actuelles 5 qui 2>eut s'imaginer que Dieu nous donne des secours particuliers pour nous acquitter d'un emploi qu'il ne veut pas que nous exercions, et où il ne nous appelle pas? Qui est le Capitaine qui donne le casque et la cuirasse à celui dont il ne veut pas se servir? Si nous voyons. tant de désordres dans les armées, dans les cbaj'ges, et enfin dans toutes les conditions séculières, pour ne point parler encore des Ecclésias^ tiques , il faut les rapporter à ce défaut de "vocation, comme à sa première source.
Déplorez ce désordre si généralement répandu parmi les Chrétiens; et pour y apporter quelque remède, faites résolution d'annoncer au peuple cette vérité si peu connue y et de conseiller à tous ceux que vous pourrez, qu'avant que d'embrasser aucune condition, ils fassent d'instantes prières à Dieu, pour connoître sa sainte volonté ; de crainte qu'il ne leur arrive comme à Josué , qui fut trompé par les Gabaonites, parce que, dit l'Ecriture ,
Os Domini non interragawerunt, Jos* 9. 14.
Fili , sine consilio nihil facias , et post factum non poenitebis : in via ruinae non eas ^ et non offendes in lapides i nec credas te vioe laboriosae , ne ponas animae tuae scandalum, et à filiis tuis cave, et à domesticis tuis attende. Ercli. 32. a4' ^^ ^'^'^'
Vœ fîiii desertores , dicit Dominas, ut faceretis consiiium , et non ex me ; et oïdiremini telam , et non per spiritura mrum ; ut addeietis peccatum super peccaîum j quia ambulatis ut descendatis in AEgyptum , et os meum nou interrogastis. Isai. 3o. 1. et 2.
Propterca noiiie fieri imprudentes , sed intelligeates ^ cjuee sit voluntas Dei» Ephes, 5. 17.
de la nécessité de la vocation, pbouyée par l'autorité de l'Écriture.
1»^ Que le S. Esprit a marqué cette néces" site dans tous les Liserés de ï Ecriture , conformément à la raison^ 2»^ Preuves de V ancien Testament, 5.*^ Preuves du nouveau Testament,
Apcendens in inontem , vocavit ad se quos volviit ipse ; et ven€runt ad cum, Marc. 3. i5.
P^oi'lâ la règle que Notrc-iSeigncur a établie dans: VEglise , par son exemple , pour ne pas admettre indifféremment toutes sortes de personnes au service de» Autels ; mais ceux (jui seront ciwisis de Dieu à cet ejfet.