III. POIxNT
C'est-là la leçon que nous fait Sainte Geneviève, du haut de cette montagne, et du milieu de cette fameuse Université. Il semble
CHRÉTIENNES. 6l
qu'elle n'ait cté placée en ce lieu, que pour confondre les Doctes et les Savants du siècle , et leur apprendre que toute leur sagesse n'est que folie devant Dieu, si leur science sert à autre chose qu'à les humilier. En effet, ne sera-ce pas une confusion pour ces grands hommes que nous appelions ainsi, qui auront pris tant de peine, et employé tant de nuits à s'instruire dans les sciences, de voir qu'on leur opposera une petite Bergère, qui aura plus profité à l'Eglise par son humilité, qu'ils n'ont fait par toute leur Doctrine et leurs savants discours? Ne semhle-t-il pas que ce soit en la personne de Sainte Geneviève, que s accomplissent ces paroles de TApôtre : Quœ stulta sunt mundi , elegit Deus ^ ut confiindat s api entes ^ etc» i. Cor, 1. 27. Que Dieu par un admirable secret de sa providence a voulu choisir ceux qui passoient pour insensés dans le monde , afin de confondre les Sages , ceux qui étoient l'objet du mépris et des injures, pour abattre ces idoles publiques , sur lesquelles tout le monde attachoit les yeux?
Allez donc aux pieds de cette grande Sainte, apprendi'e cette excellente vertu qui lui a servi de degrés pour monter au trune où elle est maintenant assise. Car ce n'est que pour nous enseigner 1 humilité , que Dieu s'est servi de sa foiblesse pour triom- 2. 6
plier de la plus grande force. Ut non glorie^ tiironinis caro in conspectuejus ^ dit l'Apôtre, 1. Cor. 1. ?.9.
Informa mundi elegit Deus ^ ut confundat fortia; et ignohilia mundi , et contewptihîlia elegit Deus^ ut ea quœ non sunt\ et ea quœ sunt y destrueret. i. Cor. 1.27. et 28.