I. POINT
VjoNSidÉrez combien il importe aux Chrétiens, sur-tout aux Ecclésiastiques, de méditer souvent la Passion et la Mort de notre Sauveur Jésus-Christ. i.° Parce qu'il n'y a rien qui nous soit plus nécessaire et plus utile , et qui soit plus puissant pour nous détourner du mal , pour nous défendre contre les
ennemis de notre salut , et pour nous porter à toutes sortes de vertus, que la considération attentive de ce mystère. lP Parce que , comme dit S. Augustin, in psalm, 83. les Chrétiens étant les enfants du Calvaire , lesquels Notre-Seigneur Jésus-Clirist a engendrés en la Croix dans l'excès de ses douleurs, comme lui étant très-chers , il n'y a point de pensée qui doive leur être plus familière, s'ils sont des enfants légitimes. Mais la raison principale pour les Ecclésiastiques, c'est parce qu'ils en renouvellent tous les jours la mémoire à l'Autel 5 que les Sacrements qu'ils administrent , ne tirent leur forte que des mérites de la Croix; qu'ils sont chargés de la prêcher aux autres, et que c'est le livre dans lequel ils doivent , à l'exemple de l'Apôtre , étudier incessamment , ,/a/^a/2? profession de ne savoir que Jésus crucifié. Puis donc que l'Eglise nous propose , aujourd'hui et la semaine suivante , cette sainte et douloureuse Passion de son Sauveur,
Hccc meditari dixi sapientiam , in his justitiae milii perfectiouem constitui... h»ec raea siiblimior philosophia «cire Jesum , et hune crucifixum. s, Bern. scrm. 42. ia Cant.
Execfuias Christi Ecclesia quotidiè célébrât, s. Amhr.
Quoticscumque niauducabitis panem hune, et calicem hibetis \ morlem Domini anuuntiabitis. 1. Cor, 11. 26.
Pruidicamus Christum crucifixum. i. Cor. 1. aj,
Non enira judicavi me scire aliquicl inler vos , nisi Jesum-Chiislum, et hune crucifixum. i. Cor. 2. 2.