I. POINT
V^ONSiDÉREz,que l'Eglise en nous proposant aujourd hui cet Evangile, veut nous apj>iendre que ceux qui ont reçu le SainL-Esprit à la Fête de la Pentecôte , et qui ont été régénérés par ce feu divin , doivent avoir de Tainour pour celui qui en a eu tant pour
l62 MÉDITATIONS
eux j parce que Pamour ne peut être dignement récompensé que par l'amour. Voulezvous Jonc connoitre à cette grande Fête , sî vous avez reçu le Saint-Esprit? Voyez si vous vivez et si vous agissez dans Pespril de charité et d'amour. Et pour le connoitre,
Baptizabimini Spiritu Sancto. act. i. 5.
Si Spiritum Sanctura acrcpistis l act. 19. 2.
Solum est ( charitatis donum ) quod dividit inter filias regni aeterni, et filios perditionis œternse. jf, ^ug* i5* de Trin. c. 18.
IL POINT
Considérez , que les marques du véritable amour que produit le Saint-Esprit en nous, sont 1.^ Ne faire aucune chose c£ui déplaise à Dieu, soit grande, soit petite, n^estimant point de mal au monde C[ue le péché. 2.^ Faire tout ce que l'on pense devoir lui plaire , et uniquement pour son amour, 5.^ Avoir" une grande dépendance de Dieu , et une totale résignation et conformité à sa trèssainte volonté. 4'° Souffrir volontiers et pour l^amour de lui , ce qui se pi'ésente de pénible, soit qu'il regarde l'ame , le corps, la réputation ou les Liens de fortune. 5.^ Enfin ressentir vivement par le zèle de son honneur les iujui-es faites à sa divine Majesté, tantpar nous que par les autres.
Si yoLis trouvez en vous toutes ces marques^
CHRJÉTIENNES. l65
OU quelqu'une d'elles, reconnoissez humblement que ce sont des effets de cet Esprit divin, et remercîez-en la divine Bonté : mais si vous en êtes dépourvu , ou que vous ne les ayez pas au degré que vous désireriez , ne désesj)érez pas pourtant 5 mais apprenez dans le
Oninis qui naîus est ex Deo , peccatum non facit» 1. Joan. 3. 9.
Qui timot Deum , nihil ncgligit. Eccl, 7. 19.
INon ex tristitia , aut ex neccssitate. 2. cor. y. 7.
Dili{:es Dominum Deum tuum : Ex tuto cord>'. ; id est, iiilellectu , ut nuUum in confessione divinitatis relinquas errori locum. In tota anima ; id est, voluntate , ut nihil ei contrarium relis. In tota mente tua ; id est , in meraoria nil reminiscens quominùs de co sentias. Tnterïin. Matth. 22. Sy.
('haritas..». Omnia sufferr. \. cor. i3. 7.
In qua ( cuj)iditate ) apparet quantus sit irapetitu» animi ad ea quoe diliguntur indefesso cursu per iraraania quaeque currentis i argumentoque noLis est, quàm sint omnia perferenda ne deseramus Deum, si tantailli, ut deserant , perferunt. s. Au.;, de Mor. Aug. 22^
Susline sustentationcs Dci > conjungoro Deo, et sustine. Eccli. 2. 3.
HiTcc omnia opciatur unus atqiie idem spiritus \.,cor^
m. POINT.
Les moyens d'acquérir cet amour. Le premier est, de le demander souvent. S il a été nécessaire que Notre-Seigneur employât sa prière pour nous le mériter 5 n'est-il pas.
l64 MÉDITATIONS
bien juste que nous le demandions aussi ? Le second est , de sexercer à produire quantité d'actes d'amour : car, comme enchantant on apprend à chanter; aussi en aimant on apprend à aimej\ Le troisième , c'est de retrancher de notre cœur tout amour du monde , et de le purifier des moindres attaches que nous pourrions avoir aux créatures 5 car ou ne sauroit aimer Dieu et le monde tout à la fois.
Si cela vous paroit difficile , considérez que l'on n'a rien sans peine ; mais qui plus est , Fonction de ce divin Esprit adoucira Lientôt toutes les difficultés.
Présentez-lui aujourd'hui votre coeur, afin d'en bannir toutes les affections déréglées, pour le brûler ensuite du feu sacré de son divin amour. Et pour cela, voyez quelle est l'affection qui prédomine en vous ; si c'est la vanité , l'avarice ou l'ambition, ou autre semblable, pour lui en faire un sacrifice, en lui disant avec toute l'Eglise , dans le plus humble sentiment que vous pourrez aujourd'hui et tous les jours de cette Octave , ce bel Hymne de Tierce.
f^ent Creator Spiritus , etc, ou cette Prose qui se dit à la Messe :
Feni Sancte Spiritus , et emitte cœlitus , etc.
CHRÉTIENNES. l6a
Ego rogalio Tafrcm, et alium Paracletum cîabit tolis. Jonn. i/|. \(i.
Si quis dilifïit maniliim , non est chaiitas Patris iit eo. 1. Jonn. 2. »5.
Aniicitia hujiis niundi , iuiraica est Dei : quicnmque ergo voluciit annirus esse sa;culi hujus , iniiuicus Doi cônstitMilur. Juc. l\. 4.
Jiigiun nieura suave est , et onus mcum levé. Matt, 11. 5o.
Alia sarcina premit et agç^ravat te j Cliristi sarcina snblevat te ; alia sarcina pondus liabet } Claisti sarcina peunas habet. s, Au'^, in psnl. 69.
POUR LE MAPvDI DE LA PENTECOTE.