I. POINT
V^ONSIdÉrez l'excellence et la grandeur de ce bienfait inestimable. Cette grandeur paroît en deux choses principalement; savoir, en la qualité du don, et en la fin pour laquelle il se donne. La qualité du don est telle, que tous les esprits humains et Angéliques ne peuvent la comprendre : carNotre- Seigneur nous donnant son corps au Saint
Sacrement de l'Autel, 11 nous donne en notre particulier, autant de fois que nous le recevons , sa vie , son ame , ses mérites , et en un mot, tout ce qu^il est, et tout ce qu'il possède , comme il s'est donné une fois à tous les hommes dans son Incarnation, et par sa Mort. Que peut-on penser de plus grand ? La fin pour laquelle il se donne , c'est de servir de nourriture à notre ame , pour nous unir par ce moyen à lui aussi étroitement que l'aliment s'unit à la personne qui le prend, qui est l'union la plus grande, la plus parfaite, et la plus intime qui soit dans la nature , et où on passe même de l'union à l'unité. D'où vient qu'il dit , que ceux qui le reçoivent, demeurent en lui, et qu'il demeure en eux; sinon à cause de cette union intime qui fait que l'homme est tellement changé et transformé en Jésus- Christ , qu'il ne se fait plus qu'un des deux : en sorte que comme Jésus-Christ ne vit que de la vie de son Père, le Chrétien qui communie, ne vit que de la vie de Jésus-Christ. Sicut misit me vivens Pater ^ et ego ruçopiopter Patrem; et qui maiiducat me ^ et ipse vi'i^et propter me. Joan. 6. 58. Et c'est pour cette cause que ce Sacrement adorable porte le nom de Communion.
Quelle grâce et quel honneur aux Fidèles dêtre appelés à la table des Anges, et d'avoir
cfTectivement la Chair et le Sang de Jésus- Christ pour nourriture !
Déclarât prœtereà sancla Synodus , piè et rcligiosè admodum in Dei Ecrlcsiam inductum fuisse hune morem, ut siugulis aunis peculiari quodam et festo die pr;ece1suin hoc et venerabile Sacranientum singulari vcneralionc ac solemnitate cclebrarctur ; utque iu processiouibus rcverenter , et honorificè illud per vias et loca pul)lica circurafeiTetur. AKqnissimum est eniin , sacros aliquOs statutos esse dies , curn Christiani oniues •singulari ac raia quadam significatione gratos et meniOios testent iir animos erga coramuueiu Dominuni et Rcdemptorem , pro tara inelfabili et plané divino beneficio, quo mortis ejus victoria et triumphus reprœsentatur. Atque sic quidem oportuit victricem veritatcm de mendacio et hccresi Inumphum agere ; ut ejus adyersarii in conspectu tanti splendoris et iu tanta univcrsns Ecclesise l.Ttitia positi , vel debilitati et fracti tabcscant vel pudore affecti et confusi aliquando resipiscant. .coiic. trid. sess. i3. c. 5.
Salvator uoster... Sumi voluit Sacramentum hoc , tanquana spiritualera auiinaruni oibum , quôd alantur et confortcntur viventes vitâ illius , qui dixit : Qui inanducat me, et ipse vivet propter me ; et tanquam antid >tum quo liberemur à culpis quotidianis , et à pcocatis mortalibus praeservemur. Pignus prœtercà id esse voluit futuiœ nostrie gloiioe et perpctuœ felicita'ds adc'oque syraboluni unius illius Corporis , eu jus ipse caput #\istit , cujquc nos tanquam membra arctissima (idci, spei et charitatis connexionc astiictos esse voluit; ut idipsum omnes dicoremus , nec essent in uobii schisiuata. ibid. c, 2.