II. POINT
Considérez, d'où vient que ce divin Sacrement étant institué pour nourrir nos âmes,
et par ce moyen les purifier, les rendre victorieuses de leurs passions, et leur faire pratiquer excellemment la vertu, on voit néanmoins si peu de personnes, même de celles qui communient souvent , qui en fassent profit. Cela ne peut venir du Sacrement, qui de soi est toujours également efficace ; mais cela procède du peu de disposition que la plupart y apportent, et des manquements qu'ils y commettent. Les uns y viennent par coutume ou par respect humain , pour paroître plus dévots; les autres avec atîache à leurs jjlaisirs et divertissements. Les autres y viennent , l'esprit encore tout rempli des affections et des pensées des choses du monde ; d'autres avec précipitation , sans aucune réflexion sur la grandeur de cet adorable mystère. Les autres, aussi-tôt sortis des pieds du Prêtre, vont se présenter à la Table, le cœur encore tout plein des mauvaises vapeurs que les crimes qu'ils viennent de confesser, y ont laissées; d'autres enfin ne font aucunes actions de grâces après la Communion. Faut-il s'étonner si avec ces dispositions ou reçoit peu de fruit des communions fréquentes , puisque , pour prendre seulement un morceau de pain qui puisse profiter, il faut que lestomac soit bien disposé ?
Concorporei et coasanguinei Christi facti estis. S, CjT. Jcr» catii, mist. i\.
CfTR ETIENNE s. l3l
Caro mca veiè est cibus ; et sanguis meus verè est potus. Jonn. 6. 5G.
Qu.ie ulilitas in sanguine meo , dum descendu in coiTuptionem I psal. ^9. 10.
Quare pias , quaeso , cogitationes suscipias; studiosè sanctèque vivas , atque ita Eulogi;e particeps fias l s, Cyr, Alex, l, 4" i"- Joan. c. 2. in fine.