‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 135 sur 168 · CULTE · texte numérisé non relu

CULTE

L'application et l'apprêt que la plupart des hommes mettent à leurs actions et même aux plus saintes cérémonies, est plutôt une affaire de vanité et d'amusement que l'effet d'un vrai zèle selon Dieu.

Un homme qui ne fait que s'amuser de la religion et de ses pratiques est fort à plaindre ; son bonheur est bien frivole et bien court. Que fait celui qui se livre à l'extérieur du culte sans piété?

Le culte doit être majestueux, mais sa magnificence ne doit avoir d'autre principe ni d'autre fin que la sainteté et la charité des hommes.

11 est plus difficile d'avoir de vrais sentiments de piété au milieu d'une pompe affectée que dans le secret de sa maison.

Celui qui diminue le culte par négligence et par dégoût, et celui qui le défigure par des pratiques vaines et par une ostentation puérile, sont également coupables : l'un ôle à Dieu l'honneur qui lui est dû, et l'autre l'honore eu juif et en pharisien.

La piété est si faible et le culte si peu spirituel, que les cérémonies ne servent souvent qu'à dissiper la multitude

et à affliger les vrais croyants par la manière dont on s'en acquitte.

Quand on est affecté par la pompe des cérémonies et la magnificence des ornements, c'est un signe qu'on n'a pas une grande foi ; tout cela n'est fait que pour élever l'âme à Dieu. Un prêtre qui se complaît dans l'état extérieur du culte est bien à plaindre ; c'est un aveugle qui n'aperçoit pas Jésus-Christ dans son sanctuaire ; c'est un personnage de théâtre qui amuse le peuple en frappant ses sens au lieu d'élever et d'intéresser son âme.

11 y a des églises si mal entretenues, dont les murs, les autels, les nappes, le pavé sont si malpropres, qu'on a peine à croire que le prêtre qui y célèbre ait la foi. Que serait-ce si, entrant dans le détail, on visitait les vases sacrés, les burettes, les purificatoires, les aubes? Un prêtre qui se servirait dans sa maison d'objets en semblable état serait signalé et montré au doigt. Quelle horreur !

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