‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 139 sur 168 · ÉGLISE · texte numérisé non relu

ÉGLISE

Ce n'est que par la voie de la révélation que Dieu a manifesté à l'Eglise ses perfeciions et ses volontés.

De tout temps l'Eglise a été une société composée de chefs et de membres, de docteurs et de disciples, rie supérieurs et d'inférieurs.

Il y a bien peu de chrétiens qui sentent comme ils le doivent le bonheur qu'ils ont d'être nés dans un royaume dont les lois sont si saintes et dont le gouvernement est divin.

Avec quelle sécurité et quelle reconnaissance ne devons-nous pas dépendre d'une autorité que Jésus-Christ nous assure être infaillible !

L'Eglise est infaillible sur tous les points de foi et sur tous ceux qui tiennent essentiellement à la foi.

Si elle n'a pas reçu l'infaillibilité sur d'autres objets, c'est qu'ils ne peuvent intéresser notre salut, et en cela même il n'y a jamais de risque à lui être soumis.

Il est bien déplorable que la chaire de vérité, à qui Jésus-Christ a assuré l'infaillibilité pour éclairer tous les hommes, soit méconnue d'un si grand nombre, même de

ceux qui veulent être ses disciples et qui résistent à ses décisions.

i\e faut-il pas s'aveug'.er bien volontairement pour chercher ailleurs que dans le corps des premiers pasteurs la colonne de la vérité que nous devons suivre, puisque c'est à eux que Jésus-Christ dit : Ecce ego vobiscum surn omnibus dicùits, etc. ?

Quand le corps des pasteurs a décidé ou ordonné quelque chose, il n'y s plus rien du tout à examiner; c'est Dieu qui a parlé. La parole de Jésus-Christ est claire et positive; malheur a celui qui refuse d'obéir!

C'est un véritable blasphème que d'accuser le corps des premiers pasteurs de condamner la vérité ou d'enseigner l'erreur; c'est même une hérésie de croire qu'il en est capable.

Ce n'est ni à la science ni à la piété apparente des hommes que Jésus-Christ a promis une lumière infaillible, mais à la succession et à la mission légitime de ses minisires, malgré les défauts et les vues qu'on peut leur reprocher.

La résistance à l'autorité et à la conduite des premiers pasteurs, malgré l'évidence des principes de l'Evangile, est une triste preuve des ténèbres et de l'illusion auxquelles l'esprit humain est sujet.

La décadence des différents partis qui s'élèvent contre l'autorité de l'Eglise serait bien capable de ramener l'esprit à la soumission, s'il n'était pas comme enivré et fasciné par l'esprit des ténèbres, qui sait se transformer en ange de lumière, et souvent aussi par l'orgueil.

Quand les premiers pasteurs sont divisés sur un point, par exemple sur la manière ou sur les motifs de condamnation d'une doctrine, ce sont les hommes qui disputent ou qui opinent ; quand ils sont d'accord sur quelque chose, par exemple sur la condamnation d'une doctrine, c'est Dieu qui parle.

L'unanimité morale est le seul caractère anquel les sim-

pies et les ignorants puissent reconnaître un jugement de l'Eglise ; il renferme donc nécessairement tous les autres, comme l'examen, la liberté, etc.

C'est déchirer le sein de l'Eglise et profaner son autorité que d'approuver ou condamner en son nom ce qu'elle n'approuve ni ne condamne pas clairement.

L'Eglise est un objet de foi ; il n'y a que ceux en qui la foi est vivante qui la reconnaissent comme il faut en écoulant sa voix et en la suivant.

On voit par l'histoire ecclésiastique que le caractère des erreurs a toujours été d'opposer des difficultés aux décisions de l'Eglise et aux ordonnances des évêques. De tout temps les vrais fidèles ont obéi avec simplicité.

Dans toutes les sectes, la plupart ne font pas réflexion qu'ils ne suivent que leur jugement propre ou celui d'autres hommes, au mépris d'une autorité infaillible ^ue Dieu a placée sur la chaire de Pierre ou dans le corps des pasteurs catholiques unis au chef de l'Eglise.

De tout temps les ennemis de l'Eglise ont relevé les défauts de ses pasteurs et leur ont imputé des sentiments qu'ils n'avaient pas, afin de justifier leur révolte et de séduire les simples. Quelque amour que l'Eglise ait pour ses enfants, il n'est pas possible qu'elle conforme toutes ses ordonnances aux fantaisies ni même à la faiblesse de plusieurs d'entre eux. C'est un grand malheur qu'ils n'aient pas assez de simplicité pour les entendre; c'en est un bien plus grand qu'ils aient assez de hauteur pour s'en scandaliser et se révolter.

A qui font tort ceux qui se révoltentcontre l'Eglise, quels qu'ils soient?... Pourquoi donc les haïr? Il vaut mieux les plaindre, prier pour eux et tâcher de les ramener.

Si l'on avait plus de soin de montrer aux simples fidèles l'autorité de l'Eglise par les paroles de Jésus-Christ et de les instruire en détail de leurs devoirs envers elle, il y en aurait bien moins de séduits par les erreurs et par les nouveautés qui s'élèvent chaque siècle.

L'apôlre saint Jacques, après avoir averti les fidèles de ne pas croire à tout esprit, mais d'examiner, à cause des faux prophètes qui paraissent dans le monde, leur donne un moyen bien clair et bien aisé d'éviter l'illusion. Nous sommes de Dieu, dit-il , puisqu'il nous a envoyés (il est visible qu'il parle des apôtres et de leurs successeurs). Celui qui connaît Dieu nous écoute, celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas. C'est à cela qu'on reconnaît l'esprit de vérité et l'esprit d'erreur.

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