EXERCICE POUR SE PRÉPARER A LA RÉCONCILIATION
Avant l'examen.
Gratias ago tibi, Deus meus, quod ex nihilo me condideris, et usque in hanc horam conservaveris, pretioso sanguine tuo me redemeris, christ iana fide me imbui volueris; et tandem post innumera alia tam gratiœ quam naturœ bénéficia bénigne collata ad statum hune sacerdotalem ex millibus elegeris, ac toties pretioso corpore et sanguine refeceris ; pro his omnibus immensas tibi gratias refera precorque omnes angelos et sanctos B. Yirginem ac Chris tum Dominum, ut ipsi pro me référant gratias.
Domine Deus, qui illuminas omnem hominem venientem in hune mundum, illumina, quœso, splendore gratiœ tuœ cor meum, ut sufficienter cognoscam defectus et peccata mea, eaque cum vero cordis dolore et contritione confitear sicut oportet coram te et sacerdote ministro tuo, plene pro iisdem satisfaciam, eadem emendem ad laudem et gloriam tuam et benedictœ matris tuœ ac sanctorum omnium et ad salulem animœ meœ. Amen.
Domine , illumina teneb?*as meas , a judiciis enim tuis timui.
Sur la Foi. Ma foi est-elle ferme et sincère ? Suis-je vraiment pénétré des vérités de la religion? Mon esprit s'élève-t-il à Dieu chaque fois que je fais quelque fonc-
tion sainte, ou que je récile les Psaumes, le Symbole, etc.? Peut-être ma foi est tout humaine et fondée sur la raison. N'ai-je pas éprouvé des doutes sur certaines vérités de la foi? N'ai-je pas donné lieu à ces doutes? N'ai-je pas lu des livres hérétiques ou contraires à la foi ? N'ai-je pas gardé ces livres dans ma bibliothèque? C'est une grande imprudence. N'ai-je pas fréquenté les incrédules ou les impies? Pour quel motif? N'ai-je pas en cela scandalisé les gens de bien? N'ai-je point gardé le silence dans certaines circonstances où il était de mon devoir de rendre hommage à la religion et à ma foi? N'ai-je pas assisté à des assemblées impies, et pourquoi?
Sur l'Espérance. N'ai-je pas manqué de confiance en Dieu dans les maux, les affections, les tribulations? Suisje bien persuadé qu'il n'arrive rien que d'après l'ordre, la volonté ou la permission de Dieu? Suis-je bien persuadé que la prière fervente et persévérante obtient son effet? N'ai-je pas douté du secours de Dieu? Ne me suis-je pas laissé aller au désespoir, soit pour ce qui me concerne, soit par rapport à certains pécheurs? N'ai-je pas craint de chercher à introduire une réforme dans une paroisse par défaut de confiance? N'ai-je pas négligé certaines lectures, dans la crainte de troubler un certain repos de ma conscience? Suis-je bien persuadé que je puis faire mon salut? Récité-je souvent des actes d'espérance, et avec quels sentiments?
Sur la Charité. Ai-je un véritable amour de Dieu? En ai-je fait souvent des actes intérieurs et même extérieurs? Suis-je dans la disposition de tout sacrifier plutôt que d'offenser Dieu au moins mortellement? N'aimé-je pas le monde, mes biens, mes plaisirs plus que Dieu? Ai-je l'habitude de rapporter à Dieu mes actions? N'ai-je point prêché, entendu les confessions et fait beaucoup d'autres fonctions par un motif tout humain, et quel est ce motif? Ai-je du zèle? Désiré-je voir Dieu aimé et servi? Ne i'ai-je pas laissé outrager en ma présence par respect
humain? N'ai-je pas laissé tourner en ridicule certaines pratiques religieuses, les personnes pieuses? N'ai-je pas moi-même parlé contre ces personnes? N'ai-je pas paru plus mondain et plus libre dans ma conduite ou mes paroles par la crainte de déplaire? N'ai-je pas critiqué mes confrères plus pieux?
Religion. Ne suis-je point superstitieux? N'ai-je point favorisé par mon silence la superstition, ou n'ai-je pas fait certains exorcismes et prières contraires à l'esprit de l'Eglise? N'ai-je pas un peu l'esprit philosophe, rejetant tous les prodiges, les révélations et les prophéties, méprisant trop légèrement ce qui tient au surnaturel?
N'ai-je pas pensé que l'ordre et la juridiction étaient inséparables? N'ai-je pas manqué d'accomplir certains vœux? N'ai-je pas dispensé les autres de leurs vœux sans savoir si je le pouvais? N'ai-je jamais profané les paroles de l'Ecriture, m'en servant dans les conversations ou les chansons? Ai-je respecté les reliques des saints? En ai-je exposé sans authentique? N'y a-t-il pas dans mon église des tableaux, des statues, des chandeliers mutilés, des ornements déchirés? Mon église est-elle toujours bien propre? Les calices, ciboires, burettes, linges ne sont-ils point couverts de poussière ou de crasse? Suis-je exact pour l'heure des offices, et mes paroissiens n'ont-ils point iieu de murmurer? N'ai-je pas cherché plutôt mes commodités et celles de quelques personnes que de ma paroisse? Ne suis-je point précipité à la Messe et aux autres offices? Ne sont-ils pas, par ma faute, célébrés sans piété? N'ai-je pas parlé dans l'église à haute voix? A l'autel même, n'ai-je pas apostrophé des enfants ou autres personnes? N'ai-je pas, dans le lieu saint, un air dissipé, des yeux égarés, des manières cavalières et indécentes? En me retournant pour le Dominus vobiscum, n'ai-je point parcouru toute l'église de mes regards? Ai-je eu soin de me former des chantres et des enfants de chœur qui chantent et fassent les cérémonies avec décence? N'ai-je
point fait les enterrements sans dévotion, avec précipitation, ou enterré des enfants non baptisés, ou des hérétiques dans le cimetière, ou avant les vingt-quatre heures dans les cas ordinaires, et quarante-huit dans les morts subites? Le cimetière est-il décent? a-t-il une grande croix ? est-il fermé aux animaux et aux gens qui y étendent des toiles, etc.? N'ai-je pas beaucoup négligé les confréries, les associations pieuses, et tout ce qui tient à la piété? N'en ai-je pas tourné en ridicule les pratiques?
Sacrements. Me suis-je conformé au rituel dans l'administration des sacrements? N'ai-je rien ajouté ni retranché aux cérémonies, aux prières et aux règles ? N'ai-je point administré avec une conscience douteuse? Ai-je instruit suffisamment ceux qui les recevaient et des dispositions qu'ils exigent et des effets qu'ils produisent? N'ai-je point agi avec précipitation et d'une manière capable de scandaliser en les administrant? N'ai-je pas agi machinalement et par routine, sans esprit de foi, de telle manière que ceux qui me voyaient pouvaient croire euxmêmes que je n'avais pas la foi? Ne me suis-je pas servi de saintes huiles qui n'avaient pas été renouvelées?
Baptême. Ai-je renouvelé à temps l'eau des fonts? les ai-je tenus propres et décents? Me suis-je permis de différer le baptême? Ai-je donné l'eau sans les cérémonies et sans y être autorisé? N'ai-je point laissé mourir quelque enfant sans baptême? Ai-je conféré le baptême ailleurs que dans l'église paroissiale sans permission? N'ai-je pas réitéré le baptême trop facilement? Ai-je l'assurance que la sage-femme sait bien l'administrer? Ai-je instruit les parrains et les marraines de leurs obligations et de l'empêchement qu'ils contractent avec l'enfant et ses parents? N'ai-je pas reçu pour parrains ou marraines des hérétiques ou des pécheurs publics?
Confirmation. Ai-je instruit ceux qui devaient être confirmés? N'est-ce pas ma faute si certaines personnes l'ont été deux fois et d'autres jamais?
426 EXAMES
Pénilence. N'ai-je pas fait attendre longtemps ceux qui m'appelaient au confessionnal? N'y suis-je pas allé avec humour? N'ai-je pas confessé les personnes du sexe hors du confessionnal sans raison grave ? N'ai-je pas entendu les confessions sans attention et peut-être en dormant ? Ai-je fait les interrogations nécessaires pour connaître l'état de la conscience du pénitent? En ai-je fait d'inutiles par curiosité ou autre motif dangereux? N'ai-je point cherché à connaître le complice? N'ai-je pas négligé d'instruire les personnes qui se confessaient, de leur enseigner leurs devoirs et de leur inspirer une vive horreur du péché ?
N'ai-je point accordé l'absolution à ceux qui étaient dans des habitudes criminelles et dans l'occasion prochaine du péché, qui possédaient le bien d'autrui, qui n'avaient pas réparé le dommage fait au bien ou à la réputation d'autrui , à ceux qui avaient scandalisé sans réparation, qui ignoraient les vérités de la religion, qui nourrissaient des haines, qui étaient une occasion de péché, et sans aucune preuve que mes pénitents avaient la contrition ni un ferme propos, me contentant de promesses insignifiantes et souvent violées?
N'ai-je pas absous avec une juridiction douteuse sur des cas réservés sans y être autorisé? N'ai-je pas absous ou refusé d'absoudre par humeur, caprice, selon l'impulsiou des nerfs ou du tempérament? N'ai-je pas absous ceux que des prêtres exacts avaient renvoyés? N'ai-je pas rebuté par des paroles rudes mes pénitents? Ne suis-je pas de ces prêtres qui se font gloire d'être faciles et qui ne suivent presque aucun principe, de ces prêtres qui regardent comme scrupuleux tous ceux qui sont exacts? Ai-je imposé des pénitences proportionnées au nombre et à l'énormité des péchés? Ces pénitences ont-elles été médicinales et préservatrices? Ai-je négligé d'indiquer aux pénitents les moyens pour se convertir et se préserver de la rechute? N'ai-je point parlé des confessions
entendues, scandalisé à ce sujet, et ne me suis-je pas exposé à violer le sceau de la confession? N'ai-je pas reçu de mauvaise grâce les personnes vicieuses? Ne me suis-je jamais servi de ce que je savais par la confession, soit en adressant des questions, soit 'autrement ?
N'ai-je point plaisanté de ce que j'ai entendu au confessionnal, soit en parlant à des confrères, soit même devant des laïques? Aurais-je donné des billets de confession à des personnes que je n'avais pas entendues? Ai-je soin de relire la Conduite des Confesseurs, la Méthode de direction de Besançon, le Miroir du Clergé, le Praxis Confessarii? Ne suis-je point de ces prêtres qui ont oublié les saines règles pour no suivre qu'une espèce d'instinct, et se flattent de n'avoir besoin que du bon sens? Ne me suis-je pas permis des railleries contre les confesseurs exacts? Ne leur ai- je pas donné des qualifications indécentes et adressé des railleries scandaleuses? Ai-je soin de cultiver les personnes pieuses pour les faire avancer dans la vertu? Ne les ai-je pas rebutées et découragées? N'ai-je pas entendu leurs confessions à' la hâte et en murmurant? Ne me suis-je pas permis de les ridiculiser?
Eucharistie. Suis-je pénétré d'une foi vive en présence de Jésus-Christ au Saint-Sacrement? Ne passé-je pas souvent dans l'église sans penser à notre Sauveur, sans faire la génuflexion ? N'ai-je pas négligé de renouveler les saintes espèces tous les quinze jours? Ai-je tenu une lampe allumée constamment devant le Saint-Sacrement? Ai-je veillé à ce qu'elle ne s'éteignît jamais un temps considérable? N'ai-je pas donné la communion à des pécheurs publics ou scandaleux, à des personnes habillées indécemment? N'ai-je pas donné la communion avec précipitation, de manière à provoquer des accidents? N'ai-je pas montré de l'humeur aux personnes qui la demandaient avant ou après la Messe ?Mon église n'est-elle pas sale et dégoûtante partout? N'ai-je pas dit la Messe
avant d'avoir récité Matines et Laudes sans un motif valable? Ne l'ai-je pas dite sans préparation ou après quelques prières vocales, presque par routine et sans foi? N'ai-je pas fait mon action de grâces en récitant quelques petites heures, ou employé ce temps à causer dans une sacristie ou ailleurs, ou enfin en allant au confessionnal sans prendre un instant pour me recueillir? Ne l'ai-jc pas dite croyant être en péché mortel, dans l'occasion prochaine ou dans des habitudes criminelles que je ne corrigeais pas?Pouvais-je compter sur l'absolution reçue sans contrition et peut-être sans sincérité? Ai-je rendu mes confessions assez fréquentes pour avoir la certitude que j'étais en état de grâce quand je recevais ou administrais les sacrements ?
N'ai-je pas dit la Messe par hypocrisie, pour sauver les apparences, ou dans des lieux qui n'étaient pas approuvés pour cela? Ne l'ai-je pas dite avec un calice et une patène qui n'étaient pas en argent et suffisamment dorés ou consacrés? Ne l'ai-je pas dite avec des pains trop vieux, gâtés et corrompus, ou qui n'avaient pas la forme ou la grandeur voulue? Ne me suis-je pas servi de vin trouble, aigre ou tourné, d'une pierre sacrée mutilée ou qui n'avait pas de relique, ou sans qu'il y eût trois linges bénits, ou sans soutane? Ne l'ai-je pas laissée dire sans soutane, sans celebret, sans les ornements requis, avec des ornements déchirés, des linges, des burettes sales et dégoûtants? Ne l'ai-je pas dite en moins de vingt minutes? Quand il m'est arrivé quelque accident, ai-je suivi les rubriques et réparé cette faute? N'ai-je pas négligé de prononcer exactement toutes les paroles et surtout celles du Canon? N'ai-je pas tourné la tête et parlé sans grave motif, avec bruit et d'une manière scandaleuse? N'ai-je pas fixé les personnes, négligé les cérémonies, fait mal les génuflexions, négligé d'apprendre ou de relire souvent les rubriques? N'ai-je pas dit des messes votives les jours où il n'était pas permis, ou seulement pour avoir une
rétribution ? N'en ai-jc pas gardé pour plus de deux mois? N'ai-je pas exigé des rétributions au-dessus du taux fixé, usé de détours en disant que je ne recevais que des grand'messes, ou dans des chapelles où la rétribution était plus considérable ? N'ai-je pas fait acquitter à d'autres des messes pour lesquelles je gardais le surplus du taux?
Extrême-Onction. N'ai-je pas négligé d'expliquer aux fidèles et aux malades les effets de l'Extrême-Onction? N'ai-je pas attendu trop tard pour administrer ce sacrement, ou laissé mourir quelqu'un sans ce sacrement? N'ai-je pas tronqué les cérémonies pour abréger? Ai-je fait jeter au feu le coton et le pain employés à l'administration? Ai-je renouvelé les saintes huiles exactement? Les ai-je tenues dans un lieu décent? Les ai-je laissé porter par des laïques ou par des femmes?
Ordre. Par quels motifs me suis-je engagé dans l'état ecclésiastique? Comment me suis-je comporté au séminaire ? N'ai-je pas donné de mauvais exemples? Ai-je reçu les Ordres après un examen conforme aux canons ? Les ai-je reçu d'un évêque étranger sans démissoire? Ai-je employé l'hypocrisie pour me faire appeler aux Ordres? Les ai-je reçus en péché mortel? N'ai-je pas exercé des Ordres que je n'avais pas reçus? N'ai-je pas négligé l'étude au séminaire? N'est-ce pas ce qui est cause de tant de fautes que je commets ? Ai-je employé mes revenus selon les règles canoniques? Ai-je acquitté les fondations? N'ai-je pas diminué le nombre des messes fondées, sans autorisation?
Ai-je toujours porté l'habit ecclésiastique selon toutes les règles? N'ai-je point négligé la tonsure, le rabat, etc.?
Mariage. N'ai-je pas béni des mariages sans publication de bans, sans être assuré qu'ils avaient été publiés partout où les lois de l'Eglise l'exigent? N'ai-je point accordé ce sacrement à des personnes d'une autre paroisse, ou qui pouvaient être liées par des empêchements dirimants ou
prohibants? N'ai-je point inséré dans les suppliques des motifs faux, supprimé certaines circonstances nécessaires? N'ai-je pas conseillé des mariages entre parents sans de graves raisons? N'ai-je pas donné la bénédiction solennelle à des veuves ou à des personnes diffamées ? Ne me suis-je pas exposé à des peines en bénissant des mariages non enregistrés civilement? N'ai-je pas négligé les actes de mariages religieux? N'ai-je point marié des soldats, des vagabonds, sans autorisation? N'ai je pas assisté à des repas de noces?
Devoirs envers le prochain. — Justice. Ai-je bien compris que j'étais, par droit de justice, garant de l'accomplissement des devoirs de mes frères ; qu'à ce titre je leur dois l'instruction, la résidence et le travail pour leur salut; que je suis responsable de toutes leurs âmes? Ai-je aimé mon prochain par un motif surnaturel? N'ai-je pas nourri des préventions, des haines et des désirs de vengeance? N'ai-je pas fait des imprécations, écouté la médisance, médit par jalousie, par amour-propre et par quelque autre mauvais motif? N'ai-je pas refusé de rendre service quand je le pouvais, quand je le devais? N'aije pas critiqué mes confrères? N'ai-je pas négligé de les avertir de leurs fautes, surtout en confession? N'ai-je pas été trop facile en confessant les prêtres?
Fente'. N'ai-je pas dit des mensonges en matière grave? N'ai-je pas scandalisé en disant des mensonges ? N'ai-je pas raconté dans mes instructions des histoires fausses? N'ai-je pas supposé des bulles du Pape ou des ordres de mon évêque? M'en suis-je servi en connaissant la fausseté? N'ai-je pas flatté les personnes riches? Les ai-je ainsi entretenues dans le crime? N'ai-je point violé le secret naturel ? N'ai-je pas décacheté et lu des lettres? Aije donné le bon exemple? N'ai-je pas commis des fautes scandaleuses et publiques? N'ai-je pas entraîné beaucoup de personnes dans le mal?
Prière. Ai-je prié pour mes paroissiens, pour mes pé-
nitents, pour ceux qui me l'ont demandé? Ai-je appliqué la sainte Messe pour mes paroissiens les dimanches et les fêtes commandées? En ai-je demandé la dispense sous de légers prétextes ou par de mauvais motifs? Comment aije récité mon bréviaire ? L'ai-je récité conformément aux rubriques, au nom de l'Eglise, avec dévotion ? N'est-ce pas plutôt avec des distractions volontaires, à cause de la vie dissipée que je mène? N'ai-je pas pensé volontairement à mes affaires ou à mes amusements, à des choses coupables, en interrompant la lecture ou en la faisant sans recueillement et avec précipitation pour retourner au jeu? N'ai-je pas renvoyé mon bréviaire à la fin du jour, m'exposant à le dire mal ? L'ai-je dit dans des lieux où tout me portait à la dissipation, sans en comprendre le sens, pour n'avoir jamais lu de commentaire?
Soumission. Suis-je soumis d'esprit et de cœur aux décisions de l'Eglise et à ses lois, soit qu'elle parle dispersée ou en concile? Ai-je cru comme de foi que le Souverain Pontife a une primauté d'honneur et de juridiction dans toute l'Eglise, et ai-je accepté ses décisions? Ne suis-je point attaché opiniâtrement aux quatre articles, qui sont téméraires, pour ne rien dire de plus? N'ai-je pas enseigné le gallicanisme? C'est une témérité.
Ai-je respecté mon évêque? N'ai-je point tenu des propos d'insubordination contre lui et refusé les postes qu'il a voulu me donner? N'ai-je pas violé les ordonnances synodales, surtout lorsqu'il n'y avait pas de censures, et ai-je respecté les censures? Ne suis-je pas tombé dans l'irrégularité en exerçant mes fonctions après avoir encouru les censures? N'ai-je point donné l'absolution à des prêtres qui violaient les ordonnances, soit en chassant, soit en gardant chez eux des filles de service qui n'avaient pas l'âge requis?
N'ai-je pas, étant vicaire, manqué de respect à mon curé? N'ai-je pas médit, calomnié, fait des entreprises contre lui sous un faux prétexte de bien? Ne lui ai-je
pas fait perdre la confiance par des murmures, des rapports, des intrigues contre lui , en me liant à ses ennemis, en les fréquentant?
N'ai-je rien à me reprocher contre mes légitimes souverains? N'ai-je pas pris part aux bouleversements? Aije approuvé les sociétés secrètes? N'ai-je pas souhaité du mal aux ennemis de la religion et aux miens par vengeance ? Me suis-je soumis aux autorités et aux lois justes et qui n'étaient pas contraires à la religion? Ai-je enseigné la soumission aux impôts, etc.?
Vigilance. Ai-je veillé sur la conduite de mon vicaire ? Ai-je eu pour lui des égards? Ne l'ai -je pas contrarié par humeur, jalousie, quand il entreprenait quelque chose? Ne l'ai-je pas chargé de tout ce qui était pénible? Peutêtre je ne me suis réservé que les honneurs et les revenus. Ai-je veillé sur tous les prêtres de ma paroisse? Aije donné des renseignements exacts aux supérieurs? Aije veillé sur les jeunes ecclésiastiques qui habitent la paroisse ou qui y viennent en vacances? Ne les ai-je point scandalisés par mes exemples ou mes paroles? Ne leur aije point donné des certificats qu'ils ne méritaient pas? Ai-je veillé sur le maître et la maîtresse d'école? Font-ils le catéchisme? Nont-ite pas des fréquentations suspectes? Prennent-ils des enfants de différents sexes? Ai-je veillé sur ma servante ? Sa conduite est-elle irréprochable? Ne se mêle-t-elle point de la paroisse, des affaires des autres et même des miennes? Ne lui ai-je pas communiqué des choses concernant mon ministère?
Ai-je veillé sur les parents qui sont avec moi? Sont-ils édifiants? Ai-je veillé sur les enfants? Les ai-je confessés au moins à sept ans et un peu souvent? Leur ai-je inspiré l'horreur des péchés? N'ai-je point ri et plaisanté de leurs confessions, des pénitences ridicules que je leur ai imposées ? Ne les ai-je pas caressés d'une manière peu séante? Les ai-je interrogés et avec prudence? Leur aije donné l'absolution quand ils m'ont paru assez instruits.
et disposés? Les ai-je préparés de bonne heure à la première communion? Ne me suis-je pas laissé conduire en cela par complaisance et par crainte, ou contre ma conscience ? Ai-je fait le catéchisme chaque dimanche et tous les jours pendant l'hiver? N'ai-je négligé aucun enfant? Leur ai-je donné des explications simples et familières pour leur faire comprendre le sens des paroles? Ai-je visité souvent les malades, leur enseignant le moyen de sanctifier leurs souffrances, les confessant de bonne heure, et leur donnant le saint Viatique? Ai-je trop tardé de leur donner l'Extrême-Onction? Ai-je agi envers les malades avec charité, piété, et avec une piété pleine de foi? N'en ai-je pas laissé mourir sans sacrement pour avoir trop différé de les voir ou avoir absenté? N'ai-je pas paru fâché qu'on m'appelât dans la nuit ou les mauvais temps? N'ai-je pas négligé l'indulgence à la mort? Ai-je assisté les pauvres et les ai-je fait assister? Ne les ai-je pas méprisés, les traitant avec dureté? Ai-je négligé de les instruire, de les confesser quand ils se présentaient? Ai-je travaillé à convertir les pécheurs? Les ai-je cherchés? Ai-je prié pour eux? Leur ai-je parlé avec douceur ? N'ai-je pas trop négligé les hérétiques qui pouvaient être dans ma paroisse? Ai-je détourné les catholiques des rapports qu'ils avaient avec eux? Ne me suis-je pas permis avec eux des rapports inutiles à leur conversion ?
Ai-je fait chaque dimanche un prône convenable et préparé? N'ai-je pas été trop long ou trop court, me répétant souvent par une espèce de routine? N'ai-je pas fait mes instructions pour la forme, sans désir de toucher ou de convertir, mais plutôt pour être applaudi? Ne pouvant parler, ai-je fait des lectures bien choisies? N'ai-je pas absenté souvent ? Ne l'ai-je pas fait le dimanche sans permission ? Ai-je procuré un prêtre pendant mon absence ou indiqué à qui on devait s'adresser? N'ai-je pas couché hors de chez moi, ayant des malades? N'ai-je pas tome v. 10
A3i EXAMEN
biné par motif d'intérêt? N'ai-je pas négligé d'instruire ceux qui étaient dans une paroisse réunie à la mienne?
Devoirs exvers soi-même. — Ne me suis-je pas rendu coupable de péché mortel? Ne suis-je point resté dans cet état sans réfléchir sur l'énormité d'un tel mal dans un prêtre ? Ai-je calculé le nombre de sacrilèges qui s'en sont suivis en exerçant mes fonctions? N'ai-je pas regardé comme rien le péché véniel, et ne m'y suis-je pas livré avec une grande facilité?
Orgueil. Ne me suis-je pas préféré aux autres, aimant à parler de moi, de mes talents, de ma fortune, de ma position ? L'orgueil n'est-il pas le mobile de mes actions et de mes fonctions? N'ai-je pas ambitionné les positions supérieures et employé des moyens illicites pour y parvenir ? N'ai-je pas désiré la mort de ceux qui y mettaient obstacle, dénigré leurs talents, exagéré leurs défauts? N'aimé-je pas à voir mes concurrents et autres humiliés? N'ai-je pas vu avec peine que mes confrères ou mes supérieurs me reprenaient? Peut-être je m'en suis plaint, j'en ai murmuré, et voilà pourquoi je ne change pas. N'ai-je pas trop de luxe dans mes habits? N'usé-je pas d'hypocrisie pour acquérir l'estime? N'ai-je pas vanté ma famille ou rougi de la pauvreté de mes parents?
N'ai-je point, par avarice, porté des habillements malpropres, déchirés, qui me faisaient mépriser? Ne me suisje pas nourri mal par le même motif, et jusqu'à me priver du nécessaire? N'ai-je pas été pressé du désir de ramasser de l'argent, et n'ai-je pas une somme considérable, fruit de mes épargnes ? Ne suis-je pas trop facile pour prêter et laisser prêter à intérêt sans connaître les règles et les décisions? N'ai-je pas exigé un casuel trop fort, au-dessus même du tarif, et quelquefois fait payer les pauvres? N'ai-je pas trop exigé pour aller faire la levée du corps à domicile, pour des messes à certains autels ou dans quelques chapelles? Ne me suis-je pas approprié ce qui appartient à la fabrique? N'en ai-je pas
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changé la destination? N'ai-je pas eu des procès, même injustes? Ne les ai-je pas poursuivis avec rigueur? N'en ai-je pas suscité à mes paroissiens? N'ai-je pas fait le commerce directement ou indirectement? Ne me suis-je pas trop occupé d'affaires temporelles ? N'ai-je pas pris des fermes, la gestion de certains biens, négligé de payer mes dettes, d'arranger mes affaires temporelles , possédé des biens injustement acquis, négligé de faire mon testament?
Envie. N'ai-je pas de la jalousie contre ceux qui ont plus de talents, qui réussissent mieux, qui ont obtenu plus de confiance? N'ai-je pas cherché à diminuer l'estime qu'obtenaient les autres, faisant connaître leurs défauts, les exagérant, les supposant? N'ai-je pas été jaloux quand on me quittait? N'est-ce pas pour cela que je n'aime pas à faire venir d'autres confesseurs dans ma paroisse?
Luxure. N'ai-je pas consenti à des pensées, à des représentations, à des désirs contre la pudeur, écouté des conversations mauvaises, parlé avec légèreté et scandalisé? N'ai-je pas conservé des romans? Numquid intra confessionem audiendam quasdam proposui quœstiones mala cum intentione aut curiositate, aut confessiones audivi pravo affectu ? Ex auditis, numquid pœnitentem ad peccatum sollicitavi? Numquid aliquid dixi aut feci cum intentione seducendi? Numquid post commissum cum pœnitate aut parochiana peccatum earum confessiones audivi? Numquid his pœnitentibus persuasi ut hœc peccata in confessione celarent? Post auditas confessiones in memoriam revocavi auditu cum alïqua complacentia ?
N'ai-je pas fait venir chez moi des personnes de différent sexe, même sans prétexte de direction? Ma domestique a-t-elle l'âge prescrit par les canons ? Si j'ai un vicaire, il faut qu'elle ait quarante ans. N'est-elle pas un sujet de scandale par sa mise et ses manières peu décentes? N'ai-je point une sœur ou une nièce mondaine et
sans piélé dans ma maison? Ai -je veillé sur sa conduite?
Gourmandise. Ne suis-je pas trop délicat et trop recherché pour la nourriture, et n'est-ce pas la cause des reproches fréquents que je fais aux personnes qui me servent? Ne fais-je pas trop de dépense pour ma table, pour le choix des mets et du vin, ce qui est cause que je ne puis pas soulager les pauvres? Ne suis-je jamais tombé dans quelque excès dans le boire ou le manger, et n'aije pas bu hors des repas, par plaisir, sans nécessité? Ne m'arrive-t-il pas de m'entretenir souvent de vin et de bonne chère? Ne suis-je pas allé au cabaret dans le lieu de ma résidence ou trop près? N'ai-je pas l'amour des bons repas, et n'y ai-je pas tenu des propos libres, chanté des chansons?
Colère. Ne suis-je pas très-impatient chez moi, auprès de mes paroissiens et jusqu'à l'église pendant les offices? N'ai-je pas proféré des jurements et des paroles grossières? N'ai-je pas frappé les enfants par impatience?
Paresse. N'ai-je pas perdu beaucoup de temps au lit, en conversations vaines, au jeu ou même à la chasse défendue par les saints canons? N'ai-je pas joué à gros jeu, à des jeux de hasard et autres défendus? Ne vais-je pas dans les foires et les marchés promener mon désœuvrement, et dans les cabarets? N'ai-je pas travaillé publiquement à la campagne, dans les terres, les bois et les prés, quittant même ma soutane pour la bêche, etc.? Ne me suis-je pas laissé aller à des études frivoles, à des lectures inutiles qui m'ôtaient l'esprit intérieur? N'ai-je pas trop étudié les mathématiques, la chimie, la médecine, l'astronomie, etc. ?
Etude. Ai-je consacré chaque jour un certain temps à l'étude de la théologie et de l'Ecriture, et ai-je des livres choisis pour cela? N'ai-je pas oublié les principes de la morale, et n'ai-je pas cru que les lumières du bon sens suffisa:ent pour cela? N'ai-je pas refusé d'assister aux con-
férences ecclésiastiques? Ne les ai-je pas rendues inutiles pour ne les avoir pas préparées? N'ai-je pas craint de les tenir chez moi par avarice ? N'ai-je pas avancé des hérésies dans mes instructions pour n'avoir pas assez connu le dogme? N'ai-je pas refusé l'exercice du ministère pour vivre mieux à mon aise?
Vertu. N'ai-je pas cru que, pour être un bon prêtre, il suffisait de n'avoir pas des vices et de ne pas commettre le péché mortel? N'ai-je pas regardé la perfection comme une chose inutile ou bonne tout au plus aux religieux? Ai-je fait quelque exercice de piété pendant le jour, tel que l'oraison, une lecture de piété, l'examen particulier, une visite au Saint-Sacrement, le chapelet? N'ai-je pas l'habitude de me mortifier, de faire quelque pénitence, de faire une retraite? Me suis-je confessé au moins tous les quinze jours et toutes les fois que je craignais d'être en état de péché? N'ai-je pas toujours suivi la doctrine des théologiens les plus larges et fréquenté les directeurs les plus relâchés? Comment me suis-je confessé? avec quelle préparation, quelle contrition, quel ferme propos? Ai-je pratiqué l'humilité, le détachement des créatures? Ai-je un vrai zèle pour le salut des âmes?
Examen de conscience que doivent faire les jeunes lévites pendant les retraites qui ont lieu dans les séminaires (1).
1° Examinez exactement quels sont les péchés que vous avez pu commettre contre les commandements de Dieu et de l'Eglise ; ensuite examinez- vous sur les péchés ca-
(1) Nous ne faisons qu'indiquer les points principaux de cet examen ; il sera facile d'entrer dans de plus grands détails au saint tribunal, en parlant à son directeur ou à son confesseur.
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pitaux et sur vos devoirs particuliers, comme fils, comme élève, etc.
2° Quels sont les vices qui ont dominé dans votre cœur et dans votre conduite jusqu'à votre entrée au séminaire, et quels sont ceux qui maintenant encore forment en vous un plus grand obstacle à la pratique de la vertu?
3° Quel a été le motif qui vous a conduit au séminaire? N'y êtes-vous point venu uniquement pour plaire à des parents ou à des protecteurs, qui ne vous ont fait instruire qu'à cette condition? N'est-ce pas la crainte de leur déplaire qui vous fait agir, ou plus encore la difficulté que vous rencontreriez pour trouver dans le monde une position convenable ?
4° N'est-ce point parce que vous êtes d'une santé débile et que vous pourriez être d'une faible utilité dans le monde, dans l'espoir d'enrichir vos parents?
5° Examinez si ce n'est point encore parce que vous avez peu d'aptitude et de capacité, et que vous regardez l'état ecclésiastique comme un repos et une position qui va assez bien à un caractère indolent qui ne demande que la paix. N'est-ce point aussi par orgueil?
6° Quels sont vos penchants, vos inclinations? Pensezvous que vous ayez toutes les qualités nécessaires pour remplir les devoirs qui vous seront imposés, tels qu'on vous les expose, soit dans la théologie, soit dans les lectures spirituelles, dans les retraites ou dans l'explication du pontifical? N'êtes-vous point hypocrite?
7° Aimez- vous la prière, l'oraison, le travail, l'étude?
8° Croyez-vous que le confessionnal ne sera pas un danger pour vous? Votre pureté est-elle solide?
9° Vous sentez- vous une inclination prononcée pour la retraite? N'aimez-vous point le monde, ses maximes, ses sociétés, ses plaisirs? Aimez-vous beaucoup l'argent?
10° Avez-vous de la douceur, de la fermeté? N'êtesvous point mou à tel point que rien ne vous émeut, que 1 es péchés les plus énormes et les scandales les plus
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affreux vous trouvent froid et indifférent? ou bien n'êtesvous pas vif et emporté à l'excès, incapable de rien souffrir avec patience?
41° Etes-vous prudent, sachant parler et vous taire à propos ?
12° Avez-vous du goût et de l'aptitude pour les choses saintes, pour les cérémonies, pour la décoration de la maison de Dieu?
13° Aimez-vous la règle, et pensez-vous qu'une vie uniforme puisse toujours vous convenir ? ou bien n'êtesvous point tellement esclave de votre règlement, que vous soyez dans le cas de murmurer quand il faudra tout abandonner pour aller à l'église, voir un malade, etc.?
14:° N'êtes-vous point porté à l'orgueil, ce qui vous rend entêté, obstiné et insoumis, ne pouvant supporter une contrariété?
15° Ce vice ne sera-t-il pas cause que vous deviendrez pénible à un curé et peut-être à vos autres supérieurs, que vous voudrez obtenir à tout prix l'estime publique?
16° N'airaez-vous pas l'indépendance à tel point que dans une paroisse vous voudrez tout régler, tout gouverner à votre manière, et que vous deviendrez une croix bien pesante pour votre curé?
17° N'êtes-vous pas médisant, et ne serez-vous pas capable de vous plaindre sans cesse des habitants de la paroisse, de médire du curé, peut-être d'interpréter en mal toutes ses actions, de le décrier devant les habitants qui vous adresseront leurs plaintes, et d'en dire du mal même au séminaire et aux supérieurs ? Celui qui médit est souvent calomniateur.
18° Etes-vous franc et sincère, et non hypocrite et d'un caractère caché ?
49° Etes-vous égoïste? ou plutôt aimez-vous les pauvres? éprouvez-vous le besoin de rendre service, d'exercer la charité et de soulager l'indigence? Beatus quem elegistiet assumpsisti Domine !