‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 25 sur 168 · CE QUI DÉTOURNE DE LA VOCATION. CI · texte numérisé non relu

CE QUI DÉTOURNE DE LA VOCATION. CI

lui diront adieu. Mais Dieu les rejette et les réprouve, parce qu'en attendant ils se plongent dans les vices, ils ne se préparent point au saint ministère, et, pour cela, n'y entrent jamais ou y viennent sans préparation.

4° Le clerc, en recevant la tonsure, dit : Bominus pa?*s he)'editatis meœ et calicis mei. Que signifie cela, sinon ce que disait l'autre : Je vous suivrai, Seigneur? Il faut donc que déjà il soit appliqué à ce qui regarde le service de Dieu, et il doit régler sa vie de telle manière que dans son extérieur, dans son port, dans sa démarche, dans ses discours et dans tout le reste, il n'y ait rien que de grave, et que tout respire la modération et la religion. Cependant souvent les clercs inférieurs ne diffèrent en rien des laïques, et tant qu'ils peuvent retourner en arrière, ils vivent avec plus de liberté, afin qu'avant d'être liés par des vœux, ils puissent se rassasier du siècle et lui dire adieu. Permettez-moi, d'abord, de l'annoncer à ceux qui sont à la maison. En attendant, ils se mêlent au siècle, ils en prennent les mœurs, ils prennent peu à peu du goût pour les choses du monde et de la terre ; les choses célestes leur causent du dégoût de jour en jour, jusqu'à ce qu'enfin, jetant l'habit clérical, ils quittent Jésus-Christ pour le siècle. Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu.

2° Quand même ceux qui ont ainsi regardé en arrière recevraient les Ordres sacrés et parviendraient au sacerdoce, ils ne sont pas propres au royaume de Dieu ; ils s'y présentent indignement et sans préparation ; ils n'honorent pas leur ministère et profanent les divins mystères, car ils n'écoutent pas le conseil de la Sagesse : « Mon fils, « en allant au service de Dieu, tenez-vous dans la crainte, « et préparez votre âme à la tentation (■!). » Mais n'aimant pas le travail, lâches et négligents, sans courage, ils passent dans l'oisiveté le temps du séminaire ; ils ne

(1) Eccl. 2.

s'appliquent point, selon leurs forces, à acquérir les vertus; ils ont l'apparence de la piété, mais ils en rejettent la vertu ; ils aiment plus les plaisirs que Dieu, et le temps du séminaire passé, ils retombent dans les vices dont ils se sont déjà souillés et nourris ; ils retiennent encore l'habit clérical, mais ils n'en ont plus ni l'esprit ni la vie. Celui qui met la main à la charrue et qui regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu. Accoutumezvous donc, mes frères, à être maintenant tels que vous devez être après l'ordination, comme vous vous le proposez. Vous vous êtes revêtus de Jésus-Christ, dit l'apôtre, quant à la profession. Il dit ailleurs : « Revêtez-vous de « Jésus-Christ quant à la vie et aux mœurs, quittez tout o ce que vous avez aimé autrefois, la colère, l'indigna- « tion, la malice, le blasphème, les discours honteux. « le mensonge, les bouffonneries , vous dépouillant du « vieil homme et de ses actes, et vous revêtant du nou- « veau, pratiquant la miséricorde, la bonté, l'humilité, a la modestie, la gravité, la continence (I).» Efforcezvous de rendre votre élection et votre vocation sûres par vos bonnes œuvres.

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