S 90 MÉDITATIONS
esprits, tant qu'il y a quelque grave affaire qui distrait, tant que la prospérité enfle et préoccupe, vous ne trouverez pas facilement accès; mais lorsque le corps est malade, que la fortune périclite, que la tribulation et l'affliction approche, ou qu'un temps favorable au salut se présente, une fête solennelle, alors viendra le jour du salut. Si le pécheur raidit son esprit avec opiniâtreté, donnez du temps et attendez, à moins que ce ne soit un hérétique, que l'apôtre ordonne d'éviter après une ou deux réprimandes (!). N'abandonnez pas votre brebis, mais, redoublant, multipliant votre prière, attendez une meilleure occasion, en vous rappelant que sainte Monique n'obtint la conversion de son fils qu'après bien des années, mais avec un immense avantage.
Du reste, on vous demande le soin, dit saint Bernard, et non le succès. Faites ce qui dépend de vous, et Dieu gardera ce qui lui appartient, sans vos inquiétudes et vos ennuis. Plantez, arrosez, et vous avez fait votre devoir.