AGONIS DE J.-C. DANS LE JARDIN
vous agissiez avec courage, et que vous combattiez jusqu'à la mort.
DEUXIÈME SAMEDI DE CAttÊME.
L'agonie de Jésus Christ clans le jardin.
Et s avançant un peu, il tomba sur son visage (t). Non* renfermerons dans les trois points de cette méditation la prière du Sauveur, sa sollicitude envers ses apôtres et sa sueur de sang.
Ier Point. — Jésus-Christ, étant triste jusqu'à la mort, n'a pas recours aux consolations humaines, mais à son Père par la prière, non pas tant pour demander son assistance , dit saint Ambroise , que pour nous donner l'exemple; il prie avec respect, avec confiance, avec persévérance.
1° Il s'éloigna d'eux du jet d'une pierre (2). Il fuit la compagnie de ses disciples ; lorsqu'on prie, il faut s'éloigner de la foule dont le tumulte empêche l'attention de l'esprit. Il nous avertit donc par son exemple de tommes vers Dieu toutes les facultés de notre âme ; car, si l'esprit s'égare et que le cœur suive ses désirs, nous n'honorons Dieu que des lèvres. Ayant fléchi les genoux, il tomba à terre sur son visage (3). Avec quel respect, avec quelle humilité il se présente à son Père !
Le Fils innocent se jette aux pieds de son Père, et, se prosternant profondément, il demande grâce et pardon , tandis que l'esclave pécheur, levant audacieusement la tête en présence de Dieu, se promet grâce et pardon !
2° Et il dit : Abba, mon Père, tout vous est possible. Il commence à prier avec confiance, et il pose les deux fondements de la prière, qui sont la miséricorde et la toute-puissance du Père ; il invoque l'une en disant : Mon
(1) Matth. 26. — (2) Luc 22. — 8P Marc 14.
21 î II. SAMLDI DE CARÊME.
Père; il ne doute point de l'autre : Tout vous est possible. Si nous avons besoin de la sagesse, et toute autre grâce, demandons-les à Dieu, et il les donnera; mais il faut demander avec foi et sans hésitation : « Celui qui hésite a est semblable aux flots de la mer qui sont agités et je- « tés ça et là (i). » Cet homme-là ne doit donc pas croire que Dieu l'exaucera, c'est peut-être la raison pour laquelle vous demandez sans obtenir. La véritable confiance consiste à se jeter entièrement entre les mains de Dieu et à se donner tout entier à sa divine providence, afin qu'elle nous gouverne, afin qu'elle fasse ce qui lui plaira. C'est ainsi que fait le Sauveur : « S'il est possible. « dit-il, que ce calice s'éloigne de moi; cependant qu'il 8 ne soit pas comme je veux, mais comme vous vou- « lez (2). » Il expose les angoisses de son âme et les répugnances de sa nature innocente, il veut éloigner le calice de sa passion sans préjudice pour le genre humain; cependant il s'abandonne à la volonté divine, s'il est possible, c'est-à-dire si vous le voulez, et si la chose peut se faire sans que vous en éprouviez de la peine; autrement, que votre volonté se fasse et non la mienne, car je ne m'oppose pas, je demande seulement si cela peut vous être agréable.
Ne demandez rien contrairement à la volonté de Dieu, mais confiez-vous à sa bonté et à sa miséricorde, et ne doutez pas qu'il ne fasse ce qu'il aura prévu conforme à votre utilité et à votre salut.
3° // s'en alla de nouveau et pria. La puissance de la prière consiste particulièrement dans la persévérance : on voit que le Seigneur pria trois heures, et il n'interrompit point ce saint exercice par légèreté, mais par nécessité, et ilyrevint aussitôt: Et, laissant ses apôtres, il s'en alla prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles.
Pourquoi, dans vos tribulations, vous tournez-vous
(f)Jac. 1. — (21 Malth. 26.