TROISIÈME DIMAXCIIE DE CARÊME
* Nécessité et défauts de la confession.
Jésus chassait un démon, et ce démon était muet (-4). Ce démon muet, selon l'interprétation des saints docteurs, représente une classe de chrétiens à qui Satan ferme la bouche lorsqu'il s'agit de recevoir le sacrement de Pénitence. Ils n'osent, par des motifs humains, abandonner totalementla confession, mais il la font de telle sorte qu'au iieu de les purifier, elle les rend coupables d'un sacrilège. ïl v a cependant une autre classe qui n'est pas moins cou-
(îj Eccli. 3a. - (-2) Ts. 83. — (3) Ps. 16. — (4; Luc H.
NÉCESSITÉ ET DÉFAUTS DE LA CONFESSION. 2î€
pable, et qui prétend que Dieu n'a pas institué le sacrement de Pénitence et qu'il n'est que d'institution humaine. Or, Dieu est l'auteur du sacrement de Pénitence, s'il en est parlé dans l'Evangile, et si tous les siècles passés ont cru cette vérité, vous n'avez donc plus de prétexte pour dissimuler vos péchés.
Ier Point. — La confession est tellement conforme à la nature humaine que presque jamais on n'a vu un homme capable de conserver sur sa conscience une faute grave sans en dire le secret à un ami. Lorsque le Sauveur parut sur la terre, déjà il existait une espèce de confession, car chaque pécheur offrait publiquement dans le temple tin sacrifice différent, selon la nature de sa faute. Jésus-Christ abolit tous ces sacrifices sanglants et établit un tribunal pour la réconciliation des pécheurs.
1° Le Sauveur avait promis aux apôtres et à Pierre qu'il leur donnerait le pouvoir de remettre les péchés, en disant : i Je vous donnerai les clefs du royaume du' ciel ; « tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , « tout ce que vous délierez sera délié. » Que pouvaientils lier ou délier pour le ciel, sinon les pécheurs? Avant de monter au ciel, Jésus-Christ réunit ses apôtres, puis, soufflant sur eux, il leur dit : « Je vous donne le Saintce Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les « remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les re- « tiendrez. » Par ces paroles le Sauveur établit ses apôtres et leurs successeurs dans le ministère juges des consciences, ou bien ses paroles n'ont aucune signification. Or, pour juger les consciences, il faut les connaître ; un juge qui prononcerait une sentence sans connaître la cause serait un juge infidèle, inique, digne de châtiment. Il en est de même du prêtre, il ne peut prononcer qu'après la déposition ; et ici c'est le coupable lui-même qui s'accuse, et Dieu, bien différent des jugrs de la terre, pardonne toujours au pécheur qui accuse son crime et qui se repent.
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2° Les premiers fidèles avaient si bien compris le sens les paroles du Sauveur, qu'ils venaient en foule à saint Paul pour déclarer leurs fautes, dit saint Luc : Un grand nombre de ceux qui croyaient vinrent se confesser et déclarer leurs actions. Ensuite il ajoute qu'ils brûlèrent une certaine quantité de livres, mauvais sans doute. D'où vient cela, sinon de la confession ? Saint Jacques ordonne à tous les fidèles qui sont malades d'appeler un prêtre, qui fera sur eux l'onction de l'huile sainte et qui priera pour eux. Puis il ajoute : Confessez vos péchés les uns aux autres y c'està-dire confessez vos péchés non seulement à Dieu, mais à ceux que Dieu a chargés de cette fonction, et qui sont des hommes comme vous. Ce ne sont pas les malades qui font l'onction aux prêtres, qui prient pour eux et qui les confessent, mais les prêtres pour les malades, afin qu'ils soient sauvés. Ne dites donc pas, ajoute saint Augustin : Je me confesse secrètement à Dieu ; autrement c'est en vain que Dieu aura dit : Ce que vous aurez délié sera délié. 3° Il y a des gens qui trouvent la confession trop pénible : ils disent : Je me confesse à Dieu. Je leur réponds hardiment que leur confession est inutile, puisqu'ils ne suivent pas l'ordre que Dieu a établi. De quel droit vous confessez-vous à Dieu, qui connaît assez vos péchés, mais qui a établi un tribunal pour vous en accorder le pardon ? Vous prétendez qu'il vous pardonnera vos péchés quand vous lui désobéissez, et que vous vous opposez à l'ordre, à la juridiction qu'il a établis? « Il y en a, dit c< saint Augustin, qui rougissent ou qui dédaignent de se a montrer aux prêtres que Dieu a établis pour discerner a entre la lèpre et la lèpre. Il ne sera pas dit que vous « soyez trompé par cette opinion et que vous rougissiez « de vous confesser à son vicaire, que vous soyez accablé * par la honte, ni entêté par orgueil. Vous devez subir a le jugement de celui que Dieu n'a pas dédaigné de choisir pour son vicaire. » Dire qu'on se confesse à Dieu i qu'un prétexte : ceux qui parlent ainsi ne se con-