‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 121 sur 212 · III. MERCREDI LE CARÊME · texte numérisé non relu

III. MERCREDI LE CARÊME

faire rougir, en sorte que l'envie n'y trouve rien à reprendre. Ma vie sera telle, si ce ri est pas moi qui vis, mais que Jésus-Christ vive en?noi(\); mais comment Jésus-Christ vivra-t-il en moi? Ecoutez et faites selon l'exemple qui vous est proposé : « Il en vint enfin deux qui dirent : Il a dit : « Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois « jours. » C'était une calomnie, car il avait dit : g Dé- « truisez ce temple, et je le rebâtirai en trois jours ; mais a il parlait du temple de son corps, » dit saint Jean (v2). Faites cela, et vous vivrez, et Jésus-Christ vivra en vous: détruisez le temple de votre corps, ce temple matériel, ce temple de la cupidité, de la passion honteuse et de l'iniquité, et il en rebâtira en trois jours un autre qui ne sera pas fait de la main des hommes, un temple de la divinité, de la piété, de la vertu, de la.sainteté. Détruisez le vieil homme avec ses actes, portez dans votre corps la mortification de Jésus-Christ, afin que la vie de Jésus- Christ se montre dans votre chair mortelle (3), et le Seigneur fera de vous le nouvel homme, et votre jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle.

Alors, Seigneur, vous rri arracherez à toutes les cont?*adictions du peuple (i), vous me cacherez dans le secret de votre face contre l'agitation des hommes, vous me protégerez dans votre tabernacle contre la malice des langues (5) ; alors je ne serai point confondu, et je ne craindrai pas ce que l'homme pourra faire contre moi (6).

3° « Le prince des prêtres, se levant, lui dit : Vous ne ré- « pondez pas à ce que les témoins déposent contre vous? « Mais Jésus gardait le silence. » Il y a dans ce silence un grand mystère, un grand supplice, un grand exemple. Pourquoi ne défendait-il pas sa cause? Celui qui se tait est censé consentir; oui, il consent, il accepte tout ce dont on l'accuse, non qu'il ait fait quelque mal, mais

(1) Cal. 2. — (2) Jean 2. — 5) II Ccr. -i. — (4) Vs. il. — .30.- i Ps. 117.

JÉSUS EST ENVOYÉ A CAÏPïIE. 230

c'est que Dieu a mis sur lui tous nos crimes et toute espèce d'iniquités : voilà le mystère. Jésus-Christ s'est chargé des péchés des autres, vous niez les vôtres ; il porte votre iniquité, vous refusez de vous en charger. Pourquoi permit-il Terreur des juges? Parce qu'ils ne cherchaient pas la vérité, mais un faux témoignage ; leur malice les a aveuglés. « Si je vous dis la vérité, vous ne me « croirez pas, dit-il; si je vous interroge, vous ne me récit pondrez pas, et vous ne me laisserez point aller (1). » Ainsi le silence de Jésus-Christ fut la peine et le châtiment de l'aveuglement volontaire : terrible châtiment! Corrigez-moi, Seigneur, dans votre miséricorde; ne gardez pas le silence sur moi, et ne me laissez pas errer dans les lieux ok il ri y a pas de sentier (2). Mais pourquoi le Seigneur n'eutil pas soin de sa réputation? Celui qui vit sans faute a toujours assez soin de sa réputation ; quant au reste, il en laisse le soin à Dieu ; la meilleure défense de son nom , c'est la probité et l'innocence de sa vie.

Si vous ne pouvez pas suivre un si grand exemple, ni arrêter votre langue lorsqu'on vous accuse injustement, ne cherchez pas au moins des excuses à vos péchés, ni dans le péché.

IIe Point. — Et le prince des prêtres lui dit : Je vous adjure par te Dieu vivant de nous dire si vous êtes le Christ Fils de Dieu. Caïphe adjure Jésus-Christ avec fourberie, il l'accuse de blasphème ; uni à son conseil, il le condamne à mort.

1° L'iniquité s'avance et marche toujours par des détours, jusqu'à ce qu'enfin, arrivée au profond de l'abîme, elle méprise tout. Que pensa donc ce pontife, ministre de Satan, pour croire par ses ruses pouvoir l'emporter sur la simplicité du Sauveur? La première n'ayant pas réussi, il en cherche une autre, et il ne craint pas d'employer la majesté du nom divin comme un voile pour couvrir sa

(i) Luc 99. — (2) Ps. 106.

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