MERCREDI DE CARÊ3ÏE
malice et son hypocrisie. Le Sauveur, qui, par sa sagesse infinie, avait souvent éludé des questions pleines de fourberie comme celle-ci, pouvait facilement confondre l'audace de l'hypocrite ; mais il voulut, au péril de sa vie. rendre hommage à Dieu. Et ce qu'il devait en quelque sorte à son Père, à lui-même et à nous, c'était la déclaration volontaire et courageuse de sa divinité ; il la fit ouvertement, afin de nous exciter et de nous affermir dans la même confession de notre foi. Vous l'avez dit, répondit-il, je le suis. Et de peur que sa triste situation ne vienne à inspirer quelque doute en le voyant sous le poids des chaînes et des railleries dont il est accablé, il donne une idée de sa majesté et de sa puissance en disant : « Je « vous le dis, bientôt vous verrez le Fils de l'homme assis « à la droite de la puissance de Dieu, qui viendra sur « les nuées du ciel (1). »
Je crois, Seigneur, que vous êtes le Fils de Dieu, qui viendrez juger les vivants et les morts : augmentez ma foi, soutenez ma faiblesse, afin que je sois prêt à confesser courageusement de bouche ce que je crois de cœur.
2° « Alors le prince des prêtres déchira ses vêtements a en disant : Il a blasphémé ; qu'avons-nous besoin de « témoins? vous avez entendu le blasphème. » L'hypocrite joue la comédie et change le dénouement en tragédie. Il déchire ses vêtements, ce qui était défendu au pontife, et il blasphème en disant que le Fils de Dieu a blasphémé. S'il ne croyait pas à sa parole, il devait croire à ses œuvres (2) ; il se trompe parce qu'il le veut; c'est qu'il désire la mort du Sauveur et qu'il veut répandre son sang.
On vous fait passer pour un blasphémateur, ô mon bon Jésus, lorsque, répondant à une interrogation, vous révélez au monde votre génération éternelle, et que vous la confirmez au péril de votre vie. Votre Père ne l'a-t-il pas publiée plusieurs fois du haut du ciel? Les prophètes eux-
(I) Marc 14.— (2] Jean 12.