SUR LA COMMUNION PASCALE
crie depuis le commencement du carême : Voici l'Epoux qui vient, voici votre Roi qui approche, allez au devant de lui, prévenez-le par une prompte confession ; ils n'entendent pas ces paroles : il leur en coûte trop de quitter le péché, même pour quelque temps. Oh ! quelle injustice! pour recevoir un ami que vous estimez, vous mettez tout en ordre chez vous, vous embellissez votre demeure, si cet ami est un grand personnage ; et pour un ami qui est votre Roi, votre Dieu, vous ne faites rien ou presque rien. Avez-vous la foi ?
2° Les disciples von-: au devant de Jésus en portant des branches d'olivier : c'est le signe de la paix et de la victoire. Vous devez donc avoir triomphé de vos vices, de vos passions; vous devez être un nouvel homme, un homme régénéré ; mais si vous en jugez par votre vie passée, quel' changement s'est opéré en vous depuis dix, vingt ou trente ans que vous jurez à Dieu une plus sincère fidélité? Le seul changement consiste dans le nombre de vos années, et peut-être dans une augmentation de péchés dont vous variez l'espèce en variant vos plaisirs. Le temps pascal n'est qu'une sorte de trêve que vous accordez à Dieu, et qui n'a d'autre effet que de fortifier le démon et d'irriter le Seigneur par une feinte conversion. Au lieu de présenter à Jésus-Christ les palmes de la victoire, vous ne lui montrez peut-être que des fers rivés parle démon qui vous tient sous son infernale puissance. Seigneur, depuis longtemps votre grâce me sollicite, je ne puis résister davantage; vous seul pouvez me donner les palmes et orner mon âme en la rendant digne de vous recevoir. Je veux monter sur le palmier avec votre secours, et j'en cueillerai les fruits qui me conduiront à l'immortalité.
3° Les disciples étendirent leurs vêtements sur le chemin par lequel devait passer Jésus-Christ. Imitez ces hommes simples et pleins de zèle, faites au Sauveur qui approche de vous un trophée de toutes vos superfluités
358 DI-TIANCHE DBS RAMEAUX.
mondaines. Entendez, filles, de S ion, entendez, âmes chrétiennes, voici votre Roi qui vient à vous plein de bonté. I! vient en vous pour y établir son règne ; le règne de Dieu sera au dedans de vous. Il daigne s'anéantir encore, se faire petit et pauvre pour vous élever et vous enrichir. Si vous le recevez dans de saintes dispositions, il guérira toutes vos infirmités spirituelles, il vous rendra humbles, patients, soumis à sa loi. Tout lui est possible si vous n'y mettez pas d'opposition. Seigneur, vous voyez- en quel triste état m'a réduit le péché : guérissez-moi, ô mon Dieu, et mon âme jouira d'une santé parfaite. Jésus, fils de David, ayez pitié de moi.
IIe PontT. — Au milieu de cette foule immense qui se rendait au devant de Jésus-Christ, on voyait un certain nombre de pharisiens qui s'y rendaient avec hypocrisie, afin de ne pas se distinguer du peuple qu'ils craignaient. C'est ainsi qu'on voit encore quelques chrétiens se joindre à leurs frères pour recevoir le Sauveur au temps pascal : mais, comme les pharisiens, ils arrachent des larmes à Jésus-Christ. Il pleure parce qu'ils ne connaissent pas le temps de sa visite, car ils le reçoivent par respect humain, ils conspirent contre lui, ils s'aveuglent pour ne pas le reconnaître.
1° Qui pourrait s'imaginer que, dans un siècle où l'on se fait presque gloire de mépriser la religion, ses cérémonies, son culte, il se rencontre cependant des chrétiens qui, conduits par un certain respect humain, veulent recevoir Jésus-Christ, dussent-ils se rendre coupables delà plus noire hypocrisie et du sacrilège le plus horrible? C'est une femme qui veut cacher les désordres de sa conduite sous un certain verni de religion; c'est un jeune homme dont les parents sont d'une piété exemplaire et seraient désolés de le voir oublier ses devoirs; c'est une jeune personne dont la vie évaporée et mondaine inspire presque des soupçons sur sa vertu : c'est un homme enfin qui tient à conserver une réputation de probité dans