DIMANCHE DES RAMEAUX
sur l'autel pour l'amour de moi, il m'invite, il me presse, il m'ordonne de le recevoir; mais pour cela il me faudrait abandonner une mauvaise habitude, renoncer au péché, me réconcilier avec lui, et je préfère mon péché et ma mauvaise habitude à Jésus-Christ. S'il faut choisir, je n'hésite pas. Je ne veux ni de son pardon, ni de sa personne. A Theure.de la mort, lorsque je ne pourrai plus pécher et que tout le monde m'abandonnera, s'il veut venir à moi, je le recevrai ; mais tant que je puis faire le mal et l'outrager, je ne le recevrai pas plutôt que de me convertir. Ce langage n'est-il pas digne du démon ? C'est cependant ce que dit votre conduite.
2° Le divin Sauveur est là; pour vous témoigner sa tendresse, il est descendu du ciel et s'est renfermé dans l'étroite prison du tabernacle ; il vous appelle, et, si ce n'est pas assez, il vous ordonne avec menace de le recevoir : Venez à moi, vous qui êtes fatigués sous le poids de vos péchés, je vous soulagerai. Celui qui ne mange pas ma chair et qui ne boit pas mon sang naura pas la vie en lui. L'Eglise vient à son tour et vous ordonne, sous peine de ne plus vous regarder comme chrétien, de recevoir Jésus-Christ. Vous, pour toute réponse, vous dites : Je sais que Jésus- Christ me presse, que l'Eglise m'ordonne d'approcher de la sainte table; si le refus est une espèce d'apostasie, eh bien ! je deviens apostat, je me mets au rang de ceux que l'Eglise excommuniait autrefois. Oui, votre conduite vous rend vraiment digne d'être regardé comme un publicain et un excommunié volontaire ; mais entendez ce que dit Jésus-Christ : « Parce que vous avez méprisé tous mes u avertissements et tous mes ordres, vous avez ri de mes « menaces, moi aussi je me rirai et me moquerai de vous <c à l'heure de la mort. » C'est ordinairement ce qui arrive à ces impies : ils ont refusé Jésus-Christ pendant leur vie, la plupart ne peuvent le recevoir à la mort, en punition de leur scandale et de leurs crimes.
3° Qu'il est grand, en effet, le scandale d'un père de fa-