‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 178 sur 212 · SUR LA GLOIRE DU SEPULCRE DE J.-C · texte numérisé non relu

SUR LA GLOIRE DU SEPULCRE DE J.-C

c.près la cène. «Elle pleure toute la nuit; ses larmes cou- •< lent sur son visage ; de tous ceux qu'elle chérit, aucun « ne vient la consoler (1). » Courage, Vierge sainte, consolez-vous ; ce gtain confié à la terre rendra du fruit au centuple.

Jésus-Christ inspira aux apôtres de se réunir dans le lieu où était sa Mère ; avant tous les autres, Pierre, se jetant à ées genoux et pleurant sa faute, demanda le sec de son intercession • ensuite vinrent les autres. Elle les réunit autour d'elle, comme la poule rassemble ses poussins qui fuient à la vuedel'épervier; elle les affermit data la foi de la résurrection, parce qu'après sa passion qu'il avait prédite, on devait croire à sa résurrection qu'il a prédite également. Tous versèrent des larmes en vo; que celui qui avait trahi son divin Maître n'était plus au milieu d'eux.

6° Madeleine et les autres femmes qui étaient assises près du sépulcre, observèrent avec diligence comment était placé le corps, avec la pensée de venir l'embaumer après le sabbat; elles allèrent donc encore le même jour acheter des aromates, sans parler des cent livres qui avaient été employées. Il y avait sans doute une imperfection dans leur foi, mais c'était l'effet de leur tendre amour. 11 faut, après avoir reçu la sainte communion, examiner en paix et dans un saint repos comment Jésus- Christ vient à nous, ensuite se hâter de lui préparer des parfums, s'empresser de faire des actions de bonne odeur pour l'utilité du corps mystique de Jésus-Christ et pour la gloire de Dieu.

* Sur la gloire du sépulcre de Jésus-Christ.

Son sépulcre sera glorieux (2). Prosternez-vous aux pieds de Jésus mort pour vous ; adorez son corps qui, tout mort

(l)Thren. i.- (2) Isaïe H.

qu'il est, possède encore la divinité. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons, parce que, par votre mort, vous avez racheté le monde.

La mort, qui est le terme de toutes las grandeurs humaines, devient pour Jésus-Christ le commencement de sa gloire. Cet homme qui a été l'objet du mépris général, qui était plus semblable à un ver qu'à un homme, le voilà qui triomphe au moment où toutes les grandeurs humaines disparaissent. Il rend son sépulcre glorieux par les honneurs que reçoit son corps, par la gloire qui rejaillit du sépulcre, par les hommages qu'il reçoit de tout l'univers.

Ier Point. — Jésus est mort, ses ennemis sont satisfaits ; ils se persuadent qu'ils ont effacé son nom de la terre, qu'étant mort entre deux scélérats, sa mémoire sera en exécration : ils jouissent de leur prétendu triomphe. Mais celui qu'ils ont placé sur le gibet de l'infamie reçoit les hommages de quelques hommes les plus distingués, des saintes femmes, des anges et même de ses bourreaux.

1° Nicodème, qui jusqu'alors s'était tenu à l'écart, cet homme distingué par son savoir, petit-fils de Gamaliel. qui ne voyait le Sauveur, pendant sa vie, que la nuit, tant il craignait d'encourir la haine des princes de la nation; cet homme qui jusqu'alors avait voulu plaire aux hommes autant qu'à Dieu, s'unit de cœur et publiquement à Joseph d'Arimathie, qui tenait un des premiers rangs dans la ville, et d'un commun accord, après avoir acheta, un linceul d'un grand prix et détaché le corps du crucifié, ils vont trouver Pilate et lui demandent hardiment de permettre qu'ils ensevelissent l'innocent supplicié qu'il n'a pas osé délivrer de la mort. Par cette action courageuse et louable, ils détruisent toute la joie que causait aux princes des prêtres la mort du Sauveur ; leur conduite est un blâme public qu'ils infligent à ces hommes de sang, et déjà le peuple, un instant aveuglé par la calomnie, se rappelle avec attendrissement celui qui a

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