SUR LA GLOIRE DU SÉPULCRE DE J.-C
passé en faisant le bien et en guérissant tous les maux. Tous les prodiges qui ont accompagné cette mort, et les soupirs des bourreaux qui rentraient chez eux en se frappant la poitrine, rappellent au peuple que cet homme s'est dit le Fils de Dieu et qu'il doit l'être.
2° Les femmes pieuses qui avaient accompagné le Sauveur jusqu'au Calvaire, et qui appartenaient à des familles distinguées, achètent des parfums et des aromates pour embaumer le divin corps. Moins timides encore que les hommes et d'une foi plus vive, elles montrent par leur piété qu'elles reconnaissent toujours le Fils de Dieu dans celui qui a souffert la mort. Tous ces pieux personnages s'empressent de placer le divin corps dans un tombeau neuf, signe de la pureté de l'âme qui veut s'unir à Jésus- Christ. Ce tombeau est dans un jardin qui produit des Heurs et des fruits en son temps, et ce corps aussi produira des fruits de salut en ressuscitant étincelant de clarté. Il était sorti du sein de Marie, dont la pureté surpassait celle des anges; il devait sortir d'un tombeau qui n'eût jamais été souillé.
3° Le tombeau une fois scellé, et les soldats placés en sentinelles, les saints anges en grand nombre, mais invisibles, entouraient le saint sépulcre et le remplissaient, adorant dans un profond silence le Dieu sauveur des hommes. Mais ceux qui avaient été frappés en voyant les circonstances prodigieuses qui avaient accompagné la mort de Jésus-Christ, racontaient ce qu'ils avaient vu et entendu, et le peuple, moins pervers que les pharisiens, déplorait la perte qu'il avait faite. On parlait partout des miracles du Sauveur, des malades qu'il avait guéris, des morts qu'il avait ressuscites et de la mort cruelle qu'il avait soufferte. C'est pourquoi, lorsque, trois ou quatre jours plus tard, deux disciples rencontrèrent Jésus-Christ, qu'ils ne reconnurent pas et qui les interrogeait sur la cause de leur tristesse, ils lui répondirent : a Vous êtes « donc bien étranger à Jérusalem pour ne pas savoir ce
« qui est arrivé, que les princes des prêtres ont fait inouïs rir un homme puissant en œuvres et en paroles, que « nous pensions devoir rétablir le royaume d'Israël? » Toutes ces choses rendirent déjà son sépulcre glorieux, selon la prédiction du prophète.
IIe Point. — Son sépulcre sera glorieux. La gloire du sépulcre de Jésus-Christ commença dès la primitive Eglise; elle fut plus tard l'objet de la vénération des princes et des rois; elle sera toujours l'objet d'un culte particulier.
i° Tant que les apôtres, unis à la bienheureuse Vierge, habitèrent Jérusalem, ils invitèrent les premiers fidèles à se rendre au tombeau de Jésus-Christ, et bientôt cette pratique devint générale. Cependant ce saint pèlerinage ne tarda pas d'être interrompu par les persécutions nombreuses qui assaillirent l'Eglise naissante ; mais aussitôt qu'elle jouit de la paix, sous le règne de Constantin, l'aftluence des pèlerins fut immense. L'impératrice Hélène ne tarda pas de bâtir sur le lieu même une église magnifique qui devint le rendez-vous de l'univers chrétien. C'est là que sainte Paule, illustre dame romaine, venait passer tout le temps qu'elle n'employait pas près de la crèche, à Bethléem ; c'est là que le grand saint Jérôme venait méditer ses profondes interprétations de l'Ecriture. Disons donc encore avec le prophète : Son sépulcre sera glorieux.
2° Dans le douzième siècle, lorsque les Arabes, maîtres de Jérusalem, ne permirent plus aux pieux pèlerins de venir sans danger se prosterner au sépulcre divin, presque tous les rois chrétiens, et à leur tête saint Louis, roi de France, se rendirent avec des armées nombreuses pour soustraire ce lieu sacré à la puissance des infidèles. Godei'royde Bouillon fut établi roi de Jérusalem; lui et tous ceux qui lui succédèrent voulurent être ensevelis près du tombeau du Sauveur. Une pieuse tradition rapporte que le jour du samedi saint, chaque année, un feu céleste