‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 181 sur 212 · MARDI S.UST · texte numérisé non relu

MARDI S.UST

2° Le tombeau est un lieu de corruption et de pourriture, d'horreur et de ténèbres, la demeure du deuil et de la tristesse, de la mort et de l'oubli ; le tombeau de Jésus- Christ renferme l'auteur de la vie, celui qui détruit toute corruption, le soleil de justice, la source du bonheur ; ce sépulcre renferme le Seigneur dont la vue fait le bonheur des anges et de tous ceux qui jouissent de sa présence. Là les démons sont mis en fuite, les malades trouvent la guérison, les pécheurs se convertissent. Le corps du Sauveur a donné à cette terre la vertu d'opérer des prodiges. Glorieux sépulcre, que ne puis-je vivre et mourir dans ton sein î

3° Le Sauveur a laissé son tombeau comme un phare qui éclaire et qui guide le voyageur d'ici-bas, en lui montrant qu'il n'est ici qu'en passant, et que la tombe même ne sera pas sa demeure éternelle; que, semblables à Jésus-Christ, nous nous réveillerons tous. Le Turc, quoique maître de ce lieu saint, n'a jamais osé le profaner, et les religieux qui en sont les gardiens"; au nom de toute l'Eglise y chantent sans cesse les louanges de Dieu. Le tombeau du Sauveur, dit saint Bernard, tient à peu près le premier rang parmi les lieux de dévotion \ on éprouve un sentiment plus vif de piété dans l'endroit où Jésus-Christ a été placé mort que dans ceux qu'il a habités vivant. Sainte Paule, en entrant dans le saint sépulcre, baisait avec respect la pierre qui avait porté le corps du Sauveur ; semblable à quelqu'un qui a soif, elle y imprimait sa lèvre comme pour se désaltérer, dit saint Jérôme.

Mon Sauveur Jésus, ensevelissez avec vous tous mes vices, mes penchants déréglés et mes nombreux péchés ; faites que mon âme, semblable à votre sépulcre qui était neuf, soit aussi toute renouvelée lorsque je vous recevrai dans mon cœur.

Récapitulation des méditations précédentes.

Contemplez Jésus sur la croix. Seigneur mon Dieu, jetez sur moi vos regards (1).

Jésus-Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous marchiez sur ses traces (2). Sur la croix le Sauveur ne nous a pas seulement laissé un exemple, mais un prodige de douceur et de patience, afin qu'imitant cette patience, nous courions au combat qui nous est proposé, et que, par l'association à ses souffrances, nous méritions d'avoir part à sa gloire. L'Ecriture appelle la mort «le Jésus-Christ un excès (3), quoique, dans un autre sens, nous disions avec vérité qu'il y a eu excès de douleur, excès de fureur, excès d'amour. Il y a donc eu, dans le Sauveur souffrant, excès de douleur, plus grand excès de fureur de la part des bourreaux et un excès d'amour extrême de la part du Rédempteur.

Ier Point. — 0 vous tous qui passez le long du chemin, arrêtez-vous, et voyez s il y a une douleur semblable à la mienne (4). Quel fut ce tourment !

Vous le comprendrez si vous pensez que l'appréhension seule qu'inspirait au Seigneur là connaissance du supplice qui le menaçait et des divers genres de tourments qu'il aljait endurer, jeta son âme dans d'extrêmes angoisses. Il commença à être rempli de tristesse et à sentir son cœur pressé d'ennui, d'un ennui qui Ta conduit à l'agonie et qui lui eût ôté la vie s'il ne se la fût conservée pour de plus grands combats. Mon âme, dit-il, est triste jusqu'à la mort. C'est ce qui parut évidemment lorsque dans cette agonie, ce qui ne s'était jamais vu, son sang coula sur tout son corps avec la sueur. Sa sueur, dit l'Evangile, fut comme

{\)Vs. 2i. — (2)IPclr. 2. — (3) Luc 9 — (4)Threo. î.

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