‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 190 sur 212 · LE SAINT JOLI; DE PAQUES · texte numérisé non relu

LE SAINT JOLI; DE PAQUES

L'enfer semblait redoubler d'horreur, et ses cavernesprofondes furent agitées. Partout on s'aperçut de l'approche du vainqueur. Peut-être même les chants d'allégresse des âmes délivrées parvinrent-ils jusqu'aux dernières extrémités des étangs de feu. Voilà ce qui arrivera infailliblement au dernier jour, lorsqu'on verrale Fils de l'homme porté sur des nuées, étincelant de clarté. Alors tous les réprouvés pousseront des cris de désespoir et de fureur. Souvenez- vous, ô bon Jésus, que je suis la cause de vos travaux, ne me perdez pas dans ce jour d'affliction ; séparez-moi des boucs, placez-moi parmi les brebis à votre droite. Je me jette à vos pieds, le cœur pulvérisé par la douleur, et je vous en supplie, ayez pitié de moi.

LE SAÏXT JOUR DE PAQlES

Sur la résurrection de Jèsm-C.

Approchez avec respect du tombeau du Sauveur et admirez avec joie la gloire de sa résurrection. Seigneur nous vous supplions de répandre votre grâce dans nos âmes, afin que par la passion de Jésus -Christ votre Fils nous arrivions à la gloire de sa résurrection.

// a été livré à cause de nos péchés, et il est ressuscité pou,' notre justification (1). Celui qui s'est livré tout entier pou. nous s'est mis entièrement à notre disposition ; il est ressuscité pour notre justification, puisqu'en ressuscitant il nous apprend à espérer une nouvelle vie, à parvenir h une nouvelle vie, à marcher dans une nouvelle vie.

Ier Point. —Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, afin qui vous missiez votre foi et votre espérance en Dieu (2). Il n'y i point d'espérance où il n'y a point de foi, car la foi est le principe de l'espérance, et l'espérance est le complément de la foi. Jesus-Christ, en ressuscitant, nous donne

H Rom. 4. — (2) Petr. i.

ord la foi en la résurrection glorieuse, pour nous ailermir ensuite dans l'espérance de la résurrection glorieuse ; il nous enseigne ainsi par la foi à espérer une nouvelle vie, car l'exemple de la résurrection du Sauveur est le fondement de notre foi, afin que vous croyiez que Dieu peut vous ressusciter à une vie nouvelle ; elle est le fondement de notre espérance, afin que vous espériez que Dieu veut vous ressusciter à une nouvelle vie.

4° Les Sadducéens disaient qu'il n'y a pas de rèsi' 'ion {\), mais le Sauveur confond leur erreur par des arguments invincibles; le voici maintenant qui confond leur incrédulité par un exemple frappant de résurrection. C'est d'après cet exemple que saint Paul prouve la résurrection des corps en disant : « Puisqu'on vous prêche « la résurrection de Jésus-Christ, comment se fait-il que « parmi vous il y en ait qui disent que la résurrection des « morts n'existe pas? Si les morts ne ressuscitent pas, Jé- « sus-Christ ne peut être ressuscité ; mais si Jésus-Christ « n'est pas ressuscité, notre prédiction est vaine, notre foi a est vaine (2). » L'apôtre suppose que la résurrection du Sauveur est hors de tout doute, parce queles témoins sont nos propres ennemis, qui mirent des gardes au sépulcre et ne purent le garder ; les témoins sont les disciples auxquels le Sauveur se montra lorsqu'ils n'y croyaient pas : Et il se montra vivant après sa passion, en diverses circonstances, pendant quarante jours (3) ; les témoins furent plus de cinq cents disciples auxquels il se montra en même temps, et c'est en leur présence qu'il monta au ciel 4).

La conséquence est donc que les morts ressuscitent, car si les morts ne ressuscitent pas, Jésus-Christ n'est pas ressuscité. S'il ne peut pas rappeler les morts à la vie, à plus forte raison n'a-t-il pas pu se ressusciter, ce qui est bien plus difficile. Ainsi c'est en vain que les apôtres ont prêché 3 notre foi est vaine. Mais s'il a pu se ressusciter

(1) Matth. 22. — (2) I Cor. 15. — (5) Act. \. — (4) Ibid.

le saint jour de paqi lui-même, ce qui est bien plus merveilleux, il peut donc rappeler les autres à la vie, ce qui offre bien moins de difficultés. En effet, par le miracle de sa résurrection, il prouve qu'il est Dieu ; or, Dieu ne peut ni se nier lui-même, ni être trompé, ni tromper. Puisqu'il a prédit et promis qu'il y aurait une nouvelle vie, elle doit donc avoir lieu. « La « volonté de mon Père, dit-il, est que quiconque voit le « Fils de Dieu et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ; ressusciterai au dernier jour (1). » La prédication des apôtres n'est donc pas vaine, elle n'est donc pas vaine. foi qui nous est prêehée et qui nous promet une vie meilleure qui n'aura point de fin.

2 Notre espérance aussi n'est pas vaine, puisqu'elle est appuyée sur une foi solide et inébranlable, qui nous fait attendre une gloire et une vie immortelle. La gloire dans laquelle a précédé le chef devient l'espérance du corps tout entier. Jésus-Christ est le chef de l'Eglise, nous sommes son corps et ses membres ; or, le même esprit qui vivifie le chef glorifie le corps et les membres par une rie semblable (2) ; donc, si Jésus-Christ vit, nous qui appartenons à Jésus-Christ, nous vivrons avec lui. Ainsi parle saint Paul .-«Dieu, dit-il, a ressuscité le Seigneur, et a il nous ressuscitera par sa puissance. Ne savez- vous pas » que vos membres sont les membres de Jésus- Christ (3) ? a Si l'esprit de celui qui a ressuscité Jésus-Christ habite i en vous, celui qui l'a ressuscité d'entre les morts renie dra la vie à vos corps mortels, à cause de son esprit qui

habite en vous (4) \ de plus, comme tous meurent en <( Adam, de même tous reprendront la vie en Jésusi Christ, car la mort est venue par l'homme, et pari homme a aura lieu la résurrection des morts (5). » Le premier o n'est pas plus puissant pour donner la mort que le second pour rendre la vie, car sa rédemption est abondante (6).

(i) Jean 6. — (4) Ephes. o et l Cor. 10. — (5) Ibid. 6. — Rom. 8. — (o. I Cor. 45. — (6; Ps. 1

Quelle joie pour ceux qui appartiennent à la milice de Jésus-Christ î quelle consolation pour tous les infortunés dans toutes leurs tentations ! Nous pouvons dire avec plus de droit que le saint homme Job : « Je sais que mon Ré- « dempteur est vivant, qu'au dernier jour je sortirai de « la terre, que je serai de nouveau enveloppé de ma peau, « et que je verrai Dieu mon Sauveur dans ma chair (i). « Lorsque Jésus-Christ, qui est notre vie, apparaîtra, nous " apparaîtrons nous-mêmes dans sa gloire (2) ; c'est lui « qui reformera le corps de notre humilité en lui don- « nant la forme de son corps glorieux (3). »

Qu'avez-vous vu en lui? Qu'y voyez-vous maintenant? La tristesse s'est changée en joie, l'humiliation en gloire ; la douleur a été compensée par un torrent de délices, et une vie mortelle par une vie immortelle. Où il y avait sang, plaie, tumeur, couleur livide, crachat, là on voit la beauté d'une lumière éternelle. Cet homme, semblable à un ver, n'est plus un homme, mais c'est un Dieu nui se montre dans une grande puissance et dans la splendeur de sa majesté : c'est le triomphateur de ses ennemis, le Roi des Rois, le Seigneur des seigneurs : à son nom tout fléchit les genoux dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. La mort aété détruite par sa victoire (4). Il n'y a point en lui de traces de la mort, à l'exception des cinq plaies qui sont plus brillantes que le soleil et qu'il conserve comme un monument de sa charité et de sa victoire. Tel il est, tel je serai lorsque ce corps mortel sera revêtu d'immortalité ; c'est l'espérance que je nourris dans mon cœur. Quelle douleur corporelle, quelle tristesse dans lame celte magnifique espérance ne pourrait-elle soulager? Jésus-Christ ressuscité nous apprend à espérer une nouvelle vie, à parvenir à une nouvelle vie.

11° Poixt. — Nous ressusciterons tous, mais vous no -?-

(1) Job 19.— (2) Coloss. 5. — (3) Phiiipp. 3. — (4} Philipp. . 1 Cor. 15.

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