SIR LA PAIX AVEC DIEU
« car mon joug est doux et mon fardeau léger, et vous « trouverez le repos de votre âme. » L'homme est incapable de se procurer la paix et le bonheur en se fabriquant lui-même ses dogmes et sa morale : il y aurait autant de dogmes que d'individus. Seigneur mon Dieu, donnez-nous toujours votre sagessequi vient d'en haut, et qui corrige tout ce qu'il y a de défectueux dans les vices de l'homme.
3° Conservez donc votre esprit dans la possession de cette paix qui fait tout son bonheur et son repos ; il veut la vérité et la certitude dans la vérité, il veut le repos sans hésitation ; or, c'est la foi seule qui vous donne ce repos. Vous savez que ce qu'enseigne la foi n'est autre chose que la parole de Dieu ; Dieu a parlé, que puis-je désirer autre que la vérité de cette parole? J'ai acquis par là le plus haut degré de certitude auquel il soit possible à mon esprit de parvenir ; tous mes sens peuvent me tromper, mais la parole de Dieu ne me trompera jamais. Je ne puis tomber dans l'erreur tant que je me laisserai conduire par la révélation divine, car elle est infaillible comme Dieu même.
IIe Point. — Non est pax impiis. dicit Dominus. Il n'y a pas de paix pour l'impie; c'est un oracle de l'Esprit saint. La foi seule peut satisfaire le besoin de savoir; elle remédie à notre inconstance et détruit le vice.
1° L'homme est fait pour connaître la vérité, pour jouir de la vérité; il la cherche de toutes les forces de son âme. il n'a point de repos qu'il ne l'ait trouvée. Or, que sait l'homme sans la foi? 11 ne sait, dit un auteur, ni d'où il vient, ni ce qu'il est, ni où il va. Est-il semblable aux animaux? a-t-il une âme ? est-il le produit fortuit d'une cause inconnue? Pourquoi a-t-il paru un instant sur la terre? Après celte vie, tombera-t-il de nouveau dans le néant, ou bien entre les mains d'un Dieu qu'il n'a pas connu et qu'il n'a pas voulu connaître? Voilà autant de causes de doute et d'incertitude; il raisonne, il cherche.
mais il n'est jamais content. Je voulais connaître la vérité, dit saint Augustin ; les flots de mes pensées se portaient toujours sur les sentences des académiciens, mais je ne voyais pas le moyen de trouver la vérité. Si vous vous attachez franchement à la foi, il n'en sera plus ainsi. Nous n'avons plus besoin de rien apprendre quand nous avons connu l'Evangile, dit Tertullien ; nous en savons plus que les anciens et les nouveaux philosophes ; nous avons la vérité, nous sommes heureux.
2° Seigneur, dit saint Augustin, si notre croyance est une erreur, c'est vous qui nous avez trompés. En effet, notre foi n'est le résultat ni de l'ignorance, ni de l'imprudence, ni de l'aveuglement; elle est appuyée sur le témoignage de Dieu même, elle a pour guide le Fils de Dieu; elle connaît sa vie de trente-trois ans, ses miracles nombreux et incontestables, sa mort pour le salut du monde, sa résurrection glorieuse, la mission des apôtres qui tous sont morts pour la cause de Jésus-Christ après avoir opéré des prodiges évidents, palpables; nous savons que tout l'univers civilisé s'est soumis après avoir examiné les motifs de sa foi, que dix-huit millions de chrétiens ont signé deleursanglafoi que nous professons. S'il n'y a pas là des motifs suffisants de fixer notre incon- ,-tance, il n'y en aura jamais. Les impies pourront-ils vous donner les mêmes motifs de vous attacher à leur doctrine? Disons-le franchement, tous les incrédules de nos jours sont venus bien tard pour examiner la raison de notre foi; quand dix-huit siècles ont passé sous l'empire de notre croyance, qui a été admise par les rois, les princes, les hommes les plus doctes de tous les pays, et même par les libertins, on est mal avisé de venir disputer à Dieu sa gloire, et aux hommes ce qui leur a donné le repos en fixant leur inconstance.
3° Chose étonnante, dès que je veux me livrer seulement au doute sur un article de foi, tout l'édifice construit par la main de Dieu s'écroule et m'écrase. Douté-je de
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l'enfer, aussitôt Jésus-Christ m'apparaît comme un infâme imposteur, l'Evangile n'est plus qu'un misérable roman, je n'ai plus de culte, plus de prière, il n'y a plus on Dieu de justice, puisqu'il ne fait pas de différence entre le juste et le coupable ; je ne sais plus ce que je dois faire sur la terre, ni ce que je deviendrai après ma mort ; ainsi je perds le repos, je tombe dans le trouble, je deviens un être incompréhensible. Mais ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'on n'a jamais vu un homme se rendre incrédule pour faire le bien, pour dompter ses vices, pour aimer son prochain, pardonner à ses ennemis, pratiquer la vertu, et devenir humble, chaste, modéré, juste, patient, reconnaissant, bon ; vous ne vous tromperez jamais lorsque, voyant quelqu'un quis'éloigne de la foi, vous jugerez que quelque vice s'empare de son cœur et lui fait chercher des prétextes pour ne pas croire. Heureux donc ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. La foi ne peut me tromper ; mais quand même elle serait une erreur, elle viendrait de Dieu, et je me trouverais avec tout ce que l'univers renferme d'hommes vertueux. Je suis plus heureux que les apôtres : je n'ai pas vu et je crois ; je suis plus heureux que tous les incrédules du monde entier : j'ai la paix et le repos avec la foi. Seigneur, aidez-moi et augmentez ma foi en la rendant pratique.
IIIe Point. — Qui a résisté à Dieu et a pu jouir de la paix ? Seigneur, vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il se repose en vous ; quand j'ai voulu me séparer de vous, je n'ai trouvé qu 'angoisse et tribulation. Point de paix en résistant à Dieu, paix parlaite dans l'obéissance à Dieu.
1° Désobéir à Dieu, c'est se rendre ennemi de la raison, de la foi, de la conscience. Quelle misère que d'être en dehors de l'ordre établi de Dieu, de n'avoir plus sa protection, de n'être plus au nombre de ses serviteurs, de ses amis, de ses enfants, d'être en révolte contre lui, d'être puni par les remords, d'être persécuté par soi-
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même ! Le premier et le plus grand châtiment du péché, c'est le péché lui-même, disait un païen. N'est-ce pas une peine en effet de gémir sous la tyrannie des vices, de dépendre des caprices du monde et du démon, d'être sans .■esse courbé sous le poids du désordre? L'ambition, la jalousie, la haine, la colère, qui enfantent les dégoûts, le chagrin, les oppositions, les délires, tous ces vices rendent-ils la vie heureuse? Il n'y a qu'affliction et douleur dans leurs voies, dit le prophète ; donc il n'y a pas de paix.
2° Vous dites que dans le monde on n'entend parler que de joie et de bonheur ; qu'on n'y aperçoit que plaisirs, spectacles, voluptés, richesses, honneurs, faveurs ; que vous seriez heureux avec beaucoup moins. Ecoutez, dit saint Chrysostôme, ce qui fait précisément le malheur des mondains, c'est que vous les croyez heureux. Entendez-les dans le silence des passions, que vous disent-ils? que ceux qui vivent loin du monde sont plus heureux qu'eux-mêmes, qu'ils estiment ceux qui ont le courage de la vertu, que la paix dont ils semblent jouir n'est pas une paix. « Nous nous sommes lassés dans la voie de '( l'iniquité, s'écrient-ils; nous avons'été des insensés, et « nous n'avons pas connu la voie du Seigneur. »
3° Vous ne trouverez la paix du cœur que dans l'accomplissement de la volonté de Dieu. Il y a une grande paix pour ceux qui accomplissent votre loi, à mon Dieu ! Les afflictions deviennent alors des épreuves et le moyen d'une plus grande gloire ; je les bénis sans me plaindre : la maladie est un moyen de porter la croix du Sauveur ; les pertes sont le chemin d'une fortune éternelle : on s'attache à Dieu seul, et l'on est assez riche ; la perte de la réputation devient un sacrifice de patience ; le mauvais succès montre que Dieu a disposé les choses d'une autre manière, il saura dédommager dans ce monde ou dans l'autre. Le cœur qui aime Dieu ne connaît plus la haine, ni les soupçons, ni la fierté, ni la discorde; il aime son
JE SUIS LE BON PASTEUR. i.'il
prochain, parce qu'il veut être aimé de Dieu. Toutes les passions soumises, il n'y a plus que paix et bonheur dans l'âme chrétienne. Tout le bonheur m est venu avec la sagesse. Seigneur, vous serez désormais mon Dieu et mon tout. Deus meus et omnia.
LUÏVDI DE QUASIMODO.
ïêsus, bon pasteur, recommande ses brebis à Pierre après la pèche (De pont).
1er Point. — Celui qui a des brebis, c'est Jésus-Christ ; pour elles il est descendu'du ciel, et il les conduit admirablement; il les connaît chacune en particulier par son nom ; elles sont marquées de son sceau ; il va devant elles pour leur servir d'exemple ; il les guérit des plaies que leur fait le péché ; il les défend contre les loups infernaux; il leur fournit les gras pâturages de sa doctrine et de ses sacrements ; il se donne même à elles en nourriture. Oh ! gouvernez-moi et nourrissez-moi toujours ainsi, Seigneur! Le Seigneur me conduit, rien neme manquera. Les fidèles sont représentés généralement par cent brebis, mais surtout les élus que Dieu regarde comme étant à lui ; il sait quels sont ceux qui lui appartiennent. Ces brebis entendent sa voix et obéissent à ses préceptes : elles aussi le connaissent par la foi et la méditation ; elles le suivent par imitation, et sont heureuses d'être dans sa bergerie ; elles lui donnent leur laine, les biens extérieurs, le lait des affections intérieures; elles abandonnent pour lui toutes les délices ; elles lui donnent encore le produit de leurs bonnes œuvres, et même leur chair si elles sont dans l'obligation de mourir pour lui, afin de lui rendre la pareille. i\J on bien- aimé est à moi, et je suis à lui.
La brebis qui se perd, c'est le pécheur en se séparant de l'assemblée des justes et de l'obéissance qu'il doit au Pasteur. Il n'apprécie pas les biens dont il jouit sous sa conduite ; il entend avec peine sa voix; ses commande-
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raents lui paraissent durs ; il trouve trop difficile de le suivre par les voies escarpées de la croix et de la mortification; il garde pour lui la laine, le lait, ses produits, rapportant tout à son avantage particulier. Oh! qu'il y en a qui errent ainsi dans les voies qui conduisent à l'enfer ! s Nous nous sommes écartés comme des brebis infidèles. a chacun de nous a quitté sa voie. » Le bon Pasteur cherche la brebis qui s'égare, c'est le genre humain. C'est pourquoi il s'est revêtu de chair, il est venu prêcher pendant trois ans, et il a fini par souffrir la mort. Quoiqu'il ait fait toutes ces choses pour tous en général, il a cependant cherché avec un soin particulier celles de ses brebis qui étaient dans l'erreur ; maintenant encore il les cherche toutes par ses ministres, par les remèdes qu'il leui offre et par ses inspirations intérieures. Quoiqu'il lui importe peu à lui-même s'il y en a qui périssent, pam qu'il n'a pas besoin de se vêtir de leur laine, de se nourrir de leur lait, et de s'enrichir de leurs produits, il dit cependant que cela lui importe beaucoup : Il faut, dit-il. que je les amène.
1° Que fait-il lorsqu'il l'a trouvée? Saint Matthieu dit : S'il arrive ou il la trouve, ce qui suppose que les brebis se cachent, quelles s éloignent pour qu on ne les trouve pas. 0 Seigneur, je me suis éloigné comme une brebis qui a péri, daignez chercher votre serviteur; ne vous lassez pas quand même je courrais beaucoup . |uand même je me cacherais comme Adam, ou que je prendrais toute sorte de détours comme Caïn. Lorsqu'il a trouvé sa brebis, il ne la frappe point avec son bâton, il ne la traîne point, il ne lui donne pas des coups de pied, mais il la porte gaîment sur ses épaules. 11 nous apprend à être bon même envers les pécheurs; il la charge sur ses épaules, parce qu'il a porté nos péchés dans son corps, et parce que sa grâce lui rend agréable le chemin du salut. Que ferai-je à mon tour? Je prendrai son joug, qui est doux, et son fardeau, qui est léger. Que fait-il
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encore? 11 fait une réjouissance publique, il appelle ses amis et ses voisins, qui sont les anges et les justes, en leur disant : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé la brebis que j'avais perdue.
2° Je vous dis en vérité qu'il y aura ainsi une grande joie dans le ciel, plus grande que pour quatre-vingtdix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence C'est comme si un père qui a plusieurs enfants qui lui sont chers en avait un qui fût malade à mourir, mais qui recouvre la santé contre toute espérance : il en conçoit une joie extraordinaire, lui et toute sa famille, une joie plus grande que de la santé dont jouissent les autres J'apprendrai à me réjouir du salut des pécheurs et à R£ pas murmurer comme un pharisien ; et si jamais je venais à errer, je m'appliquerai à revenir au moins pour réjouir Dieu et les anges ; je détesterai aussi le péché pour ne paslescontrister.
IIe Point. — Pierre invite tous ses condisciples à la pêche : ceci nous enseigne la concorde qui doit régner entre nous. Ils vont à la pêche parce qu'ils sont pauvres et pour ne pas rester oisifs. J'imiterai ces vertus.
ils ne prennent rien de toute la nuit, comme cela était déjà arrivé, jusqu'à ce qu'enfin Jésus paraît. Nous travaillons en vain sans Jésus ; celui qui plante et celui qui arrose ne sont rien, c'est Dieu qui donne l'accroissement. Travaillons avec humilité, sans le Seigneur nous ne pouvons rien faire.
Ils ne prennent rien la nuit , parce que c'est par la lumière de l'Evangile que se fait la conversion des âmes. Dans la nuit du péché, on ne t'ait rien aussi pour la vie éternelle.
On peut croire que les disciples se souvinrent comment une autre fois Jésus-Christ, dans un cas semblable, était venu à leur secours et les avait fait réussir, et qu'ils attendirent sa présence. Je ferai de même lorsque le fruit ne répondra pas à mes travaux , car le Seigneur exaucera ie désir des pauvres.
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1° Jésus se trouva sur le rivage et leur* demanda à manger. Dieu ne tarde pas à visiter les siens, il est sur le rivage comme étant sur le seuil de l'immortalité: il demande : Avez-cous à manger? Il savait bien qu'ils n'avaient rien. C'est ainsi qu'il agit lorsqu'il veut secourir : il faut que l'homme connaisse sa misère ; c'est aussi de cette manière qu'il demande de l'eau à la Samaritaine.
Jetez, leur dit-il, le filet à droite de la barque, pour signifier la pêche des âmes pour la vie éternelle qui se trouve à droite : les élus à droite, les pécheurs à gauche. Ils obéissent ; déjà ils ne peuvent tirer le filet, tant est grande la multitude des poissons. Voilà le fruit de l'obéissance : l'homme obéissant racontera ses victoires. Dan? l'autre pêche, Pierre reconnutle Sauveur et dit : Sur votre parole, je jetterai le filet. Ici il ne le reconnaît pas: il obéitcependant, et son succès est le même; car Dieut veut aussi qu'on obéisse aux hommes, et la récompense est la même. Soyez soumis, dit saint Pierre, à toute humaine créature pour l'amour de Dieu.
2° Jean reconnaît Jésus, et dit à Pierre : C'est le Seigneur; Pierre prend sa tunique et se jette dans la mer pour aller à Jésus. Jean est la figure de la vie contemplative, de cette pénétration qui fait connaître Dieu et qui ie montre aux autres : Pierre est le modèle de la vie active, qui court avec ferveur vers la terre des vivants ; i1 trouve tardif le mouvement de ceux qui voyagent sur la mer de ce monde, et qui s'exposent à tous ses filets pour atteindre l'éternité.
Ils tirent à terre le filet chargé de cent cinquante-trois poissons énormes. Cette pêche est différente de l'autre : la première signifiait la vocation à l'Eglise, la seconde l'arrivée à la gloire. C'est pourquoi la première fut faite en jetant le filet de tous côtés, la seconde en le jetant a droite seulement, là où se trouvent les élus. Dans la première, on remplit deux barques de poissons de toute espèce : ici on met les poissons à terre, et seulement ceux
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qui sont grands; car dans le ciel tous seront grands et hors des flots. Dans l'une les filets se rompaient, car l'Eglise éprouve des déchirements ; dans l'autre rien de semblable.
Pendant ce temps, le Sauveur avait préparé aux disciples de quoi manger par le ministère de ses anges; ils virent des charbons, du poisson dessus et du pain. Jésus les invite avec amour : Venez, leur dit-il, mangez ; il leur distribue lui-même la nourriture, il prend du pain et le leur donne. Quel soin admirable il a des siens ! il prépare dans l'autre vie un festin à ceux qui travaillent dans celle-ci. Heureux celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu (i).
IIIe Point. — Avant de confier à Pierre ses brebis, le Sauveur, voulant l'établir son vicaire, l'examine sur sa charité : M'aimez-vous, lui dit-il? Lorsqu'il a répété deux t'ois la même question, à la troisième réponse de Pierre, il ajoute : Paissez mes brebis; ainsi il lui confie non seulement les simples fidèles, mais encore les autres pasteurs <iui sont comme les mères du troupeau. Il ne dit pas vos brebis, mais les miennes, afin qu'il comprît bien qu'i! était non pas le maître, mais le vicaire, et qu'il en eût soin comme des brebis mêmes de Jésus-Christ. La charité du Seigneur envers nous paraît là dans tout sou éclat ; il aura la preuve qu'on l'aime si l'on a soin de ses brebis, c'est-à-dire de nous-mêmes. Il dit trois fois : Paissez, parce qu'il veut qu'on en ait soin par la prière, par l'instruction et par l'exemple, ou par l'instruction, les sacrements et l'exemple, c'est-à-dire qu'on leur distribue tous les biens que l'on peut, soit spirituels, soit corporels.
1° Le Sauveur prédit à Pierre sa mort et le genre de sa mort, comme marque de l'amour qu'il lui avait témoigné; car le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le Seigneur signale deux sortes de souffrances : les unes sont
(1) Luc 14.
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volontaires, comme la mortification de la chair pratiquée par ceux qui commencent à servir Dieu, desquels il dit : Lorsque vous étiez jeune, vous vous ceigniez vous-même et vous alliez oh vous vouliez. Il y a des souffrances qui nous viennent de la part des autres j l'homme parfait tend le:; mains pour les accepter de bon cœur ; mais un autre le ceint et le mène où il ne voudrait pas. suivant l'impulsion de la chair, quoiqu'il le veuille bien selon l'esprit. Les premiers peuvent dire : J'ai trouvé la tribulation et la douleur ; les seconds : La tribulation et les peines mont environné.
Ce que le Seigneur avait dit en parabole, que Pierre serait ceint par un autre, l'Evangile assure que cela avait été dit mystérieusement, pour signifier par quel genre de mort Pierre devait glorifier Dieu ; la mort des saints est un sujet de gloire pour Dieu. Que mon âme meure delà mort des saints.
2° Après qu'il eut dit cela, il ajouta : Suivez-moi. Il paraît que Jésus, en disant cela, fit quelques pas, et que. par cet acte, il voulut exprimer l'action de Pierre s'avançant à la mort de la croix, comme aussi à l'accomplissement de sa fonction de pasteur. Jean, à l'exemple de Pierre, se mit aussi à marcher, quoiqu on ne le lui eût pas commandé. Il ne voulait pas se séparer de Jésus-Christ. et il portait une sainte envie à Pierre. Il y a un genre de vocation qui vient de l'exemple et des circonstances, mais jamais sans l'impulsion divine.
Pierre, qui s'intéresse à Jean , demande : Qu'en serat-il de celui-ci? ne vous suit-il pas aussi bien que moi? Le Seigneur lui répond : Si je veux qu'il demeure jusquà ce que je vienne, que vous importe? Pour vous, suivez-moi. Ne soyons point curieux, mais modestes; laissons à Dieu le soin de l'avenir, occupons-nous de ce qui nous concerna et laissons ce qui regarde les autres.