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jours un maître donner des ordres à ses domestiques sans leur en dire la raison. Or, cette conduite de Dieu nous est avantageuse, parce qu'elle est méritoire, parce qu'elle est nécessaire; elle est raisonnable.
J° C'est par amour pour l'homme que Dieu a voulu plier notre raison sous le joug de la foi ; quatre mille ans que tous les peuples de l'univers passèrent dans toutes les erreurs d'un polythéisme monstrueux, font assez voir de quoi l'homme est capable quand il est abandonné aux lumières de sa raison ; et, malgré le joug de la foi, combien de peuples conduits par l'esprit d'orgueil ont abandonné la foi et sont devenus le jouet de leur imagination; au gré de laquelle ils ont fait plier les dogmes les plus sacrés! Il est facile de voir que l'esprit del'homme. abandonné à Lui-même, est plein d'irrésolution, d'inconstance, d'incertitude. Tous les philosophes de ce siècle qui ont voulu suivre les inspirations de leur orgueilleuse raison, sont tombés dans des extravagances pires encore que les païens; chacun d'eux, pour se mettre à l'aise sur des points qu'il ne pouvait comprendre, a nié un artitiçle de foi. 0 mon Dieu, par votre parole, vous avez lionne à votre loi les plus grands motifs de croyance.
2? 'Notre esprit, quoique resserré dans des bornes étroites, désire toujours acquérir; il a une soif ardente de découvertes nouvelles; mais, tout en voulant parvenir a des connaissances nouvelles, il vit. lorsqu'il est abandonné àlui-même, au milieu d'incertitudes et d'hésitations: tout est mystère autour de lui, et lorsqu'il veut s'appuyer >ur ses propres forces, il apprend une seule chose, c'est qu'il est incapable, comme le dit saint Paul, de parvenir à la connaissance de la vérité. Oui , de lui-même 1 homme est incapable de connaître la vérité; il se forme, il est vrai, des opinions, mais qui le laissent toujours dans l'incertitude : c'est ce qui arriva à saint Augustin tant qu'il n'eut pas plié son front et son esprit sous le joug de la foi « Prenez mon joug sur vous, dit leSeigneur,