LUNDI DE LA SEPTLAGÉSIME
LLADI DE LA SEPTLAGÉSIME
De la mauvaise habitude.
La pourriture et la corruption se sont formées dans mes plaies ; la violence de mon mal est un effet de ma folie (1). Un venin mortel se forme dans une blessure qui a été négligée et y engendre la corruption ; les plaies de l'âme se corrompent par la longue habitude du mal. C'est là surtout, plus que partout ailleurs, qu'il faut une grand* prudence, une grande activité, et employer le fer et le feu pour recouvrer la santé de l'âme. Si la mauvaise habitude n'a point encore jeté de profondes racines, il faut la prévenir par une grande promptitude. Mais si elle a poussé dans le cœur de profondes racines, il faut les arracher avec beaucoup de travail, et, en arrachant les racines, il est important de changer la mauvaise habitude en une bonne.
Ier Point. — Opposez-vous au mal dès le commencement ; le remède vient trop tard lorsque la maladie a fait des progrès et s'est enracinée par un trop long délai.
La maladie de l'âme, c'est la mauvaise habitude, qui est faible dans le principe, grave si elle s'accroît, incurable à la fin. Hâtez- vous de la prévenir, hâtez -vous de la chasser. Dans le principe le travail sera facile, plus tard difficile, à la fin presque sans succès.
1° 11 est plus facile d'empêcher la mauvaise habitude de se former que de corriger le vice du caractère ou de la passion. Le caractère est formé par la nature; il précède l'usage de la raison et commence à régner avant que les pieds de l'homme soient assez affermis pour lui permettre de marcher. La passion, par ses assauts imprévus, précèdesouventet empêche toute réflexion, toute délibéra-
(i) Ps. 57.