‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 44 sur 212 · T J LUNDI DE LA SEXAGÉSIME · texte numérisé non relu

T J LUNDI DE LA SEXAGÉSIME

« ils sont émus et agités comme un homme ivre, et toute « leur sagesse est perdue (1). »

2° Quoi que vous fassiez, vous serez repoussé, à moins que, par une longue servitude et un travail opiniâtre, vous n'ayez aplani la voie ; et, comme l'observe saint Chrysostôme, ceux qui ont des charges dans le monde ne peuvent pas pratiquer les vertus chrétiennes; ils sont même souvent accusés de fourberie: d'ordinaire ils ne parviennent aux emplois que par les sollicitations de leurs amis, les courses réitérées, les flatteries et d'autres moyens plus bas et plus indignes encore. Cette sentence de la Sagesse est très- vraie : L'humilité précède la gloire (2), car on ne monte pas au sommet sans auparavant descendre bien bas. Il faut par des obséquiosités gagner la confiance des grands, caresser les riches, obtenir les suffrages de la multitude. Il faut servir avant de commander, vendre sa liberté et se mettre dans l'esclavage. Aussi on voit rarement quelqu'un plus humble, plus vil, plus abject qu'un ambitieux qui n'est point rehaussé ni recommandé par ses propres mérites.

3e Ceux qui suivent la carrière militaire peuvent nous dire quels travaux ils ont à supporter, combien d'ennuis et de peines donne le bruitdes armes, à quel esclavage on oiidamne sa liberté, à quels dangers on expose sa vie et sa santé. Personne ne conteste qu'il soit glorieux et infiniment louable de mourir pour sa patrie? Cependant, si en ■Ma on n'a en vue que la réputation et la fortune, on n'est <ans faute, parce qu'on ne cherche pas unerécompense iiiînp de si grands travaux. De même ceux-là ne sont pas ionnables qui ambitionnent le titre d'auteur, et qui se proposent rien autre que la gloire du génie et de la science et ne font rien pour le bien public ; que sert-il dp pâlir sur des livres si l'on n'ambitionne rien autre qup l'ombre d'un grand nom? On sue et l'on travaille vame-

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