‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 56 sur 212 · DE LA CRAINTE DE DÉPLAIRE AUX HOMMES · texte numérisé non relu

DE LA CRAINTE DE DÉPLAIRE AUX HOMMES

les vices de ses amis, et servir d'instrument aux vices des puissants.

1° C'est une excellente manière d'agir que de savoir gagner par la bienveillance ceux qui nous sont soumis et de les conduire par l'exemple de nos vertus à l'accomplissement de leurs devoirs. Tous ceux qui sont bons se laissent facilement diriger par un supérieur qui est bon lui-même. C'est pour cela aussi que l'on doit un grand respect à l'enfance et que le Sauveur nous dit que nous ne devons pas mépriser les enfants ni les scandaliser (1). Cependant les supérieurs sont obligés de punir les vices de leurs inférieurs, parce qu'ils rendront compte de leurs âmes et qu'ils participent à leurs péchés, si par la crainte de leur déplaire ils négligent de les corriger et de les ramener à une meilleure voie afin de leur être agréables. Quelle désolation et quelles ruines Héli n'attira-t-il pas sur sa maison parce qu'il craignit plus de déplaire à ses fils qu'à Dieu !

David, à son lit de mort, redoutait les jugements de Dieu pour avoir été trop indulgent envers deux hommes criminels et les avoir épargnés. Il commanda à Salomon de les punir de mort, craignant beaucoup que, sans avoir été de connivence, il ne se trouvât point cependant assez innocent aux yeux de Dieu. Aussi dit-il : « Je poursuivais « quiconque médisait en secret de son prochain; je ne « mangeais point avec l'homme au regard orgueilleux et « au cœur insatiable. Dès le matin, je songeais à conte damner tous les pécheurs, afin de faire disparaître delà a ville du Seigneur tous ceux qui commettaient l'ini- <( quité (w2).» Celui qui craint de déplaire ne pourra jamais imiter un tel zèle.

2° Les inférieurs cachent leurs fautes, mais les camarades et les amis s'en vantent. Il faut alors les applaudir ou leur déplaire. Saint Augustin s'affligeait de ce que,

(l)Matlh. 18 — [% Ps iOO.

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