‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 78 sur 212 · SIR LA TENTATION VOLONTAIRE ET INVOLONTAIRE · texte numérisé non relu

SIR LA TENTATION VOLONTAIRE ET INVOLONTAIRE

« est une guerre continuelle. » Ainsi, ne compter que sur la grâce dans les tentations, c'est oublier que nous sommes soldats de Jésus- Christ et que nous devons toujours avoir les armes à la main. Revêtez-vous donc de V armure de Dieu, car, dit Jésus-Christ, je ne suis point venu apporter la paix sur la terre, mais la guerre. Ne pensez pas que la grâce ne vous demande aucun effort : elle exige votre coopération.

2° Détruisez, détruisez jusqu'aux fondements. Pour renverser la forteresse de votre ennemi, vous devez combattre contre votre propre chair, dont il a fait sa citadelle, dont il se sert pour vous faire une guerre implacable. N'allez donc pas jeter des coups en l'air, mais, à l'exemple de saint Paul, châtiez rudement votre chair et réduisez-la en servitude. Jamais aucun saint n'a compté sur la grâce sans la mortification. Une vie douce, aisée, livrée aux plaisirs sensuels, ne peut être unie avec la grâce. Saint Jérôme, comblé de mérites, ne crut pas pouvoir résister, même avec la grâce, s'il ne faisait de son corps une victime de la pénitence ; les Hilarion, les Antoine ne connaissaient point d'autre secret pour vaincre l'ennemi que les rigueurs d'une vie pénible, des veilles, des abstinences, des macérations; saint Jean, cet homme sanctifié avant sa naissance, passa sa vie dans les austérités les plus inconcevables ; et vous prétendez avoir de^ victoires sans combat ou des combats sans violence?

3° En quoi consiste cette mortification de la chair ? Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences. Ce crucifiement consiste particulièrement à réprimer tout ce qui porte à la dissipation, comme la curiosité d'entendre toute espèce de discours, le plaisir de satisfaire ses yeux par la vue des choses qui sont agréables, la satisfaction que l'on trouve à contenter le goût par certains aliments, un trop grand laisser-aller dans le maintien ou le manquement à la modestie par un maintien trop peu réservé, enfin trop de

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délicatesse et de recherche de ses aises. Pourquoi outragez-vous Jésus-Christ par votre mollesse et votre délicatesse en cherchant à vous satisfaire en tout, tandis qu'il a les pieds et les mains attachés à la croix? Ce n'est pas ainsi que vous vaincrez les tentations.

IIIe Point. — Voulez-vous sérieusement résister à la tentation? je vous propose les moyens que les saints ont employés avec succès, moyens infaillibles si vous les employez convenablement : c'est la prière, la méditation des fins dernières, la résistance dès le commencement de la tentation.

i° L'apôtre saint Paul avoue que, dans une tentation qui l'affligeait beaucoup, il eut recours à la prière, et que le Seigneur lui promit sa grâce. Tant que Moïse élevait ses mains en priant, le peuple hébreu remportait la victoire. Elevez donc vos mains et vos regards vers Jésus crucifié; dites-lui : Seigneur, je me jette à vos pieds, et. placé comme à l'ombre de vos ailes, je mets ma confiance en vous. Contre le péché impur, dites : Seigneur, pénétrez ma chair de votre crainte; je tremble en pensant à vos jugements. Si c'est la vaine gloire, dites : A moi, Seigneur, la confusion, à vous la gloire. Faites de même à toutes le^ tentations. Ayez souvent aussi recours à la sainte Vierge-, elle est la consolation des affligés, le secours des chrétiens, le refuge des pécheurs. Prosternez-vous devant quelqu'une de ses images.

2° Souvenez-vous de vos fins dernières, et vous ne pécherez jamais ; levez par la pensée la pierre de quelque tombeau qui vous est connu, et vous direz : Voilà ce corpréduit en pourriture, les vers s'en sont nourris ; le moment approche où mon corps sera semblable à celui-ci, que voudrais-je alors avoir fait? Voudrais-je perdre mon urne pour une misérable satisfaction?... Si ces pensées et autres semblables ne sont pas capables de calmer la tempête qui s'élève en vous, ayez recours au sacrement de Pénitence; c'est là que la grâce est surtout abondante.

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C'est la recommandation de Jésus-Christ : Allez, montrez vota au prêtre. Ces deux moyens sont infaillibles.

3° « Le démon, dit saint Jérôme, est un serpent tor- ( tueux et glissant ; si vous ne le retenez pas par la tète. a en vous opposant à la première suggestion, il est cer- « tain qu'il se glissera jusque dans le fond de votre coeur

< Prenez garde, dit-il à Eustachius, de ne pas laisser « grandir les mauvaises pensées ; que tout ce qui ressent « Babylone, tout ce qui peut vous donner de la confu- « sion, ne prenne en vous de l'accroissement: tuez votre « ennemi tandis qu'il est encore petit: que la malice et la

< zizanie soient arrachées en germe. Malheureuse fille de a. Babylone, heureux celui qui prendra tes petits et les bria sera contre la pierre! » Le plus sûr et le meilleur est de se tenir sur ses gardes et de fermer l'entrée à toute suggestion de la chair et du démon. Seigneur, détournez-moi. de la voie de V iniquité. Seigneur, je souffre violence, défendez-moi.

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